« France de race blanche » : Le CRAN condamne Nadine Morano et salue Ericka Bareigts

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Communiqué du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires)

Invitée par Laurent Ruquier dans son émission, On n’est pas couché, Nadine Morano a affirmé que la France est « un pays de race blanche ». Cette déclaration a suscité à juste titre de nombreuses critiques.

« Apparemment, Nadine Morano ignore qu’il y a en France au moins trois siècles de présence noire, a déclaré Louis-Georges Tin. Depuis le 17e siècle, des Africains ont été déportés dans les colonies françaises d’Amérique et de l’Océan Indien, dans le cadre de la traite négrière, crime contre l’humanité, reconnu comme tel par la loi qui porte le nom de Christiane Taubira (qui n’est pas tout à fait « de race blanche », elle-même).

Par ailleurs, en 1900, au moment où la IIIe République avait relancé la Colonisation, il y avait en France environ 100 millions d’habitants, dont 60 millions dans les colonies -car la France était à l’époque présente sur quatre continents. Dans ces conditions, non seulement la France n’était pas un pays « de race blanche », mais en outre, les gens « de race blanche » étaient alors minoritaires en France. Et il en fut ainsi jusqu’en 1960, date des indépendances africaines », a rappelé le président du CRAN.

Il est regrettable que personne n’ait songé à informer la députée européenne de toute cette histoire. C’est cette ignorance crasse qui l’a conduite à parler comme si elle était la porte-parole de la branche française du Ku Klux Klan. C’est pourquoi le CRAN demande aux Républicains de sanctionner vraiment Nadine Morano. Car il serait incohérent de se contenter de la retirer de la tête de liste, si on estime par ailleurs qu’elle n’a commis aucune faute et ne mérite aucune sanction. Une demi-justice serait une totale injustice.

Par ailleurs, le CRAN tient à saluer la représentante de la Réunion, Ericka Bareigt, qui s’est présentée le 30 septembre, à l’Assemblée, comme « députée noire de la République », pour interpeller le Premier Ministre sur l’affaire Morano. Son discours a été alors interrompu par une standing ovation, comme celles que recueille régulièrement Christiane Taubira dans cette même enceinte. Mme Bareigt est également la personne qui, en février 2014, a porté à l’Assemblée la résolution relative aux enfants de la Creuse, ces Réunionnais volés à leurs familles par l’Etat français dans les années 1960-1970.

Dans ces conditions, le CRAN invite Nadine Morano à suivre de temps en temps l’actualité de l’Assemblée nationale, où siègent des députés noirs et arabes, éloquents et actifs. Et si de temps en temps elle descend dans la rue, elle verra aussi que la France n’est pas « de race blanche », et qu’elle sache qu’il en est ainsi depuis plus de trois cents ans.