CEREGMIA – Jean S. Sahaï s’indigne et souhaite un retour à la raison

Le Guadeloupéen Jean-Samuel SAHAÏ, ancien professeur d’anglais et de créole en lycée et écrivain, s’indigne du climat qui divise depuis bientôt deux ans la communauté universitaire des Antilles entre pro et anti CEREGMIA. Cette prise de position intervient suite à une nouvelle campagne de mails visant l’actuelle présidente de l’Université des Antilles.

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Il est dommage que des serviteurs censés faire évoluer les arcanes de l’esprit et de la science dans une île petite et ensoleillée, pays que tant de monde épie d’envie jalouse, s’étripent et se déchirent dans un tel fouillis d’ombre, d’orduration et de vilénie.

L’institution universitaire, corps sacré s’il en reste, est pâlie, affadie. On ne sait par où cavalent et s’émiettent les précieux deniers voués à l’instruction la plus élevée, à l’approfondissement de la réflexion, à l’expansion des forces vives de notre région. La vie intellectuelle s’étale au grand jour de l’espace et du web en un fracas délétère, tressant un cataclysme d’épouvante qui met au rancart nos valeurs, nos efforts, nos atouts.

Nos perspectives de sain et serein avancement s’amenuisent, à mesure que le précieux temps nous file entre les mains, que l’âge ravit nos espérances, que la relève ne sait à quel modèle se vouer. Tout cela à la face des divers peuples caribéens en marche, qui observent ces grincements les yeux écarquillés de perplexité.

C’est un enchaînement de circonstances profondément désolant, nullement désopilant mais consternant pour les personnes mises à mal et du plus mauvais goût pour la santé de notre civilisation.

Il est grand temps de se rasséréner.

Jean S. Sahaï, professeur, écrivain, conférencier guadeloupéen.