Guadeloupe – Clash Luc Reinette vs Elie Domota : Le chiraj indépendantiste de l’après LKP

Lettre ouverte de Karésol Otorité Politik Gwadloup aux responsables du LKP et de L’UGTG

par Luc REINETTE

Karésol Otorité Politik Gwadloup, n’est pas une Organisation politique de plus, c’est une Nouvelle Entité qui jette les bases (le karésol) d’une nécessaire Autorité Politique guadeloupéenne dont la mission est de s’opposer frontalement à la politique de l’Etat français et à celle de ses relais dans notre Pays dominé. A ce titre K.O.P.G est ouvert à tous les patriotes et compatriotes sincères, qui revendiquent leur identité et la liberté pour leur Pays, et qui souhaitent apporter leur pierre à l’édification de cette Autorité Politique démocratique pour laquelle nous nous battons depuis 30 ans !

Il n’est pas dans nos habitudes de patriotes de répondre aux attaques venant de nos adversaires politiques nous reprochant notre engagement déterminé pour l’indépendance de notre Pays occupé par les colonialistes français.

Ces adversaires sont dans leur rôle d’assimilés, de pleutres et de défenseurs de la présence française en Guadeloupe.

Mais lorsque des attaques subites et brutales, infondées et iniques car fabriquées de toutes pièces, viennent du camp que nous côtoyons depuis tant d’années et qui est censé être aussi le nôtre, nous ne pouvons plus garder le silence sans prendre le risque que ce silence soit mal interprété par le Peuple guadeloupéen, qui même s’il n’a pas toujours adhéré à toutes nos thèses et actions, nous a toujours respectés.

Nous avons donc décidé d’attendre la fin des élections régionales qui brouillent les réalités du moment, pour apporter une juste réponse cette campagne méprisante.

Le 24 octobre 2015, alors que Karésol Otorité Politik Gwadloup tenait sa première manifestation publique sur le thème de la Liberté et saluait le Congrès du LKP qui se tenait ce même jour, le Porte-Parole de ce dernier, Elie Domota se livrait à une attaque d’une incroyable violence contre nous en prétendant que nous étions financés par la francmaçonnerie, que nos responsables étaient des chefs francs-maçons, que nous étions les complices du Gouvernement français et qu’à ce titre notre rôle était de couper l’herbe sous les pieds du LKP en reprenant à notre compte ses initiatives !

Et comme il fallait nous discréditer sur la question des élections et montrer qu’au fond, et en dépit de nos déclarations réitérées depuis des décennies, nous participions au jeu électoral, le porteparole du LKP a affirmé que Luc Reinette prenait la parole aux côtés de Jalton, le Maire des Abymes, dans le cadre d’un meeting électoral !!!

Les patriotes qui ont entendu le lundi 26 octobre sur Radyo Tanbou l’intervention de E. Domota, ont d’abord été sidérés par la tonalité des propos délirants qui ont été tenus et se sont ensuite posé la question : «Pourquoi tant de haine ?» Pourquoi tant de haine de la part du LKP, dont Luc Reinette, faut-il le rappeler est à l’origine du nom, lui qui a proposé lors de l’Assemblée constitutive de ce Rassemblement le concept de «profitasyon» ?

Karésol Otorité Politik Gwadloup a cependant décidé dans un premier temps de ne pas réagir à ces propos malveillants pour ne pas affaiblir davantage le camp de ceux qui se battent contre la présence et la domination française en Guadeloupe, et pour ne pas entrer dans un cycle sans fin de polémiques stériles, alors que nous avons besoin de toutes les énergies pour faire avancer la lutte de libération nationale.

Mais moins d’un mois plus tard, l’UGTG, dont le Secrétaire Général est également Elie Domota, fait diffuser une Déclaration dans laquelle les mêmes accusations sont formulées et où il est écrit : «On a vu Luc Reinette du Karesol conférer aux côtés d’Eric Jalton»…

Dans cette même Déclaration mise en ligne, il est dit qu’un membre du Karesol, ancien du CIPPA s’est engagé à dédommager les Békés à hauteur de 5000€ dans le cadre du conflit opposant la CGTG aux frères Jean et Martin Despointes !!!!

