Université des Antilles : L’avenir suspendu entre «transformation» et «création»

corinne_mence_caster_03Le 7 juillet 2014 les exécutifs de Guadeloupe et de Martinique se sont réunis à Fort-de-France pour discuter de l’avenir de l’ex UAG. Jacques Gillot et Victorin Lurel (Guadeloupe) ont été reçus par Josette Manin et Serge Letchimy (Martinique).

Bien que 8 points d’accords aient été actés, notamment en ce qui concerne l’autonomie des pôles au sein d’une Université des Antilles, les discussions ont achoppé sur la structure de cette entité. La Martinique espère une « transformation » de l’ex UAG tandis que la Guadeloupe souhaite la « création » d’une université des Antilles sur une nouvelle base juridique.

Les discussions se poursuivent mais l’on devine en filigrane que le maintien (ou pas) de l’actuelle présidente, Corinne Mencé-Caster, à la tête de la future entité universitaire reste la pomme de discorde. En l’absence d’accord officiel sur ce point, Genevieve Fioraso, ministre de l’Enseignement, devra donc arbitrer entre les exécutifs des deux îles.

Communiqué des quatre exécutifs de Guadeloupe et Martinique

Les Présidents des Conseils régionaux et généraux de Guadeloupe et de Martinique réclament plus d’autonomie pour les pôles universitaires de Guadeloupe et Martinique

Fort-de-France, le 7 juillet 2014

Suite à la première rencontre du vendredi 4 juillet en Guadeloupe, Victorin Lurel, Serge Letchimy, Josette Manin et Jacques Gillot, ont souhaité poursuivre, ce jour en Martinique, les discussions, sur l’avenir de l’université des Antilles.

Ils ont affirmé leur attachement à une Université des Antilles à part entière, dans le cadre d’une large autonomie administrative, financière, pédagogique et de recherche des deux pôles universitaires.

Dans un courrier adressé ce jour à la Secrétaire d’Etat Geneviève Fioraso, les quatre présidents considèrent «que le projet d’ordonnance sur l’université des Antilles, demeure en l’état insatisfaisant, car ne permettant pas une effectivité suffisante de l’autonomie des deux pôles ».

Dans le cadre de cette autonomie renforcée, les présidents ont souhaité que soient retenus les points suivants :

• Un conventionnement pluriannuel dans le cadre d’un contrat quinquennal
• Un mandat de 5 ans non renouvelable et le principe d’une présidence alternée inscrit dans les statuts
• Une élection libre des vice-présidents de chacun des pôles
• Une autonomie financière renforcée. Les décisions modificatives seraient élaborées au sein des pôles universitaires et validées par le conseil d’administration de l’UA
• Une organisation des services décidée par chaque pôle
• Les vices présidents de pôle seront saisis pour avis de l’affectation des BIATOSS
• Une répartition des moyens financiers tenant compte de critères objectifs (effectifs étudiants, enseignements dispensés, activités de recherches, surfaces) et des projets universitaires de chaque pôle.

De plus, ils se félicitent de la prise en compte par la nouvelle mouture de l’ordonnance de la possibilité de saisine du Conseil d’administration sur les sujets relevant de l’intérêt d’un pôle.

Enfin, Les présidents ont réaffirmé leurs positions respectives votées par leurs assemblées, à savoir une université des Antilles à part entière . Sur la base d’une transformation de l’ex-UAG pour la Martinique; la Guadeloupe tant ouverte sur le fondement de la base juridique devant aboutir à la mise en oeuvre de l’université des Antilles.

Au sein de la communauté universitaire, l’affrontement médiatique continue entre les partisans de Corinne Mencé-Caster et ceux des dirigeants du CEREGMIA.

Communiqué des membres de la gouvernance de l’université des Antilles et de la Guyane
Le 9 juillet 2014

Tous ensemble pour le développement de l’université des Antilles !

Nous, vice-présidents et membres de la gouvernance de l’université des Antilles et de la Guyane, souhaitons apporter les éléments et précisions suivants au débat sur la transformation de notre établissement en université des Antilles.

