Région Guadeloupe – Budget Primitif 2016 : L’œil et la plume de René Cazimir-Jeanon

La rédaction de Creoleways a choisi de ne pas commenter le spectacle de kankan, makrélaj et autres « kounya manman-w », infligé par des élus de Guadeloupe lors du match Ary Chalus vs Victorin Lurel en séance plénière du 12 avril dernier au Conseil Régional. Pour s’en tenir au fond et tenter d’éclairer l’électeur-consommateur –qui vote pour se défouler mais reste, au final, toujours seul avec ses choix– nous relayons cet article sans langue de bois paru dans la rubrique « ROUE LIBRE (Confidences) » du n° 303 du magazine NOUVELLES Semaine (15 au 21 avril 2016). A lire tandis que dans le pitt vide, les plumes légères de coqs genm et de poules zinga retombent dans la poussière d’un pays rempli d’aigreurs (mais toujours sans eau, sans transports sérieux, sans filière déchets crédible) ; et où le chômage et la criminalité demeurent, quoi qu’on en dise, la seule croissance en vue.
DD

Région Guadeloupe – Un Budget Primitif 2016 dénué d’ambition
Vaincre la peur de l’endettement, optimiser les dépenses pour favoriser la croissance

par René CAZIMIR-JEANON

Le projet de budget primitif 2016 de la Région Guadeloupe prévoit 480 M€ de dépenses. C’est peu si l’une des priorités est la croissance économique de l’archipel Guadeloupéen dont le montant et le taux sont notablement faibles pour espérer impulser un accroissement de la richesse du pays. Il est fondé sur deux idées maîtresses qui sont discutables ;

– la politique budgétaire s’appuie sur les communes pour impulser le développement économique. Ce choix laisse d’autant plus à désirer que les dépenses des communes ont un très faible impact sur la croissance économique.

– la peur de l’endettement. S’endetter ne signifie pas appauvrir le pays. Il s’agit d’une technique pour pouvoir optimiser les dépenses et donc favoriser la croissance. Le montant de l’endettement à la fin 2015 et la durée de son remboursement, ne sont pas alarmants.

Il faut ajouter à cet égard qu’il n’y a pas de déficit de la section d’investissement, mais un besoin de financement généralement réalisé par l’emprunt. À ce propos, les ordres de services et autres travaux à inscrire à hauteur de 323 M€ ont le mérite de… l’opacité !

Enfin, les prétendus problèmes de trésorerie n’existent pas car au regard des chiffres produits les disponibilités de la Région sont abondantes. Ne pas payer les entreprises qui ont travaillé va ralentir une croissance déjà extrêmement faible et augmenter le nombre de chômeurs.

Il ne faut donc surtout pas raisonner en “bon père de famille”, comme le font l’actuel président et sa majorité.

D’une part, le montant du Projet de Budget Primitif 2016 est nettement plus faible que le budget précédent qui était de 537 M€. Ses dépenses représentent 6 % du Produit intérieur Brut (PIB). D’autre part, la politique budgétaire de la Région Guadeloupe  n’aura pas un gros impact sur la croissance. Rappelons enfin, que le budget  de l’État pour 2016 est de 2 milliards et celui du département de 700 M€. En réalité et sans leur faire injure, les actuels dirigeants de la Région Guadeloupe parlent beaucoup et agissent peu.