Hervé Gourdel, otage français en Algérie, décapité par les islamistes

herve_gourdel_decapite_assassinat_islamisteLe groupe terroriste Jund al-Khilafa, lié à l’Organisation de l’Etat islamique (OEI) a mis sa menace a exécution: le Français Hervé Gourdel, guide de haute montagne de 55 ans enlevé dimanche dernier en Algérie, à été décapité. Ce groupe mercenaire avait menacé lundi de tuer l’otage si la France ne renonçait pas « sous 24 heures » aux frappes aériennes en Irak, ultimatum rejeté mardi par le président de la République, François Hollande.

Une vidéo ignoble, postée sur des sites jihadistes et intitulée « Message de sang pour le gouvernement français », montre l’atroce assassinat et sa macabre mise en scène à Tizi Ouzou en Kabylie, dans le massif du Djurdjura. La diffusion de cette information et l’annonce d’une nouvelle décapitation d’un occidental a suscité une vive émotion dans tout le pays.

Grande première en France, de nombreuses personnalités musulmanes comme Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, et Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris et 1er président du Conseil français du culte musulman, dénoncent « un crime barbare », expriment leur « dégoût » et « se dissocient » de cet acte. Ils appellent l’ensemble des musulmans français à marcher pour la paix, l’unité nationale et la laïcité. A part l’Iran, aucun des grands Etats du monde musulman n’a pour l’instant condamné cet assassinat.

Aujourd’hui à la tribune de de l’assemblée générale de l’ONU (New York), Hassan Rohani, président de l’Iran, s’est dit « révolté de cette instrumentalisation de l’Islam, » et « prêt à renforcer la coopération économique » avec l’Occident. Par sa voix,  Téhéran a fermement condamné « le financement de groupes terroristes par l’Arabie Saoudite ». Prônant le compromis, il a blâmé le « colonialisme et l’ingérence occidentale » comme « sources du terrorisme ». Affirmant que « la démocratie ne peut pas être importée » en Orient, il met en garde contre les erreurs provenant d’une « compréhension inappropriée du phénomène extrémiste », et demande de « laisser aux peuples de la région » et à « la coopération des pays musulmans » le soin de lutter contre le terrorisme local. Le président Iranien appelle à la levée des sanctions contre son pays, notamment sur le programme nucléaire « pacifique » iranien, conditions indispensables, selon lui, pour « parvenir à l’unité contre la violence et l’extrémisme mondial ».

Tous les jours dans cette partie du monde, des chrétiens d’Orient sont persécutés, des sunnites et des chiites modérés sont décapités dans le silence quasi complet des médias. Souhaitons que la mort tragique du Français Hervé Gourdel ait contribué à faire bouger les choses. Trois jours de deuil national ont été décrétés en son honneur. Les autorités françaises rappellent que la menace terroriste sur le territoire demeure bien réelle et recommandent aux expatriés la plus grande prudence.

Tertullien Mesdouze (Creoleways)