Nous sommes heureux de constater que le projet d’université des Antilles, avec autonomie renforcée des pôles, conçu et porté par la présidente de l’université et son équipe, publié dès mars 2014, est partagé par l’essentiel des forces vives de nos territoires. A cet égard, nous saluons la prise de position unanime des présidents des conseils régionaux et généraux de Guadeloupe et de Martinique affirmant « leur attachement à une université des Antilles à part entière, dans le cadre d’une large autonomie administrative, financière, pédagogique et de recherche des deux pôles universitaires. » (communiqué de presse du 7 juillet 2014).

Nous réaffirmons que c’est dans le cadre de la procédure en cours (ordonnance), s’appuyant sur les articles 38 et 73 de la Constitution et transformant l’UAG en université des Antilles, que sont offertes les plus larges possibilités de déroger au droit commun afin de l’adapter aux caractéristiques et contraintes de notre situation universitaire. La constitution et la loi, bien plus qu’un décret, constituent une base juridique sûre et solide pour concevoir une réelle autonomie des pôles universitaires. De plus, la création par décret d’une université des Antilles expérimentale ouvrirait une nouvelle période d’instabilité, remettrait en cause la carrière des personnels et conduirait les étudiants à se questionner sur la solidité et la pérennité d’un tel dispositif.

Dans ce contexte constructif et positif, nous déplorons que certaines personnes poursuivent une importante campagne visant à dénigrer et discréditer l’université, sa gouvernance et à contester sa légitimité. Nous préférerions voir mis en avant les acquis des trente-deux années d’existence de l’université et ses progrès permanents en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

A cet égard, la constitution très récente d’un collectif « Ensemble pour l’université des Antilles », regroupant des membres et des proches du CEREGMIA n’est-elle pas une véritable mystification ? Que veut-on cacher ou enterrer ? La demande insistante de création d’une nouvelle entité juridique (et non la transformation de l’existante) risque de conduire à l’arrêt des procédures juridiques et disciplinaires en cours. Par ailleurs, la volonté d’assainissement de la gestion de l’université est une des actions majeures de la gouvernance. Cela gênerait-il ?

Mais plus encore, nous sommes scandalisés par les attaques permanentes et virulentes contre la présidente de l’université, démocratiquement élue. Ces agressions sans réel fondement sont souvent menées par ces mêmes personnes qui feignent de prôner l’apaisement tout en étant du côté de celui qui a écrit « je pense qu’il nous revient de décider de la date de fin et de la violence des coups à donner ».

Nous exprimons ici notre totale solidarité avec la présidente de l’université. Nous affirmons que ces diversions médiatiques renforcent notre détermination à conduire la transformation de l’établissement en une université des Antilles assainie et fière de porter des valeurs universelles et de tolérance.

En conclusion, nous dénonçons les tentatives visant à nous dresser les uns contre les autres. Nous oeuvrons à la fraternité et au progrès collectif de nos sociétés et populations. C’est cela qui forme le ciment de l’université des Antilles. C’est ce projet que nous voulons développer, dans la sérénité et dans les meilleurs délais, avec l’ensemble des acteurs et partenaires.

Signataires :

René Dorville, vice-président du conseil d’administration, Guyane
Marie Ange Arsène, vice-présidente du conseil scientifique, Guadeloupe
Antoine Delcroix, vice-président du conseil des études et de la vie universitaire, Guadeloupe
Jean-Emile Simphor, vice-président du pôle Martinique
Lionel Vincent, vice-président étudiant, Martinique
Jacqueline Abaul, directeur de l’école doctorale, Guadeloupe
Marie-Joseph Aglaé, vice-président aux affaires juridiques et contentieuses, Martinique
Fabienne Alvarez, vice-présidente déléguée à la formation continue, Guadeloupe
Dominique Aurélia, vice-présidente déléguée aux relations internationales, Martinique
Didier Bernard, vice-président délégué à la politique financière et patrimonial, Guadeloupe
Sylvie Bercion, vice-présidente déléguée aux ressources humaines, Guadeloupe
Jean-Georges Chali, vice-président délégué à la formation continue, Martinique
Olivier Pulvar, Vice-président délégué à la communication, Martinique
Jacky Narayaninsamy, directeur de cabinet, Guadeloupe