Guadeloupe : Le bruit est-il devenu l’abri d’une bourgeoisie multicolore ?

Featured imageJoëlle Ursull; Nicolas Chaulet; stèle de Sainte-Rose; Jean-François Niort… Mi dézod, mi ! Pour Michel Bescond, ces cancans et boucans au-dessus du volcan sont surtout vents et paravents à ne pas prendre pour argent comptant. Partisan de la liberté d’expression (sans pour autant être «Charlie»), armé de sa grille de lecture marxiste, Michel Bescond se demande si nous enflammer dès qu’on parle de « race », ne nous conduit pas bien souvent à suivre des gens pour qui l’argent n’a pas de couleur. Est-il possible qu’aux Antilles, le bruit « antiraciste » (chez les noirs et les blancs) soit devenu un « lélé pou gaga vwè » ? Un vacarme assourdissant pour masquer des logiques de domination ? L’affrontement des couleurs (et des clans) cacherait donc la soif de pouvoir et d’argent d’une bourgeoisie locale qui ne dit pas son nom ? Qui peut le croire ?

Du bruit qu’on fait ici en ce moment

par Michel BESCOND

Les récentes agressions verbales de certains «nationalistes» contre l’historien et anticolonialiste JF Niort sont inadmissibles, de nature fascisante, et doivent être condamnées comme telles, sans réserve. Ces « nationalistes » ne représentent aujourd’hui plus grand chose et sont isolés.

Mais toutes les déclarations publiées jusqu’ à présent en réaction à cette agression, bien que justes sur les principes, passent à mon avis à côté du problème central pour ce pays, problème que toutes ces « affaires » (Ursule, Chaulet, Code Noir) contribuent à occulter.

Ce bruit qu’on commence à entendre ici, ressemble étrangement à celui qu’on essaie de faire là-bas depuis janvier, à coup de grosses caisses, sous l’enseigne « Je suis Charlie » : au nom des valeurs les moins contestables, on nous détourne des bonnes questions, de celles qui pourraient gêner.

Toute une partie de la jeunesse guadeloupéenne, celle dont les parents peuvent financer des études longues, s’exile en France, au Québec ou aux USA, et prive ainsi le pays de ses cerveaux et de ses possibilités de développement endogène. Et toute l’autre partie de la jeunesse guadeloupéenne en âge de travailler reste pour l’essentiel sans diplôme, ni formation, ni qualification, et se retrouve à plus de 50% au chômage.

Cette partie de la jeunesse « abandonnée à son sort » en Guadeloupe va finir par tomber un jour ou l’autre dans les bras de cinglés fascisants, plus malins et moins « has been » que ces anciens combattants « nationalistes », comme ces jeunes « musulmans » de banlieue ou de Gaza séduits par Al Qaeda ou DAESH.

Où est donc la nécessité de ce débat en cours, qui n’en est pas un (on ne débat pas avec ceux qui ne veulent pas débattre), si ce n’est d’occulter une fois de plus le rôle central dans ce processus mortifère de la bourgeoisie guadeloupéenne, quelles que soient ses diverses couleurs de peau, liée au pouvoir métropolitain qu’il soit de « droite » comme de « gauche », de cette caste qui triomphe à nouveau après les élections départementales, qui subventionne accessoirement et ouvertement le média des « nationalistes » en question, de cette caste parasitaire qui est la première responsable et la principale bénéficiaire de la situation économique et sociale désastreuse de la Guadeloupe ?

Que faire, dès maintenant, quand il en est encore temps, pour empêcher réellement, ici comme ailleurs, la marche du monde vers la barbarie, et pas seulement à coup de déclarations de principe, nécessaires peut-être, mais si peu efficaces en réalité ?

Michel Bescond

Comments

  1. A reblogué ceci sur raimanetet a ajouté:
    ces cancans et boucans au-dessus du volcan sont surtout vents et paravents à ne pas prendre pour argent comptant.