Guadeloupe – Martinique : L’affiche limite porno de la pub Sebastiano fait le buzz à gogo

sebastiano_creoleways_buzz_sexy_antillesBien sûr, j’ai vu cette fameuse pub 4×3. Ma femme était au volant, alors j’ai pu me rincer l’œil tranquillement : Une jolie jeune fille peu vêtue, dorée comme le soleil, qui fait le grand écart en bikini rouge avec une rivière qui coule au milieu… c’est imparable. Comme la plupart des hommes, j’ai maté. J’ai cherché chaque panneau Sebastiano entre Pointe-à-Pitre et Basse-Terre. Mine de rien, j’ai reluqué les cuisses et le maillot de la donzelle, forcément, la marque s’est imprimée sur ma rétine et dans un coin de mon cerveau. C’est probablement la seule chose qui me restera dans deux mois ou dans deux ans.

Et la méthode n’est pas neuve. Qui se souvient encore du scandale des affiches « Colorado » ? Une canette de thé glacé qui transpirait à grosses gouttes contre une magistrale paire de fesses en string ? Les ligues de vertu s’en étaient bien offusquées, mais on a écoulé des hectolitres de cette boisson aux Antilles.

Le sexe et la provoc font vendre, c’est bien connu. Cette pub Sebastiano, aujourd’hui tout le monde en parle, donc les créatifs (ves) qui l’ont conçue et ceux (celles) qui ont validé sa diffusion ont réussi leur coup. On observera dans le futur si la marque continue à exploiter ce genre de filon ou si ses prochaines campagnes deviennent plus sages. Attention ! Une image commerciale, c’est fragile, ça se soigne ! L’affiche a déjà été détournée par des plaisantins qui ont bien saisi le côté grivois de l’affaire.

L’Union des Femmes de Martinique, qui crie au scandale, est tout à fait dans son rôle. Comme les blogueurs qui en font leurs choux gras n’hésitent pas, dès qu’ils le peuvent à diffuser des photos de fesses, de pubis d’hommes ou de femmes à poil pour faire remonter l’audimat. D’ailleurs, qui les blâmerait ? Un blogueur ça vit aussi de pubs et de subventions qui dépendent du nombre de pages vues par les internautes sur les autoroutes du net. C’est exactement le même principe : « Je t’attire avec du cul, des nichons, des photos cochonnes, du scandale, etc. Tu t’en amuses ou tu t’indignes mais, ki ou vé, ki ou vé pa, tu es exposé au message publicitaire sur mon site web » Au final, je roule pour le système.

Sur twitter et facebook, ça buzz bien. Les commentaires sont plutôt blasés quand ils émanent des moins de 40 ans. D’ailleurs, sur la photo, on remarque que la jeune beauté  n’est guère pulpeuse (ça ferait trop « jambon » donc trop « sexe ») ; elle fait l’effort de sourire alors qu’elle a visiblement mal aux adducteurs et se demande « Adan ki biten an ay fouwé mwen la… ». Les deux types qui la portent sont évidemment habillés (Hé, ho ! Faut montrer les fringues ! C’est pour ça qu’on nous paie !) Apparemment, le bata zendyen à gauche commence à fatiguer, tandis que le chaben à droite en profite pour faire un ti zyé dou…

Bref, c’est pas Le déjeuner sur l’herbe de Manet; c’est loin, loin, loin d’être aussi torride et arrosé qu’un festival Martizik ou qu’une Mercury Beach, mais ça sent les vacances : Les mignonnes s’affichent, les jeunes rigolent, les anciens boudent et bougonnent, la morale s’exprime, le commerce tourne… Tout est dans l’ordre des choses, signe que nos sociétés vont quand même (plutôt) bien.

© Dominique DOMIQUIN pour Creoleways

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