Crash de Maracaibo au Venezuela : les familles des victimes refusent le non-lieu

Featured imageCommuniqué de L’AVCA

LES FAMILLES SONT EN COLERE

Le 16 août 2005 à 03h10 du matin, le dernier avion de la West Caribbean s’écrasait dans la plaine de Machiques (Vénézuéla) avec à son bord 152 martiniquais de retour de vacances et 8 membres d’équipage colombiens.

Aujourd’hui, après presque 10 ans d’une parodie d’enquête, les magistrats ont transmis à notre défense des réquisitions de non-lieu car ils ne retiennent que la faute des pilotes qui, selon eux, seraient partis avec un avion trop lourd et auraient choisi la mauvaise route. Malgré nos demandes, les juges ont toujours refusé d’élargir le champ des investigations, ce qui permettait de mettre à jour d’autres responsabilités. L’enquête s’est enlisée et aujourd’hui

LES FAMILLES SONT EN COLERE CAR :

• le juge ne s’est jamais intéressé à la société BALBOA qui, nous dit-il, a surchargé l’avion en falsifiant le devis de masse, indiquant ainsi aux pilotes un poids erroné. Elle a remis aux pilotes des cartes non conformes (voir enquête du Vénézuéla).

• Le juge ne s’est jamais intéressé sérieusement à M. CIMETIER, le broker qui a été qualifié de transporteur de fait par la justice américaine et qui s’est substitué à la compagnie à plus d’un titre, payant le complément d’assurance, l’essence, les pièces détachées…

• le juge ne s’est jamais intéressé au rôle de l’Aviation Civile Colombienne qui savait cette compagnie au bord du gouffre et l’a laissée voler en se contentant de sanctionner ses manquements par des amendes.

• le juge ne s’est jamais intéressé à la maintenance de la West Caribbean Airways et à son laxisme en matière de sécurité (500.000€ ont été dépensés pour une traduction sur laquelle aucun expert ne se penchera jamais si nous laissons faire).

• Le juge ne s’est jamais intéressé au rôle de l’Aviation Civile française dont l’unique interlocuteur a été M. Cimetier. Elle a attribué un droit de trafic les yeux fermés sans même prendre l’attache de la DGAC colombienne qui avait des choses à lui dire (la compagnie avait déjà eu un crash en mars de la même année, devait 4 mois de salaire au personnel, ne possédait plus qu’un seul avion…).

• Le juge ne s’est pas intéressé à l’Agence de voyage et aux précautions qu’elle aurait dû prendre.

• le juge ne s’est jamais intéressé au calage des alarmes dans le cockpit du MD et au temps laissé aux pilotes pour réagir (rapport du Vénézuéla)

• Le juge s’est focalisé sur le dernier maillon de la chaîne dès le départ et a occulté tout l’environnement du crash, privant les familles depuis 10 ans de LA VERITE.

• le juge n’a pas reçu les familles depuis plus de 5 ans pour répondre aux multiples questions demeurées sans réponse, aux multiples questions auxquelles une enquête bâclée ne peut apporter de réponse.

Ce 15 mai, la presse locale a été informée des réquisitions de non-lieu par un fax du Procureur de Fort-de-France avant même que les avocats des familles, ni même les parties civiles premières concernées, aient été avisés.

La ministre des Outremer a été saisie, en septembre dernier, des difficultés auxquelles étaient confrontées les familles mais la réponse du 16 novembre, bien qu’émanant du ministère des transports, était en parfait décalage par rapport aux questions posées.

Quant à la lettre ouverte adressée à la Garde des Sceaux, en novembre 2014, elle est restée sans réponse jusqu’à ce mois de mai où la directrice adjointe de Mme Taubira a fait savoir à l’AVCA que l’enquête avait été extrêmement rigoureuse, exploitant minutieusement toutes les pistes et que les seuls responsables étaient les pilotes.

Pour les familles, la mascarade a assez duré. Les mêmes questions demeurent et la vérité sur les circonstances du crash de Maracaïbo ne semble pas intéresser nos gouvernants.

Sans doute, y a-t-il d’autres intérêts à protéger ?

Il est temps que le monde sache comment la justice est rendue sous nos cocotiers.

Nous familles de victimes, nous sommes en colère.

Rose-Marie TAUPIN PELICAN

Présidente de l’AVCA
Tél : 069 98 48 48
Mail : romapel@laposte.net