T-shirt Pardon! : L’Union des Femmes Réunionnaises soutient Bondamanjak contre le sexisme

bondamanjak_gilles_degras_02Décidément, ça chauffe entre le blog nationaliste martiniquais Bondamanjak et la marque de T-shirts réunionnaise « Pardon! » Après avoir dénoncé l’insulte au métissage et à la créolité, Bondamanjak, qui défend les minorités et lutte contre les provocations, a repéré l’image sexiste et le mépris envers les femmes véhiculés par Pardon. « Derrière » Bondamanjak, l’Union des Femmes Réunionnaises (UFR), par la voix d’Huguette Bello, a fermement réagi. Par un communiqué empreint d’indignation, cette femme de gauche, député de La Réunion, dénonce un cliché colonial et condamne des atteintes à la dignité des femmes. Refusant en sus toute utilisation du corps féminin à des fins commerciales, elle appelle au boycott de l’entreprise réunionnaise.

Communiqué de l’UFR

Nous tenons à vous faire part de notre profonde indignation suite à la mise en vente des tee-shirts de la société Pardon, arborant des combinaisons douteuses et insupportables, comme celle de« Kaf+Malbar = Kafar ».
C’est un véritable manque de respect et de considération vis à la vis de l’histoire réunionnaise et de l’ensemble de la population réunionnaise. Les Réunionnais ont vivement réagi contre ces dernières créations et contre les étiquettes imprimées sur plusieurs vêtements. Nous partageons totalement cette indignation.

L’UFR tient également à protester contre une autre provocation de Pardon, une provocation de plus, qui met en scène deux femmes noires qui portent le diable de Pardon sur une chaise à porteur, symbole de l’exploitation coloniale et de l’esclavage racialisé. Cette provocation ne peut pas être interprétée comme un trait d’humour ou une maladresse : elle est une insulte à notre histoire, aux pages les plus douloureuses de notre passé. Le caractère machiste, raciste et néo-colonial des produits de la société Pardon est inacceptable et nous ne l’accepterons jamais.

La stigmatisation trop fréquente des Réunionnais par la société Pardon doit être condamnée. Nous devons refuser de cautionner ces méthodes commerciales où le mépris sert d’argument de vente. Nous ne devons pas accepter que sous couvert de « création artistique décalée », les messages de cette société soient le véhicule privilégié de préjugés, d’agressions,d’attaques blessantes à l’encontre des Réunionnais.

De même, la dégradation constante de l’image des femmes par la société Pardon est outrageante. Les images « hyper sexualisées » qui sont véhiculées par leurs photographies participent à l’exploitation et à la dévalorisation du corps des femmes dans notre pays.

Pour toutes ces raisons, nous interpellons Monsieur Peter Mertes sur ces étiquettes qui ont, à juste titre, suscité une vague d’indignation. Nous avons entendu les excuses. Elles ne suffisent pas.Nous demandons un engagement formel de Pardon à abandonner ces méthodes inacceptables à La Réunion comme ailleurs dans le monde.

En attendant cet engagement, notre organisation, qui se bat quotidiennement pour le respect des femmes réunionnaises, appelle au boycott de la marque Pardon.

En attendant cet engagement, nous tenons à restituer à M. Mertès le chèque de 2000 euros qu’il avait remis à l’UFR au nom de l’opération « Bring back our girls », que nous menons ensemble en faveur de nos sœurs nigérianes.

Pour l’UFR
La Présidente, Huguette Bello
La Secrétaire Générale, Emeline Vidot

Comments

  1. Jolie réaction de BMJ mais, tout de même:
    « Bondamanjak, qui défend les minorités et lutte contre les provocations » ??? ahahah… faut pas pousser mémé dans les orties. BMJ EST la provocation.