Il a été fait allusion également à une collusion entre Lurel, qui serait franc-maçon et le Karesol, ce qui expliquerait la présence d’un fauteuil maçonnique dans le Mémorial ACTe !!!! Encore des élucubrations ! Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Nous avons donc décidé de répondre pour faire barrage à une stratégie mortifère, qui consiste à éliminer tous ceux qui ne «s’alignent pas» sur les points de vue du LKP et de l’UGTG, organisations qui ont en partie les mêmes dirigeants.

Voilà maintenant quarante années que nous nous sommes engagés dans un combat inégal et difficile contre les forces coloniales françaises dans notre Pays la Guadeloupe, dans un contexte politique où s’affrontent les collaborateurs du Système et les résistants dont nous sommes. Comment comprendre alors qu’au nom d’une volonté hégémonique aberrante, des organisations se risquent à semer la division au sein de la Résistance, au profit exclusif des français qui occupent notre Pays ?

Comment comprendre cela, alors qu’en 2009 encore, Elie Domota, lorsqu’il s’exprimait désignait les Français sous le vocable de Métropolitains et la France sous celui de Métropole ? Ça c’est la vérité !

Ceux qui veulent nous éliminer de la scène politique guadeloupéenne par des allégations mensongères, des montages grossiers et des accusations à l’emporte- pièce sont amnésiques ou sont ignorants de l’Histoire récente du mouvement anticolonialiste qui a déjà connu des drames internes, en particulier le 24 juillet 1984, jour où 4 militants de l’UPLG ont perdu la vie au motif d’une volonté hégémonique débridée.

Alors, pour ceux qui auraient la même ADN que les dirigeants de l’UPLG de l’époque (qui n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui, il faut le préciser), ce petit rappel des faits, que nous avons tus pendant 25 ans pour préserver l’image du camp patriotique que nous ne voulions pas affaiblir, mais qui sont maintenant tombés dans le domaine public, par le biais de certains écrits extérieurs à nous :

Lutte armée et négociations (ARC 1983-1988)
L’Alliance Révolutionnaire Caraïbe (A.R.C.)

Organisation armée clandestine luttant pour l’Indépendance de la Guadeloupe et qui menait d’incessantes actions contre la présence coloniale française depuis 1983, a été contactée -au plus fort du combat- par le Gouvernement Mitterrand, à l’initiative du Ministre Roland Dumas, en vue de l’ouverture de négociations officieuses. C’est l’avocat Christian Charriere-Bournazel qui sera chargé d’entamer le processus, qui se concrétisera par une première rencontre forcément secrète en avril 1984, quelque part en Guadeloupe.

Une seconde rencontre aura lieu, dans des conditions de sécurité extrêmes, qui permettra de dégager des pistes visant à ouvrir un cycle de négociations auquel l’ARC a tenu à associer le Parti Communiste Guadeloupéen et l’UPLG, lors d’une troisième rencontre programmée début août 1984 !

Le Parti Communiste a donné un accord de principe (comme en attestera plus tard un article de son journal l’Étincelle) tandis que l’UPLG, adepte du principe «On sel pep, on sel organizasyon », n’a pas daigné répondre à cette invitation à participer à une Table Ronde sur le devenir statutaire de la Guadeloupe.

Sa réponse, sanglante, interviendra quelques jours avant la troisième rencontre, sous la forme d’une série de bombes qui exploseront le 24 juillet 1984 en tuant malencontreusement Jack Berthelot, Michel Uranie, Fred Pineau et François Cazimir, toushauts responsables de l’UPLG.

Bien entendu, cette opération -qui à priori ne devait pas tuer ses auteurs- avait pour but de faire avorter la négociation entamée, en faisant croire qu’il existait au sein de l’ARC, une faction opposée aux négociations avec les français et qui avait décidé de mettre fin à la trêve proclamée, en faisant sauter des bombes à quelques jours de la troisième entrevue.

