Université des Antilles : Victorin Lurel à moitié satisfait

victorin_lurelJeudi 19 février 2015, l’Assemblée nationale a débattu et adopté le projet de loi de ratification de l’ordonnance de juillet 2014 transformant l’ex UAG en Université des Antilles. Au cours d’échanges houleux, le député de la Guadeloupe, Victorin Lurel (PS), a défendu deux amendements : l’un sur la gouvernance de l’université demandant la suppression de l’élection conjointe du président de l’université et des présidents des deux pôles (adopté). L’autre sur les conditions de répartition des dotations budgétaires par le conseil d’administration de l’Université (rejeté). Ce dernier point, proposant l’attribution future des budgets en fonction des « surfaces » respectives des campus de chacune des îles « sœurs », (plus avantageux pour la Guadeloupe), a déplu à l’actuelle gouvernance martiniquaise de l’université, fortement soutenue par ses députés Jean-Philippe Nilor et Alfred Marie-Jeanne (MIM). Quoi qu’en ait dit l’Assemblée Nationale, il semblerait qu’au sein de la communauté universitaire de Guadeloupe, ce nœud du débat soit loin d’être tranché.

Communiqué du Député Victorin Lurel

Je tiens à exprimer ma satisfaction quant à l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi de ratification de l’ordonnance portant transformation de l’Université́ des Antilles et de la Guyane en Université́ des Antilles.
Je tiens à remercier le Gouvernement pour la cohérence, la continuité́ et la transparence dont il a su faire preuve tout au long des débats, souvent animés, pour créer les conditions d’un développement pérenne et unitaire de l’Université́ des Antilles.

Je me félicite ainsi du choix responsable des députes de rétablir l’esprit de l’ordonnance de 2014, déséquilibré voire perdu lors de l’examen au Senat par des amendements manifestement contraires aux engagements politiques et universitaires pris à l’égard de la communauté́ universitaire et des syndicats. Les modifications introduites par la Haute assemblée créaient en effet un système d’élection liée, unique en France, fondé sur la seule et curieuse crainte d’un mauvais usage de la liberté́ qui pourrait être fait par les dirigeants des pôles. Croire qu’enfermer, ex ante, le dialogue au sein d’un trio serait un gage d’unité́ de l’université́ est une illusion.

Je me félicite ainsi que l’Assemblée nationale ait consacré le principe d’une autonomie renforcée des deux pôles universitaires à travers la préservation d’une liberté́ d’élection des vice-présidents de pôles, seul gage d’un dialogue permanent entre la Guadeloupe et la Martinique qui a trop longtemps fait défaut. Je souhaite en ce sens rappeler que ce mode d’élection libre n’a jamais été́ la raison du départ de la Guyane en 2013.

Je souhaite que le travail parlementaire puisse se poursuivre sereinement afin de créer les conditions nécessaires d’un retour de la confiance. J’affirme cependant que ce processus ne pourra trouver d’issue favorable si, en clarté́ et en transparence, des règles d’affectation des ressources budgétaires de l’université́ entre les deux pôles ne sont pas définies. La prise en compte de l’intégralité́ des investissements réalisés en Guadeloupe et en Martinique (infrastructures et équipements) et des projets d’enseignement et de recherche en cours et à venir conditionnera ainsi le juste équilibre financier des deux pôles, selon une pondération déterminée par le conseil d’administration de l’établissement.

Ce texte est le résultat d’un équilibre voté en responsabilité́ à l’Assemblée nationale et qui respecte, en partie seulement, les engagements pris envers l’Université́ des Antilles.