Laurent Farrugia, décès d’un authentique humaniste, pour toujours Guadeloupéen

Featured imageLaurent Farrugia, passionné de l’archipel de Guadeloupe, nous a quittés dimanche. Ce pied-noir anticolonialiste, devenu Guadeloupéen d’adoption, était une figure incontournable de la ville de Basse-Terre. Il fut professeur de philosophie au lycée Gerville-Réache et maire adjoint de la commune.

Homme plein d’humour, fin observateur de la société Antillaise, cet artiste peintre accompli était aussi un poète, auteur et écrivain prolifique. Parmi ses oeuvres, Les Indiens de Guadeloupe et de Martinique; Autonomie pour la Guadeloupe; L’année racaille, vermine Chyen et L’île aux miroirs brisés… feront date. On retiendra aussi ses contributions à l’Historial Antillais (encyclopédie) et ses innombrables écrits historiques, politiques, philosophiques, et chroniques incisives de la vie Guadeloupéenne.

Secrétaire de Gerty Archimède dans les années 1960, il s’engagea très tôt auprès des plus faibles. Dénonçant l’exploitation de l’homme par l’homme, il milita longtemps avec le Parti Communiste avec qui il sut rompre quand sa conscience le lui dictait, notamment lors du débat sur l’autonomie de la Guadeloupe telle que voulue par Lucette Michaux-Chevry et ses soutiens nationalistes.

Fervent partisan de la créolité, Laurent Farrugia se méfiait des pièges de l’identité racine. Au début des années 2000, il fut de ceux qui défendirent la communauté haïtienne (qu’il appelait « les guadeloupéens d’origine haïtienne ») victimes de pogroms (menaces, injures, violences, agressions, commerces incendiés à Pointe-à-Pitre, chasse à l’homme à coups de barre de fer devant Baimbridge), suite aux appels xénophobes quotidiens d’Ibo Simon, sur la  télévision Canal 10.

En 2002, il soutient la campagne de Christiane Taubira, candidate PRG à l’élection du président de la république française.

Cet homme de gauche, anticolonialiste convaincu, n’était jamais aveuglé par l’idéologie: ainsi dénonçait-il régulièrement les dérives de l’UGTG, syndicat qui, selon lui, « occupe un vide laissé par les politiciens ». Idéaliste de combat, il saluait toutefois Elie Domota, en qui il voyait une possibilité de rupture avec la tradition de violences et d’intimidations de l’UGTG. Laurent Farrugia fut néanmoins un supporter déçu du LKP après 2009.

Laurent Farrugia fut un militant de la première heure pour la reconnaissance des guadeloupéens d’origine indienne, dont il valorisait l’apport culturel à la Guadeloupe. Amoureux de la langue créole, cet érudit (qui parlait anglais, arabe, grec, latin et un peu le mandarin), publia avec Hector Poullet le premier journal entièrement en créole de Guadeloupe.

L’humaniste Laurent Farrugia s’est éteint dimanche 19 avril 2015 à l’âge de 78 ans, des suites d’une longue maladie. La rédaction de Creoleways, qui compte dans ses rangs des anciens élèves de celui que les lycéens surnommaient affectueusement « Fafa », présente à la famille ses sincères condoléances dans cette douloureuse épreuve.

DD., Nicolas R., Lydie & Madboug.

Communiqué

Victorin LUREL rend hommage à Laurent FARRUGIA

le 20 avril 2015

M. Victorin LUREL, député, président du conseil régional a appris avec émotion le décès de Laurent FARRUGIA, professeur de philosophie et acteur engagé de la vie politique locale.

« Ses prises de positions courageuses, son audace et sa clairvoyance ont fait de lui un citoyen apprécié qui a marqué de nombreuses générations.

A sa famille, ses proches, ses camarades et amis, je présente mes condoléances émues »

Comments

  1. Vous n’exagèrez pas un peu la chasse aux haïtiens ?,