Il est évident qu’après le choc et le traumatisme créés par la mort brutale des 4 militants de l’UPLG, un coup d’arrêt définitif a été porté au processus entamé, d’autant que pendant longtemps nombreux ceux -à commencer par les Français- qui ont cru que ces militants appartenaient également à l’ARC !

Ce drame dont les séquelles sont encore présentes à ce jour, aurait pu être évité si les responsables de l’UPLG dont certains sont morts aujourd’hui et d’autres très affaiblis n’avaient pas eu la prétention d’être les seuls à même de négocier avec les Français, alors qu’ils étaient conviés à le faire avec d’autres sur un pied de totale égalité !

Les origines du Karésol Otorité Politik Gwadloup

Concernant maintenant la démarche qui a abouti le 16 juin 2015 à la mise en place du Karésol Otorité Politik Gwadloup qui a provoqué le courroux de l’UGTG et du LKP, qui veut faire croire que le concept de l’Autorité Politique lui appartient, nous rappellerons simplement ceci :

Le 16 juin 1987, il y a donc près de 30 ans, nous prônons la mise en place de cette structure, envisagée comme une nécessité en créant le Conseil National de la Résistance (CNRG), deux ans après l’évasion de quatre patriotes de la prison de Basse-Terre, 16 juin 1985, et peu de temps avant le départ pour le Guyana où devait s’installer un Gouvernement provisoire Guadeloupéen en exil !

Le propos du CNRG est sans équivoque «Ressentant le besoin d’une autorité politique et morale légitimant tout acte de résistance à l’oppression, nous décidons, dans le cadre d’une contestation généralisée de la France usurpatrice de nous constituer en un Conseil National de la Résistance guadeloupéenne».

En 1997, le KLNG (Konvwa pou Liberasyon Nasyonal Gwadloup) qui lui non plus ne participe pas aux élections coloniales, au même titre que le MPGI (Mouvement Populaire pour une Guadeloupe Indépendante), crée en 1981, réitère publiquement la nécessité d’une Autorité politique. C’est dans ce cadre qu’en octobre 2004, le KLNG édite un livret de 22 pages essentiellement rédigé par Luc Reinette et intitulé : «Analyses et perspectives… vers une Autorité guadeloupéenne» dont nous publions ci-dessous le fac-similé de la première de couverture.

Bien entendu le FKNG qui en 2010 a repris les thèses du KLNG a rappelé lors de son Congrès fondateur son engagement pour la mise en place d’une Autorité politique en Guadeloupe.

Et même lorsque le FKNG fera alliance avec le PCG, L’UPLG, le COPAGUA et le CIPPA pour créer les FPAC, il a obtenu de ces Organisations que l’objectif de la création d’une autorité politique guadeloupéenne soit inscrit dans la Charte des FPAC !

En octobre 2014, le FKNG a pris l’attache des Organisations syndicales et politiques favorables à l’indépendance de la Guadeloupe et qui comme nous ne concevaient pas cette transformation statutaire à travers des élections de type colonial, aux fins de procéder à une analyse de la situation politique du Pays et d’évoquer la question de l’Autorité Politique.

Dans cette optique, une lettre d’invitation a été remise en mains propres à des représentants de l’UGTG, de Nonm et de Travaye & Peyizan. Nous tenons à disposition copie de ces invitations…

Jamais aucune réponse n’a été obtenue de l’UGTG et de nonm, seul travaye & peyzan a donné suite -deux mois plus tard- pour déclarer après deux rencontres que selon eux, il n’y avait pas d’issue hors du LKP ! Il nous a été reproché notre départ et celui d’autres Organisations politiques du LKP, comme si un quelconque pacte avait été signé qui devait maintenir sous tutelle ces dernières qui avaient par ailleurs fait le constat que les leviers de décisions au sein du LKP avaient été confisqués par un petit groupe de personnes.

Nos réponses aux mensonges éhontés

Apres avoir démontré que l’avènement KOPG découle d’un processus politique ininterrompu mené depuis près de 30 ans, nous allons rétablir la vérité sur des mensonges grossiers sur lesquels est basée la conspiration LKP-UGTG.

