Discrimination : Desmond Tutu réclame plus de Noirs dans le rugby sud-africain

desmond_tutuIl y a deux mois, Oregan Hoskins, président de la fédération sud-africaine de rugby, déclarait à l’Afrikaans Daily Beeld qu’« on devrait donner davantage leur chance aux joueurs noirs, principalement aux noirs africains ». C’est maintenant Desmund Tutu, prix Nobel de la paix 1984, qui regrette que le nombre de Noirs au sein des Springboks n’ait toujours pas évolué vingt ans après la fin de l’apartheid.

Samedi 23 août à Salta, le XV sud-africain a aligné douze joueurs blancs et trois métis en match retour contre l’Argentine. Même sur le banc de touche, sur huit joueurs il n’y avait que deux Noirs. Dans une lettre ouverte au quotidien local Cape Times, l’archevêque retraité trouve «particulièrement offensant» que les rares Noirs sélectionnés ne soient vus que comme «périphériques» et estime que les « personnes influentes » du rugby sud-africain devraient prioritairement soutenir «ceux qu’on ne retient que pour mieux leur refuser l’honneur de briller sur le terrain».

Grand fan de rugby, Desmond Tutu considère la venue du Zimbabwéen Tendai « Beast » Mtawarira comme une chance pour l’équipe nationale et condamne l’humiliation faite à Teboho «Oupa» Mohoje, exclu au profit de Juan Smith, « joueur talentueux, citoyen respectable, mais surtout plus pâle de peau ». « L’équipe d’Afrique du Sud doit refléter aujourd’hui l’intégralité du spectre de l’arc-en-ciel qui nous définit –pas sur la base de quotas ou de discrimination positive, ou pour faire joli, mais sur la base du mérite, et pour notre bien-être à long terme, en tant que nation», martèle l’ecclésiastique anglican.

tendai-mtawarira_02Sous le régime d’apartheid, l’équipe nationale de rugby était uniquement composée de Blancs. Pour la majorité noire de la population, la gazelle « springbok » fièrement arborée sur le maillot sud-africain était aussi l’emblème douloureux du racisme institutionnalisé. Farouche opposant à ce système inique, Desmond Tutu fut, malgré tout, de ceux qui derrière Nelson Mandela, ont soutenu sans faille l’équipe nationale jusqu’à sa victoire en Coupe du monde en 1995, à Ellis Park (Johannesburg): « A l’heure de notre libération, contrairement à tous ceux qui ne voulaient plus appeler notre équipe Springboks, le père de la nation, Nelson Mandela, a cru à cette puissance de transformation et de guérison que possède le sport », rappelle l’homme d’Eglise. « Aujourd’hui, après vingt ans, je déplore que le changement au plus haut niveau se fasse au rythme de la tortue. Au-delà de l’impératif public et du politiquement correct, nous devons comprendre que la fraternité est l’incontournable ingrédient d’une guérison durable de notre société ».

Traditionnellement, le rugby est le sport favori des Blancs en Afrique du Sud. Bien que ces derniers représentent moins de 9% de la population, leurs établissements scolaires sont toujours mieux dotés en infrastructures sportives que ceux des 80% de Noirs. Depuis la fin de l’apartheid, le sujet des quotas en faveur des joueurs noirs hante le débat public, jusqu’ici sans succès.

Francis Rogers (Creoleways)

Comments

  1. Mais depuis quand les noirs jouent au rugby! ya pas d’autre pays en Afrique où ils jouent au rugby. Ils preferent le foot! Faut arreter de parler de couleur tout le temps! Prenez les meilleurs, rien à foutre de la couleur de peau. Si tous les meilleurs sont blancs, qu’il n’y ait que des blancs. Si tous les meilleurs sont noirs, alors prenez les noirs. On nous saoule avec les couleurs!