Université des Antilles : Danik I. Zandwonis réclame le départ de Corinne Mencé-Caster

CMCDIZUAG

Après la récente tribune de Patricia Braflan-Trobo au sujet du dossier CEREGMIA et l’avenir de l’ex UAG, c’est au tour du journaliste guadeloupéen Danik I Zandwonis, qui a longtemps rongé son frein, d’y aller de sa plume. Afin de permettre l’expression des opinions contradictoires et respectueuses, nous relayons cet édito récemment paru sur Caraibcreolenews. C’est à lire.

Ex UAG : Pourquoi Corinne Mencé-Caster doit partir !

par Danik I. ZANDWONIS

« L’enfer est pavé de bonnes intentions. » disait JP Sartre. J’ai donc relu avec la plus grande attention le programme et la profession de foi de la candidate Corinne Mencé-Caster à la présidence de l’UAG intitulé : « Pour une université moderne, rayonnante et attractive, ancrée dans son environnement naturel, ouverte sur le monde et porteuse d’avenir pour nos jeunes et nos pays ».
La candidate promettait « une méthode qui repose sur la concertation la plus large possible en amont des décisions et une diffusion optimale de l’information à tous le niveaux. Plus loin on lisait encore ceci : « rassembler autour d’un projet fédérateur (…) solidarité avec tous les pôles de l’établissement (…) une gouvernance responsable devant ses mandants etc… ».
Un programme en or massif contre lequel se sont cassé les dents les 6 autres candidats. De notre point vue, le meilleur programme qui soit. A quelques très rares exceptions près, il a séduit tout le microcosme UAGien, il ne pouvait en être autrement.

Corinne Mencé-Caster (CMC) a donc été brillamment élue 11è présidente de l’UAG en janvier 2013. Avec à la tête de l’UAG une jeune femme (42ans) au parcours quasi irréprochable, sur les campus de Troubiran-Cayenne, de Fouillole-Pointe à Pitre et surtout sur celui de Schoelcher-Fort de France on voyait naitre là, le réel espoir d’une UAG en mesure de fonctionner harmonieusement.

Il y eut ici ou là quelques crispations venant de quelques déçus, lors de sa nomination, mais dans l’ensemble, nous pouvons affirmer que CMC faisait l’unanimité ou presque et qu’elle bénéficiait d’une sorte d’état de grâce. Il ne lui restait donc qu’à appliquer son fameux programme dont nous disions plus haut qu’il était « en or massif ».
Le problème, c’est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, CMC s’est très vite enfermée dans son bunker et n’a jamais vraiment essayé de pratiquer ce qu’elle avait elle même prôné dans sa profession de foi : l’écoute et la concertation.

Les premiers accrocs sont venus du campus de la Guyane. Là -bas, depuis près de 2 décennies, le sentiment d’être laissé pour compte, avait fait naître une réelle frustration qui s’est vite transformée en colère. Le Pôle Guyanais s’est donc rebellé.

Il fallait de suite prendre la vraie dimension des problèmes posés, ouvrir un vrai dialogue et tenter de répondre valablement aux attentes. Plutôt que cela la nouvelle présidente, sans doute très mal conseillée, s’est raidie et a préféré jouer le pourrissement du conflit, croyant ainsi décourager l’intersyndicale.

Le résultat a été à la hauteur de la désespérance. La grève du Pôle Universitaire Guyanais (PUG) a enfanté des « monstres » qui se sont tous braqués contre CMC.

Au final, l’intransigeance, le refus du dialogue frisant le mépris, le manque d’autorité et de vista de CMC ont exaspéré l’ensemble de classe politique guyanaise. Du Président de Région, en passant par le Président du Conseil Général, jusqu’à la ministre de la justice Christiane Taubira, chacun avait une raison de contester la méthode CMC.

Des lors l’affaire était entendue, sous le « règne de Corinne 1er », l’UAG entamait sa lente et inexorable descente aux enfers. CMC, fut d’ailleurs très vite la cible de toutes les attaques, au point d’être devenue persona non grata en Guyane et au final, les Guyanais réclamèrent à la Reine Corinne 1er, le droit de retrait ; elle fut contrainte de céder.

Ce conflit était à peine achevé, par la promesse de la création d’une « Université Guyanaise de plein exercice », que la fièvre s’étendait aux campus de Martinique et de Guadeloupe. Deux courants diamétralement opposés s’affrontaient. D’un coté ceux qui voulaient profiter de la « brèche » du PUG pour exiger en Guadeloupe et en Martinique, des solutions identiques, de l’autre ceux qui souhaitaient que les pôles de Guadeloupe et de Martinique, soient transformés en « Université des Antilles… » A l’issue d’un nombre incroyable de voyages à Paris, la Reine Corinne 1er obtint du MESR, que soit « validée » « sa »  solution d’une « Université des Antilles. » Au passage, il faut noter, que CMC ne s’est jamais vraiment donné les moyens d’organiser une vraie consultation sur cette question, qui était au cœur de tous les débats. La longue grève du Pôle Guadeloupe aurait, dit-on, empêché la consultation. Voire.
CMC de son côté ne s’est pas privée de critiquer et de contester avec la plus grande sévérité pour sa partialité, la « consultation » organisée par l’intersyndicale …

Face à l’inertie calculée de CMC, en Guadeloupe, comme quelques mois au auparavant sur le PUG, une intersyndicale s’est alors emparée du dossier de « l’Université de Guadeloupe. » (UG). Là encore face à la grève du Pôle Guadeloupe, qui a duré plus d’un mois ; même attitude intangible et intransigeante de la présidence qui a rejoué sa partition habituelle : pourrissement, absence de négociation, refus du dialogue et communiqués de presse (CP) de dénonciation…

C’est à ce moment que CMC, sortit de son chapeau le lapin magique, qu’elle agitait déjà depuis des semaines. « Lapin » qui devait, du moins pensait elle, lui permettre de faire diversion sur les vrais problèmes de l’Université et surtout de sauver sa tête désormais réclamée de partout.