Conférence avec M. Jalton : mensonge

Jamais au grand jamais Luc Reinette notre Président n’a conféré avec Eric Jalton, ce qui tombe sous le sens quand on sait que depuis 40 ans maintenant Luc Reinette affiche son opposition à toute participation électorale dans le cadre colonial.

Jamais Luc Reinette n’a eu de contact personnel avec Eric Jalton, d’autant que leurs positionnements politiques sont diamétralement opposés ! Nous demandons donc à Elie Domota qui l’a affirmé au nom du LKP, à l’UGTG qui l’a écrit de prouver un centième de ce qu’ils avancent. Cela sera naturellement impossible, car ces propos relèvent de l’intoxication, de la désinformation et du délire ! Un bon menteur a toujours intérêt à mentir sur quelque chose d’invérifiable : or Monsieur Jalton est encore vivant et les Guadeloupéens ne sont ni sourds ni aveugles. Toute la presse aurait parlé d’une présence aussi incongrue à un meeting électoral de M. Jalton !

Appartenance à la francmaçonnerie et financement par celle-ci : mensonge encore

Jamais au grand jamais Luc Reinette n’a appartenu à la Franc-maçonnerie, et jamais cette congrégation n’a eu à contacter ou financer Karésol Otorité Politik Gwadloup qui ne dépend d’aucune obédience. Là aussi Elie Domota devra prouver ses allégations mensongères. Luc Reinette qui s’est toujours démarqué des Églises, des sectes et des autres pensées philosophiques dites universelles, ne s’est jamais inspiré des convictions des autres pour forger ses propres opinions. Pour information, Karesol se finance par le seul recours de ses membres et sympathisants dont l’engagement financier va souvent au-delà des simples cotisations. Notre comptabilité est ouverte et transparente. Qu’avons-nous donc financé qui nécessiterait des fonds extérieurs ?

Argent donné aux békés : mensonge toujours

Dans le cadre du conflit qui oppose le syndicat CGTG à Jean et Martin Despointes, qualifiés par les premiers d’exploiteurs «ayant bâti leur fortune sur la Traite et l’Esclavage»- ce qui constitue une vérité fondamentale- les juges coloniaux français ont infligé une condamnation scélérate de 55.300 € à la CGTG pour la faire taire définitivement. Pire, les huissiers des Despointes ont fait main basse sur les 15.000€ présents sur le compte bancaire du Syndicat et sur 15.000 autres euros du compte épargne du militant CGTG, Lucien Viardot, sans compter la saisie de la voiture d’une autre militante, madame Anita Torin.

Du jamais vu dans l’histoire syndicale guadeloupéenne ! Mais voilà les faits qui jusqu’en novembre 2015 n’ont suscité aucune réaction d’aucun syndicat guadeloupéen ! Silence assourdissant ! Situation stupéfiante et surréaliste qui laissait entendre aux békés qu’ils pouvaient impunément continuer à «marcher sur le foie des travailleurs », kontinyé maché asi fwa a travayè… jusqu’à la disparition du Syndicat dont on pratiquait la mise à mort !

Seuls de syndicats et des associations de Martinique et de France ont vigoureusement protesté contre cet état de fait. Plus tardivement les Maires de Pointe-à-Pitre et Abymes ont rédigé un communiqué condamnant la volonté de faire disparaître par l’argent un Syndicat guadeloupéen.

Devant cet état de fait,Karesol O.P.G ne pouvait rester indifférent, même si ses membres à titre individuel avaient remis une contribution financière à Jean-Marie Nomertin lors d’une manifestation de soutien.

Pour résister à la tentative de mise à mort initiée par les Despointes, la CGTG a mis en circulation une liste de souscription, car l’argent dans ce cadre précis déterminait de la survie ou la disparition du Syndicat.

