Guadeloupe : Des associations se mobilisent contre une loi sur la biodiversité

verveine_stachytarpheta_jamaicensis_dominique_domiquinPhoto : Verveine queue-de-rat (Dominique Domiquin)

NOTRE PATRIMOINE NATUREL (BIODIVERSITÉ) EST MENACÉ

Du 24 au 26 juin prochains, sera examinée à l’Assemblée Nationale, une loi visant à réglementer l’accès à notre biodiversité. Cette loi, censée nous protéger, constitue, en réalité, un véritable danger puisqu’elle va si nous n’y prenons garde, nous déposséder de notre patrimoine naturel.

ÉCOLOGIE et ÉCONOMIE sont deux mots qui devraient se compléter dans un seul objectif, le progrès de l’humanité en harmonie avec la planète qui l’accueille. Ces deux mots contiennent la racine « éco » qui provient du grec « oikos » qui signifie la maison. Au-delà de la maison de chacun d’entre nous, notre île, ou plutôt notre archipel, et la mer qui l’entoure, est notre maison à tous. Sé KAZ AN-NOU. Il se trouve que la Nature a doté notre maison d’une richesse incomparable dont jusqu’à présent nous n’avons qu’assez peu tiré profit. La Faune, et surtout, la Flore de « notre case » sont particulièrement riches (la moindre plante est une prodigieuse usine). Notre patrimoine naturel, tellement diversifié, nous offre d’infinies perspectives. Et c’est la BIODIVERSITÉ qui va devenir le moteur de l’économie de l’humanité des prochaines années, des générations à venir.

Mais, une loi actuellement en projet, nous menace.

Cette loi doit réglementer l’accès à notre biodiversité afin de la protéger. Toutefois, les règles d’utilisation du patrimoine naturel qu’elle prévoit, même si elles sont nécessaires, peuvent se révéler très contraignantes pour nos petites ou moyennes entreprises qui seront, dès lors, défavorisées par rapport aux grandes sociétés étrangères. En effet, pour toute entreprise qui souhaite avoir une activité économique (même modeste) avec une de nos plantes considérée comme sauvage, il faudra désormais demander un permis à l’Etat ; ce permis pouvant être refusé si le demandeur n’a pas les reins suffisamment solides et/ou s’il est en désaccord avec l’administration. Il est fort probable que seules les grandes sociétés capitalistes, spécialisées dans la pharmaceutique, les cosmétiques, pourront tirer leur épingle du jeu.

Nous ne devons pas laisser une loi, à l’élaboration de laquelle participent des personnalités politiques que nous avons élues, mettre à mal nos possibilités de développement, de progrès. Nous ne devons pas laisser une loi compromettre notre avenir, celui de nos enfants, le devenir de notre maison. Nous ne devons pas laisser une loi nous déposséder de notre patrimoine naturel commun au profit de grandes multinationales.

Le patrimoine naturel de l’archipel, environnement marin compris, appartient aux Guadeloupéens et est de leur responsabilité. C’est à eux qu’il revient le droit d’évaluer les projets concernant l’usage de la biodiversité de la maison Guadeloupe et la manière de les réaliser. C’est également à eux, en priorité, que doivent revenir les avantages tirés de cette biodiversité comme le prévoient les accords internationaux (Protocole de Nagoya –Convention sur la diversité Biologique de Rio). Nous affirmons les Guadeloupéens solidairement propriétaires des ADN, végétaux et animaux, contenus dans la Nature de leur archipel.
Sonjé !! Il a fallu douze ans de bataille juridique et politique pour que les plantes de Guadeloupe soient reconnues par la pharmacopée et qu’elles puissent être vendues en Pharmacie.

Dans l’immédiat, il y a urgence.
Nous devons nous mobiliser, agir auprès de nos élus, de nos parlementaires (associés à ceux des autres DOM, tout autant concernés) pour que le projet de loi soit amendé dans le sens de nos intérêts et que ce qui nous appartient naturellement ne soit pas livré au pillage !

Exigeons :

  • que l’autorité qui délibère sur l’accès aux ressources génétiques soit l’autorité locale
  • la pleine maîtrise locale de la structure de gestion de la biodiversité.
  • la mise en place d’une commission de vigilance citoyenne afin que la population ait son mot à dire sur le devenir de son patrimoine commun.

