Guadeloupe : Monseigneur Riocreux en sové-vayan contre 8 moines «Shaolin»

Featured imageMais que diable se passe-t-il à l’Eglise en Guadeloupe ? Depuis quelques mois, une odeur de soufre émane de certaines sacristies. Emmenés, dit-on, par Jean Hamot, ancien administrateur diocésain (qui malgré son âge plus que canonique, voulut naguère être évêque à la place de l’évêque), huit prêtres ninja dégoupillent du goupillon contre le Monsennyè métropolitain Jean-Yves Riocreux.

Du rififi dans le bénitier

Depuis la nomination par Rome de Mgr Riocreux, ces huit membres du clergé local (que les paroissiens surnomment les « labé LKP ») regrettent que le diocèse ait reçu un « évêque et non un pasteur ». Dans un courrier, ils s’élèvent en chœur contre le parachutage d’un chef et guide spirituel qu’ils considèrent déconnecté du réel socio-culturel guadeloupéen. Mgr Jean-Yves Riocreux, qui selon eux n’est pas en odeur de sainteté, est soupçonné de détricoter l’œuvre de son prédécesseur, Mgr Ernest Cabo, homme à la santé fragile mais Guadeloupéen « bon teint », dont « l’intérim » à la tête du diocèse fut longtemps assuré par Jean Hamot.

Vanité des vanités

Mgr Riocreux est-il taraudé par le péché d’orgueil ? Tente-t-il de masquer ses carences pastorales en occupant les médias; sacrifiant la qualité des sacrements au profit de la quantité ? Traite-t-il l’avenir de la jeunesse guadeloupéenne par-dessus la soutane ? C’est ce que laissent entendre les frondeurs. Outre un « manque d’écoute » et un narcissisme médiatique dévorant, ils dénoncent son grand appétit pour les voyages gratos, sous couvert de pèlerinages désuets payés par les maléré. Un affrontement digne de Shaolin est-il à craindre si, comme le disent les 8 dissidents, le sentiment de mépris s’installe ? Katanas et nunchakus vont-ils jaillir de sous les bures ?

portnawakUne omerta pas catholique

Par l’opération du Saint-Esprit, une lettre adressée à Mgr Riocreux est parvenue à notre rédaction. Datée du 7 mars dernier (déjà deux mois !), elle est, selon ses auteurs, jusqu’ici restée sans répons. L’épître est signée par Paul-Antoine Bernard, André Dénécy, Alfred Lavital, Jean Hamot, Maurice Modetin, Albert Chalder, Albert Blanchard et Serge Plaucoste. Connue de la presse et de certains initiés, l’affaire fait l’objet d’une brève du journaliste René Cazimir-Jeanon dans la dernière livraison de l’hebdomadaire Nouvelles Semaine (n° 256).

En vérité…

En toile de fond se dessine la question de la « guadeloupéanisation des ecclésiastiques » et surtout le fait de confier le diocèse à un natif-natal, comme c’est le cas en Martinique depuis nanni-nannan. Les mauvaises langues murmurent que des ouailles, sensibles aux arguments des 8 dissidents du clergé d’ici-dans, pensent boycotter le denier du culte. A l’approche de la Pentecôte, ce combat «fraternel» sera-t-il le vrai baptême du feu pour Monseigneur Jean-Yves Riocreux ?

Senjan Djèl-Lô (Creoleways)