Notre mission de patriotes guadeloupéens était de venir en aide à d’autres Guadeloupéens victimes d’une injustice flagrante, et c’est pour cela qu’à travers une Conférence de presse tenue le 9 novembre 2015 et une Conférence-Débat qui s’est tenue le 13 novembre, Karesol O.P.G a explicité sa stratégie devant se dérouler en deux temps :

Premier temps : une liste de souscription spécifique, avec des chèques à l’ordre de la CGTG, doublée d’un engagement, quoi qu’il advienne, de porter une contribution totale de 5.000€ à la CGTG.

A ce jour, 2.020 € ont été versés, en même temps que la remise de la liste nominative des souscripteurs, et nous sommes sur le point de verser une somme complémentaire, issue des dons, pour atteindre les 3.000 € ! Second temps : Une opération de boycott du magasin appartenant à Jean et Martin Despointes au sein de l’Hypermarché Milenis, pour appeler les Guadeloupéens à se détourner de la structure commerciale principale des profitan qu’il ne fallait plus abreuver de leur argent, puis sans doute par la suite étendre le boycott aux autres structures leur appartenant.

C’est la proposition qui a été faite lors de la Conférence-débat qui s’est tenue à Rémy Nainsouta et qui a obtenu l’adhésion du nombreux public présent.

Alors lire dans la Déclaration du Syndicat UGTG qu’un membre du KarésolO.P.G, ancien du CIPPA se serait engagé à dédommager les békés à hauteur de 5000 € dans le cadre du conflit de la CGTG -dont le syndicat ne fait même pas allusion dans son texte- relève ni plus ni moins de la calomnie et de l’imposture.

Est-ce à prétendre alors que la finalité de la liste de souscription que fait circuler la CGTG, c’est non pas de sauver l’existence du Syndicat, mais de dédommager les békés ?

Nous affirmons ici que nombreux sont les Guadeloupéens qui ont apporté leur soutien financier à travers notre action qui sont blessés par les allégations de l’UGTG !

Comment comprendre et décrypter l’offensive soudaine du LKP et de l’UGTG contre Karésol O.P.G., à compter de son irruption sur la scène politique guadeloupéenne ce 24 octobre 2015 ?

Comment comprendre cette agressivité et l’utilisation de méthodes indignes, alors que dans le passé, l’UGTG a participé avec d’autres à la libération des prisonniers politiques guadeloupéens, dont certains sont au Karésol O.P.G ?

Comment comprendre cette campagne de dénigrement systématique visant à salir, disqualifier des hommes et des femmes qui n’ont jamais varié dans leur engagement pour la Nation guadeloupéenne et qui dans le passé ont également aidé l’UGTG (préparation et suivi par Luc Reinette, à la demande de Gaby Clavier, de deux salariés du Casino de St François militants UGTG, à surmonter la grève de la faim qu’ils avaient décidé d’entamer contre leur patron.

Soutien à Madassamy et plus généralement à tous les militants UGTG poursuivis au cours des dernières années par la justice coloniale française, etc..).

Et même dans sa période légaliste qui nous posait problème, avec le mot d’ordre : «La loi, toute la loi, rien que la loi», nous avons maintenu notre solidarité avec ce syndicat.

Sans trop y croire, nous prônons l’arrêt de ce début de guerre fratricide alors que nous ne sommes pas encore ni assez forts ni assez nombreux pour gagner la guerre contre l’occupant français, à qui nous donnons le triste spectacle de la division, et que notre mission principale consiste à convaincre notre Peuple de la nécessité impérieuse d’un État guadeloupéen démocratique.

L’intolérance est partout présente dans la Déclaration de l’UGTG, qui disqualifie toutes les structures existantes en Guadeloupe, tout comme elle est présente dans le discours d’Elie Domota du 25 octobre 2015, qui pourtant le 1er janvier 2015, lors de ses vœux, souhaitait la fraternité à tous les Guadeloupéens et le 8 décembre 2015 sur les ondes de RCI évoquait la nécessité de la démocratie en Guadeloupe. La pratique est en opposition avec le discours !

