Guyane : Rodolphe Alexandre condamne la répression envers les peuples autochtones

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Contrôle de l’ONCFS lors des Journées des Peuples autochtones

Le Président de Région, Rodolphe Alexandre, tient à faire part de sa consternation la plus totale concernant l’opération de répression ordonnée par le Procureur de la République ayant visé ce matin les exposants des Journées de Peuples autochtones présents sur la Place des Palmistes.

Il rappelle que les Journées des Peuples autochtones ne sont pas qu’une simple fête, mais qu’elles s’inscrivent dans un projet global porté par la Région (désenclavement, rééquilibrage infrastructurel…) qui consiste à rendre leur dignité à des populations qui, jusqu’à présent, étaient les laissées-pour-compte des différentes politiques publiques, et à les aider à reprendre confiance en eux en les accompagnant dans leur recherche d’un juste équilibre entre préservation et valorisation de leur culture et de leurs traditions, et évolution de leurs modes de vie vers une conformité aux normes et aux lois de la République ; étant entendu que ces dernières doivent aussi savoir s’adapter aux spécificités des peuples amérindiens, porteurs de coutumes millénaires, largement antérieures à l’arrivée des occidentaux sur le sol américain.

Aussi, il dénonce avec force et sans réserves l’opération de répression de ce matin, qui a choqué la totalité des Amérindiens et du public présents sur la Place des Palmistes. Il déplore une opération aveugle, brutale, dépourvue de tout discernement, dont la conséquence risque d’être une rupture de ce sentiment de confiance qui était précisément en train de se tisser depuis l’instauration des Journées des Peuples autochtones en 2011.

Rodolphe Alexandre estime qu’il aurait été plus approprié d’effectuer une opération d’information et de prévention vis-à-vis de ces personnes sincères et de bonne foi qui, parfois, effectivement, méconnaissent les textes pour des raisons de distance, d’enclavement, et de maîtrise de la langue française, plutôt que d’orchestrer, sous prétexte d’une application jusqu’au-boutiste de la loi, le spectacle de leur humiliation à l’occasion – comble d’une ironie douteuse – d’une opération destinée au contraire à leur permettre de mettre en valeur leur culture et leur traditions, et d’exprimer un certain nombre de revendications tout à fait légitimes.

NDLR : Sous la double tutelle du ministère de l’Écologie et celle du ministère de l’Agriculture, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) est un établissement public français à caractère administratif (EPCA) chargé de la connaissance de la faune sauvage et de ses habitats à travers des études et des recherches, de la police de la chasse et de l’environnement, de l’appui technique auprès des décideurs politiques, aménageurs et gestionnaires de l’espace rural et de l’organisation et la délivrance du permis de chasser.
L’ONCFS compte 1700 agents et est implanté dans tous les départements de l’Hexagone et des Outre-mer.