Nous devons faire en sorte que la loi favorise l’accès des entreprises locales à la biodiversité afin que celle-ci soit un levier de développement économique. Nous devons faire en sorte que cette loi protège efficacement nos intérêts collectifs, tant en matière de valorisation que de protection de notre biodiversité.

Assistons aux conférences :

  • – Le 13 juin 2014 – Bibliothèque Paul MADO – BAIE-MAHAULT à 18h00
  • – Le 20 juin 2014 – Le MOULE

SA KI ANDIDAN KAZ AN-NOU, SÉ TAN-NOU !

Signataires :

APLAMEDAROM
CAGI
Collectif Vigilance Citoyenne
Kap Gwadloup
Kolèktif Jénès Gwadloup
CTU

Pointe à Pitre, 12 juin 2014

Pour plus d’information et pour contacter le groupe : https://www.facebook.com/NotreBioversite et http://notrebiodiversite-notreavenir.fr/

Comments

  1. Jacques Davila says:

    Bonjour, la lecture de l’article me laisse perplexe. Les élus étant le reflet du choix « démocratique », de nos populations, je ne vois pas pourquoi, aujourd’hui l’on vient dénoncer, dans un ouélélé de circonstances qui ne va pas durer comme d’habitude, l’absence de compétences, d’expertise, de nos parlementaires et autres élus, notament dans un domaine, ou à l’heure de la révolution des intelligences, le bon sens se doit d’être prépondérant. Pourquoi, ces compatriotes, qui feignent de se regrouper aujourd’hui, n’ ont ils pas clamer leurs indignations, quand les stations d’épurations rejetaient directement en cas de pannes dans les 2 culs de sacs marins, qu’elles n’étaient pas aux normes, fonctionnaient en sous capacité, que l’ensemble de la population n’est toujours pas raccordé, et que les fosses septiques, ne sont pas dans leurs immenses majorités, conformes aux réglementations en vigueur, et sont situées sur des nappes fossiles, donc non rechargeables, et phréatiques qu’elles polluent aux quotidiens. Que dire des pompages n’ayant pas de périmètres de protection, avec des élevages porcins, ou autres, à proximité; des eaux de surfaces entrainant toutes sortes de pesticides, engrais, ou autres produits, huiles de vidanges, poisons, déchets en tous genres, qui contaminent les nappes phréatiques rechargeables elles. Le sous sol, la surface, et la mer sont pollués, et ces gens demandent à la population de continuer à faire confiance à ces mêmes élus, dont la mission politique rémunérés, est en dépit de l’absence d’expertise, d’avoir du bon sens et du courage, qui sont selon moi les premières vertus d’un homme politique. Leur mission est de défendre l’intérêt général, le devenir, en sachant écouter les gens compétents, honnêtes et intègres et surtout désintéressés. Pourquoi ces défenseurs de la biodiversité,ne proposent ils pas un organisme ou il n’y aurait aucun élu, à moins qu’il n’ait que voix « Consultative ». Voila des gens, qui ont couverts le pays, archipel Guadeloupe, d’immondices, très mal collectées, transportées, traitées, qui ont laisser du fait de leurs laxisme, de leurs incuries, impérities, la médiocrité s’installer et s’occuper des problèmes: des ordures ménagères et autres, s’ occuper du transport inter utbains, intra urbains, l’eau brute à collecter, à potabiliser, à transporter, à distribuer, l’assainissement, les aquifères de sous sol,les inondabilités non traitées, le développement en zones littorales inondables, tsunamigènes, fort souvent liquéfiable au plan sismique, mais sur lesquels l’on remblaie et construit à tours de bras. Aujourd’hui l’on vient nous demander de leur faire à nouveau confiance, eux les élus de l’archipel d’excellence, qui ignorent, ou font semblant d’oublier les anciens secrétaires généraux de notre chambre d’agriculture, qui bien entendu n’ont rien à voir avec la chlordécone. Par éthique, que dis je esthétique, je m’associe à la démarche de protection de notre biodiversité, mais sur des bases claires, transparentes, ou ,les responsables des méfaits passés ne peuvent y être associés, que s’ils reconnaissent publiquement leurs complicités actives ou passives passés, Et que la population, accepte de leur pardonner. Car il n’est pas question de faire du neuf avec du vieux? Même l’air ici est pollué. Que dire de la corruption des esprits? L’heure devra donc être au courage, à la lucidité. Sa KI VAYAN LEVE LAN MA