Les comportements d’aujourd’hui préfigurent ceux de demain et si certains devaient garder cette posture d’intolérance se traduisant par des propos méprisants et l’invective lorsque qu’ils s’adressent aux autres qu’ils ne respectent pas -parce que pas systématiquement d’accord avec eux- alors il faudrait craindre le pire pour la Guadeloupe, et en particulier la tyrannie.

L’UPLG, au faîte de sa puissance a commis cette erreur, qui l’a réduite malheureusement à sa condition d’aujourd’hui.

Au Karesol O.P.G. nous sommes opposés à tout comportement intolérant et affirmons que les intolérants sont aussi dangereux que les «profitan ».

Nous pourrions utiliser les mêmes méthodes que nos adversaires d’aujourd’hui qui nous traitent en ennemis, mais c’est contraire à notre éthique : intransigeants sur les principes, oui, mais intolérants jamais, car personne ne détient seul toute la vérité. Dans nos propos et actions nous serons déterminés, mais toujours guidés par la droiture !

Le KOPG demande aux dirigeants du LKP et de l’UGTG de ne pas faire le jeu des Français qui nous observent, simplement par orgueil ou ambition personnelle. Il leur demande de na pas commettre les mêmes erreurs qui ont désespéré les Guadeloupéens et semé la désolation dans le Pays !

Retenant les leçons des expériences vécues, Karésol Otorité Politik Gwadloup, qui n’est pas l’agresseur, s’est préparé à faire face a l’adversité, d’où qu’elle vienne, en prenant en compte le dicton : «Qui veut la paix, prépare la guerre !»

Mais nous déclarons la paix a l’UGTG et au LKP, à qui nous demandons si cela est encore possible de s’orienter eux-mêmes vers la concorde, dans l’intérêt de la Guadeloupe, du Peuple guadeloupéen et de la cause commune pour laquelle nous avons juré de nous battre… au nom de nos illustres prédécesseurs et ancêtres Ignace, Delgres Marthe-rose, Solitude et tant d’autres !!

Nous sommes tous avant tout Guadeloupéens : alors cultivons ensemble le respect ! «Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé». Frantz Fanon, dans les Damnés de la terre.

Conseil national Karésol Otorité Politik Gwadloup
Voeux et perspectives du KOPG pour 2016

L’élection à la Présidence de la Région Guadeloupe de Monsieur Ary Chalus ne change rien fondamentalement au sort de la Guadeloupe, puisqu’à l’instar de son prédécesseur, il s’est fortement affirmé pour le maintien de notre Pays sous la tutelle française.

Il a précisé que son nouveau modèle économique était «régional» et ne nécessitait donc aucun changement statutaire. Il est bien évidemment impossible en système colonial, qui répond à des logiques de blocage de tout développement économique autocentré, d’initier un quelconque modèle économique pertinent, distinct de celui imposé par l’État colonial !

C’est pour cela que le K.O.P.G qui souhaite une année 2016 faite de santé et de courage aux Guadeloupéens, s’engagera sur plusieurs fronts au cours des mois qui viennent :

1) Celui d’un Projet de Constitution pour la Guadeloupe.

2) Celui d’un Modèle Économique véritable dont le préalable sera la souveraineté guadeloupéenne, et qui déterminera les fondamentaux d’un Plan de développement pluriannuel économique et social pour notre Pays.

3) Celui d’un Hymne et d’un Drapeau pour la Guadeloupe, dans le cadre d’une large consultation populaire.

4) Celui de la mise en place d’une École dédiée aux adultes, préparant les guadeloupéens à acquérir une culture d’état, à travers des enseignements spécifiques délivrés par le CENAG, Centre d’Études Nationales de la Guadeloupe.

5) Celui de la mise en place d’un Tribunal Guadeloupéen devant juger les bénéficiaires de la Traite négrière, de l’Esclavage et des Indemnités versées par la France aux colons esclavagistes en 1849.

6) Celui de l’ouverture d’un dialogue constructif avec toutes les composantes du Peuple d’une part et de la population guadeloupéenne d’autre part.

