Les Guadeloupéens traités d’assistés dans France-Antilles ? Le coup de gueule d’Alain Plaisir

Featured imageIls nous prennent pour des imbéciles !

par Alain PLAISIR

Nous apprenons dans le quotidien local que Christian ECKERT, secrétaire d’Etat chargé du Budget aurait mis l’accent sur le fait que 75% des Guadeloupéens n’étaient pas imposables à l’impôt sur le revenu. On imagine mal un ministre tenir de tel propos en France ! Pourquoi était- il nécessaire de le souligner chez nous ? A moins qu’il ne s’agisse de nous faire croire que ces 75% de guadeloupéens seraient des assistés. Il faut arrêter avec ces discours méprisants ! Le secrétaire d’Etat au budget sait très bien que la TVA est en France l’impôt le plus important, bien avant l’impôt sur le revenu. En effet, la TVA étant assise sur la consommation et les services, tous les consommateurs quels que soient leurs revenus acquittent la TVA. C’est donc le cas de 100% des Guadeloupéens, qui sont passibles et paient cet impôt indirect. Nous avons même le triste « privilège » de payer la TVA sur le transport des marchandises que nous importons de la « métropole »

Dans ce même quotidien du mardi 19 mai 2015, nous apprenons que le nouvel octroi de mer a été adopté la semaine dernière par le Sénat. Une décision lourde de conséquences qui a été votée, sans état d’âme, par nos parlementaires. Ainsi, les entreprises de production de la Guadeloupe seront avec la nouvelle loi assujetties et redevables de l’octroi de mer interne, à partir d’un seuil de 300 000 euros de chiffre d’affaires, alors qu’elles ne l’étaient, jusqu’à ce jour, qu’à partir d’un seuil de 550 000 euros. Tout cela pour respecter le droit communautaire européen et sa logique de non discrimination. « On vous accorde le droit de taxer EVIAN, à condition de taxer CAPES »

Le CIPPA a déjà eu l’occasion d’alerter, en vain, du danger de cette nouvelle réforme de l’octroi de mer sur la production guadeloupéenne et sur nos producteurs qui paieront un impôt nouveau qui affectera alors leur compétitivité. Quant aux consommateurs, ils paieront les produits locaux plus chers.

Alain PLAISIR Président du CIPPA