CMC crut donc venu le moment T de déclencher son « opération mains propres », ce que personne ne peut lui contester. A grands renforts de CP, de mails intempestifs, de « fuites organisées » du dossier judiciaire, le monde entier apprenait que le CEREGMIA et son équipe mis en cause allaient devoir rendre gorge et que la justice allait passer. Du coup la sombre affaire du CEREGMIA focalisait toutes les attentions : l’arbre qui cachait…

Il est vrai que depuis quelque temps bruissaient dans les couloirs de l’UAG, les rumeurs de malversations, d’argent détourné, il y avait dans l’air comme un parfum de scandale. L’universitaire guadeloupéen Philippe Verdol fut d’ailleurs le premier à parler de « mafieux et de parrain ».

CMC décidait alors avec sa garde rapprochée de braquer tous les projecteurs de l’actu et de faire toute la lumière nécessaire sur le dossier CEREGMIA. Il nous est difficile aujourd’hui d’établir le chiffre exact, tellement il est impressionnant, des mails, courriers, coupures de presse, lettres, de toute sorte mettant en cause l’équipe du CEREGMIA. Sur ce dossier et seulement sur celui là, le job a été exécuté avec une grande maestria.

Pourtant selon nos informations, outre le CEREGMIA, qui est déjà l’objet de plaintes et d’un traitement judiciaire et policier, CCN est en mesure d’annoncer que le CEREGMIA n’est pas le seul labo de l’ex UAG à mériter une attention particulière. Déjà à l’époque d’un des ex présidents de l’UAG il y eut déjà quelques petits « arrangements » qui feront sans doute « la une » le moment venu : les langues commencent à se délier…

L’affaire du CEREGMIA, se devait être du pain béni pour CMC et surtout son écran de fumée. On le verra plus tard, la fumée a fait long feu…

Ainsi donc, depuis des mois, les médias et journalistes proches de la Présidence et le microcosme universitaire ont été les destinataires d’innombrables mails vengeurs, dénonciateurs, de courriers et textes et parfois d’intox… Cette incroyable campagne de CEREGMIA bashing contribua très largement à rendre invivable le climat sur le Pôle Martinique En retour, insultes, menaces, grafs et tracts anonymes visant tantôt CMC et son entourage étaient devenus le lot quotidien.

L’affaire CEREGMIA, croyait-on à Schoelcher, aurait dû « protéger » CMC et détourner l’attention de ses erreurs dans le management de l’UAG : mauvais calcul. CMC n’a réussi qu’a accroitre son impopularité, à telle enseigne qu’il fallut que sa « garde rapprochée » initiât, suggérât, ou écrivit articles de presse, organisât comité de soutien sur le net, un « hommage appuyé » et autres artifices pour tenter de sauver l’image de plus plus écornée de la présidente. Echec et mat.

Sur sur les 3 pôles, CMC a totalement « vendangé » son état de grâce, et n’a rassemblé sur son nom, sa personne et sa fonction que déceptions et inimitiés. Il n’y a plus que son ultime « carré de fidèles » à vouloir encore croire en sa destinée.

De la dizaine de présidents qui l’avait précédé, aucun n’avait en l’espace d’une année réussi à ce point à être contesté, rejeté, mis au ban… Sa présidence sera historiquement celle de tous les désordres, de tous les coups bas, de la détérioration du climat de l’université, de son éclatement. Même avec la plus grande mansuétude, hormis le fait que le CEREGMIA soit dans le viseur de la justice ; le bilan de CMC est objectivement et très lourdement négatif. Les problèmes fondamentaux sur l’avenir de l’université sont loin d’être résolus.

Dans ce contexte, est il encore souhaitable que Corinne Mencé-Caster puisse continuer à s’accrocher à son fauteuil ? De quelle crédibilité bénéficie t-elle ? Est-elle seulement écoutée ? A-t-on jamais vu un président d’UAG faire appel à des vigiles pour se rendre à une réunion ?

Comment la Présidente ne s’est elle pas encore rendue compte que son règne est en mode fin ?

Comment peut-elle ignorer que la Région Martinique, la Région Guyane, la Région Guadeloupe, qui sont pourtant des partenaires essentiels de l’ex l’UAG, ont depuis longtemps décidé de « lâcher » une présidente qui totalise une impopularité aussi manifeste ?

Comment peut-elle continuer à vouloir gérer un établissement qui de Pointe à Pitre à Cayenne ou Fort de France,  elle n’a plus la moindre parcelle d’autorité ?

Corinne Mencé-Caster devrait, en son âme et conscience, prendre la seule décision qui s’impose : partir avant d’être emportée par un nouveau tsunami.

Source : http://www.caraibcreolenews.com/news,guadeloupe,1,4549,10-06-2014-ex-uag-pourquoi-corinne-mencer-caster-doit-partir-.html