7) Celui des contacts internationaux et en particulier celui des contacts avec les Pays de la Caraïbe.

Charte du Karésol Otorité Politik Gwadloup (K.O.P.G)

Préambule

Dans la lignée des patriotes guadeloupéens dont le mot d’ordre était KASKOD avec l’État colonial français, d’autres, accompagnés des premiers ont décidé de franchir le pas et de s’affranchir de la tutelle française en constituant un Espace de Souveraineté au sein même du Pays occupé. Karésol Otorité Politik Gwadloup dont la Charte est énoncée ci-dessous est l’émanation de cet Espace de Souveraineté.

Tous les Guadeloupéens qui adhérent à la présente charte se réclament de la Nation Guadeloupéenne, dénient toute légitimité dans notre Pays à la puissance coloniale française, comme à ses relais locaux, et déclarent se battre résolument pour l’avènement prochain d’un Etat guadeloupéen souverain, libre de ses choix et fier de son identité.

Article 1 : Tout membre du KOPG atteste de l’existence du Peuple Guadeloupéen, du Péyi Gwadloup, de la Nation Guadeloupéenne, Nation provisoirement sans État. En ce sens, tout membre du KOPG qui se définit comme un patriote et un résistant est détenteur de sa carte d’identité guadeloupéenne. Il est un résistant culturel, économique et politique qui prône et pratique le patriotisme culturel, économique et politique.

Article 2 : Tout membre du KOPG étant spirituellement émancipé, il constitue donc en soi une parcelle de la Nation qui s’est libérée de toute tutelle et qui est souveraine dans ses choix. Il a par définition le sens du Pays, le sens de l’Etat et a pris la liberté d’être libre au sens de la Proclamation de Matouba adoptée devant la stèle de Delgrès le 27 mai 2011 par plusieurs organisations patriotiques.

Article 3 : Tout membre du KOPG conteste la légitimité de la présence française sur le sol guadeloupéen, présence contraire au Droit International et à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Tout membre du KOPG estime donc que le temps de la revendication de nos droits face aux colonialistes français est révolu et que le temps nouveau de l’Affirmation (du nous), est venu. Nous sommes en effet sortis de la dualité qui nous était imposée, de la relation dominants/dominés, de la logique de la cohabitation de deux éléments contraires, dont l’un interpelle sans cesse l’autre.

Article 4 : Tout membre du KOPG affirme que le propriétaire intangible et exclusif du Péyi Gwadloup est le Peuple Guadeloupéen dont il est partie intégrante. Le postulat est que la Guadeloupe ne saurait donc être partagée avec quiconque.

Article 5 : Tout membre du KOPG reconnait que le Peuple guadeloupéen, façonné par la Déportation, l’Esclavage, la migration organisée et la Colonisation est multiethnique. Il reconnait l’existence d’inégalités issues de la colonisation, de conflits, voire de contentieux non résolus car non abordés, entre certaines ethnies qui composent potentiellement le Peuple guadeloupéen. Tout membre du KOPG est conscient que cet état de choses ne peut durer mais qu’il perdurera tant que le référent commun qui s’impose à nous c’est l’Etat français ou ses représentants. Il affirme que se sont les représentants de la Communauté Nationale Guadeloupéenne qui ont la tache historique de mettre en place les indispensables rencontres interethniques pour trouver ensemble les voies et moyens d’un vivre ensemble apaisé.

Il ne pourra être fait d’impasse sur le rôle du passé esclavagiste sur notre présent problématique et sur les mesures à prendre en guise de Réparations, tant au niveau des bénéficiaires de la Loi d’Indemnisation du 30 avril 1849, que de l’État français lui-même. Le KOPG exige enfin justice pour une juste mémoire…

Article 6 : Tout membre du KOPG affirme que l’assimilation d’un Peuple à un autre est contre-nature et constitue un crime contre l’humanité et contre la dignité.

Tout membre de KOPG s’engage donc à combattre résolument tous les prescripteurs de l’assimilation et tous les assimilationnistes de droite comme de gauche qui renient leur identité et qui par leur aliénation assumée causent un tort considérable au Pays.

