Ary Chalus confirme que le 1er tour de la Coupe Davis aura lieu en Guadeloupe

Allocution d’Ary Chalus, président du Conseil Régional, en conférence de presse le 28 décembre 2015 à l’hôtel de Région.

Il nous semble important de revenir sur la genèse de l’organisation du premier tour de la Coupe Davis en Guadeloupe, ceci afin d’identifier clairement le rôle et les responsabilités de tout un chacun dans cette affaire.

Le 25 novembre 2015, à moins de deux semaines du premier tour des élections régionales, Victorin LUREL, écrivait dans un courrier adressé au Président de la Fédération Française de Tennis M. Jean GACHASSIN : “Après avoir examiné le cahier des charges et consulté le Président de la ligue de la Guadeloupe M. FORBIN, je suis en mesure de vous indiquer que le conseil régional et d’autres collectivités majeures de Guadeloupe, peuvent s’engager à couvrir le surcoût de 800 000 euros occasionné par l’organisation d’une telle manifestation outremer“. Tous les observateurs auront noté que Victorin LUREL ne s’exprime pas seulement au nom de la Région Guadeloupe, mais aussi au nom “d’autres collectivités majeures“. Un Président de région, peut-il, dans un courrier officiel, s’engager au nom de “collectivités“ dont il n’est pas le mandataire ?

Dans le même courrier, Victorin LUREL indique le choix du vélodrome Amédée DETRAUX “moyennant quelques aménagements“, et précise : “Je me charge de vous faire parvenir un dossier de candidature dans les formes requises dans les meilleurs délais“. Cette phrase, à elle seule, révèle que le président de l’exécutif de l’époque n’avait aucune idée précise de la voie dans laquelle il engageait le Conseil régional.

Toujours dans l’urgence, Victorin LUREL écrivait le 2 décembre 2015, soit à quatre jours du premier tour des élections, au Président de la Fédération Française de Tennis M. Jean GACHASSIN : “Cette candidature portée par la région est en fait celle de la Guadeloupe toute entière. (…) Prenant pleinement en compte l’intérêt d’une telle manifestation pour la Guadeloupe, la région s’est déjà engagée à une participation de 800 000 euros aux surcoûts résultant de son organisation en outremer (…) Je souhaite étendre notre engagement à la couverture de la totalité des frais qui seront occasionnés par l’organisation du 1er tour de la Coupe Davis en Guadeloupe en mars prochain“.

Dans le même temps, le 1er Décembre, l’administration régionale mettait en garde le président de l’époque, dans une note succincte : “Monsieur, je souhaite attirer votre attention sur le coût potentiellement très élevé de l’organisation de cette manifestation, dans tous les cas supérieurs aux 1,2 M€ évoqués par la Fédération Française de Tennis. Il faut en effet y rajouter les coûts de mise aux normes des installations du Vélodrome pour atteindre le standard que l’on retrouve pour cette catégorie de manifestation. Ces coûts seront, après un rapide chiffrage supérieurs à 2 M€“.

Comment un responsable politique a-t-il pu agir avec autant de légèreté à l’endroit de son propre encadrement ?

Alors que la Guadeloupe souffre d’un retard d’équipements dans pratiquement tous les domaines et pour garantir la continuité de la parole publique, j’ai considéré qu’il ne me paraissait pas raisonnable que la Région Guadeloupe aille, pour l’organisation du 1er tour de la coupe Davis, au-delà de l’engagement initial de 1 M€.

Le peuple de Guadeloupe nous a élu pour lui redonner de l’espoir, pour agir positivement sur son avenir. L’irresponsabilité, la désinvolture ne font pas et ne feront jamais partie de notre méthode de gouvernance.

Aussi,

1- Je réaffirme l’engagement pris par courrier par le précédent exécutif, et cela dans le respect du principe de continuité du service public, et ma responsabilité exige de veiller à ne pas écorner l’image de notre Région. Nous veillerons également à ce que la parole de la Région Guadeloupe soit restaurée.
La collectivité confirme sa participation initiale à hauteur de 1M€.

2- Je réaffirme également, à l’appui et dans le respect des notes techniques transmises par l’administration régionale et des visites effectuées sur le site que le surcoût de la manifestation est évalué à 3,2 M€. Et cela en abaissant au maximum les coûts.

3- La situation budgétaire de la collectivité ne nous permet pas d’engager un montant supplémentaire. J’ai donc insisté pour qu’un nouvel accord soit trouvé.

4- Considérant les enjeux nationaux et internationaux
J’ai pris l’attache de Thierry Braillard, le Secrétaire d’Etat aux sports, issu de mon groupe parlementaire et que j’ai la chance de connaître personnellement.
J’en profite d’ailleurs pour le remercier pour son écoute sur ce dossier.
J’ai également eu un échange avec le ministre des Sports Patrick Kanner et une discussion ce matin avec le préfet et la ministre de l’outre mer.

Je vous annonce que la Région a obtenu un nouvel accord et va bénéficier du concours de l’Etat, qui conditionne l’organisation de cette manifestation en Guadeloupe.

Cette conférence de presse est aussi pour moi l’occasion de rappeler certains principes:

NOTRE PRIORITÉ : SORTIR DE L’URGENCE

Durant la campagne électorale qui vient de s’écouler, nous avons eu à dénoncer l’urgence dans lequel les décisions étaient prises. En fait, nous ne savions pas que nous étions bien en deçà de la réalité !

Comment peut-on engager une collectivité pour plusieurs millions d’euros autour d’une manifestation sans étude d’impact préalable?

Le dossier Coupe Davis se résume en tout et pour tout à deux courriers du président sortant adressés au président de la FFT.

Comment passer outre les notes techniques pertinentes d’une administration régionale reconnue pour son sérieux?

Comment peut-on engager les autres  » collectivités majeures  » sans discussions, au sein de l’assemblée départementale?

Je souhaite rappeler nos priorités : DÉFINIR UNE VÉRITABLE POLITIQUE SPORTIVE ET METTRE L’ACCENT SUR DES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT.

• La formation des cadres sportifs,
• Développer des échanges avec le bassin caribéen,
• La remise aux normes des équipements sportifs,
• Proposer un schéma cohérent des équipements sportifs structurant l’ensemble du territoire guadeloupéen, à travers la réalisation des Infrastructures dans les îles du sud
• Renforcer le dispositif d’accompagnement en donnant aux jeunes sportifs les moyens d’accéder à l’élite et assurer leur présence au sein des compétitions nationales et internationales