Ces partisans de l’immobilisme sont sans conteste les alliés objectifs – déclarés et soumis – des colonialistes français. Pour ces raisons et pour d’autres, tout membre du KOPG refuse de participer aux élections organisées par les français dans notre Pays, élections qui ne font que perpétuer l’existant colonial, en changeant parfois les hommes sans jamais changer le système pourtant à l’origine de tous nos maux. Bien entendu, le KOPG composé de démocrates guadeloupéens, partisans du système républicain est favorable aux élections dans le cadre d’une Guadeloupe Souveraine.

Article 7 : Tout membre du KOPG milite ardemment pour une Guadeloupe guadeloupéenne, dans laquelle tous les membres de la Communauté nationale auront les mêmes droits et devoirs, sans distinction de race, de couleur, de religion ou de sexe. Tout membre de KOPG déclare consacrer désormais son énergie en toute priorité à la naissance d’une Guadeloupe nouvelle, Nation et futur État de la Caraïbe au sein de l’Hémisphère américain. L’abnégation étant le principe de base du KOPG, tout militant se met au service de la Nation guadeloupéenne de façon désintéressée. Le KOPG prône l’entente et la cordialité entre les Guadeloupéens qui doivent impérativement renforcer leur cohésion ; Il prône aussi le respect mutuel entre hommes et femmes et l’Union sacrée face aux différents périls qui menacent notre Peuple et notre Pays.

Article 8 : Tout membre du KOPG estime légitime et nécessaire que le Karésol fasse entendre sa voix sur les problématiques nationales et sur les sujets internationaux en déniant formellement aux autorités françaises le droit de parler en notre nom et de disposer de nous. Le KOPG s’oppose à l’utilisation par la France de nos jeunes, lorsqu’elle déclare par exemple la guerre à d’autres peuples au nom de ses seuls intérêts stratégiques ou économiques.

Article 9 : Tout membre du KOPG reconnaît comme une urgence nationale la promotion de la Carte d’Identité à travers tout le Pays, le choix d’un drapeau guadeloupéen et l’adoption d’un Hymne National à travers une large consultation populaire.

Ce seront les marqueurs de notre appartenance à la Guadeloupe et les marqueurs d’une Guadeloupe qui nous appartient collectivement. Tout en observant un devoir de solidarité avec la Caraïbe, cette qualité nous confère un droit de regard sur la circulation, l’installation et l’activité des personnes étrangères dans notre Pays.

Article 10 : Tout membre du KOPG sait que cette entité, qui n’est qu’un embryon, a vocation à se transformer, le moment venu et lorsque les conditions d’une coalition avec d’autres éléments résolument progressistes du Pays seront réunies, en Otorité Politik Gwadloup, représentant le Peuple guadeloupéen dans les négociations à venir avec l’État français relatives à la transition statutaire.

Dans cette perspective, sur les bases des principes et des valeurs communs à tous les peuples colonisés épris de liberté, la rédaction d’un Projet de Constitution Guadeloupéenne sera initiée dans les meilleurs délais. Article 11 : Tout membre du KOPG prête serment sur la charte, et s’engage à oeuvrer avec détermination et loyauté pour son Pays ; Il s’engage à s’impliquer fortement à la cause sacrée de la Liberté, de la Justice et de la Prospérité pour le plus grand nombre ; Il réalisera ainsi avec beaucoup d’autres le rêve tri séculaire de nos ancêtres, rêve que nous allons concrétiser méthodiquement avec les seules armes de l’unité, de la détermination et de la droiture.

Article 12 : Tout membre du KOPG est conscient que cette entité qui n’est pas un Parti politique, constitue désormais l’Opposition permanente à l’État français en Guadeloupe et à ses alliés guadeloupéens. Il est également conscient que son adhésion et son appartenance au Karésol lui confèrent dès ce jour la condition inestimable d’Homme ou de Femme guadeloupéen désormais libre, se plaçant hors du champ de la tutelle française.

K.O.P.G.
Le 15 décembre 2015