UAG : Les étudiants respirent, l’intersyndicale de Guadeloupe arrête la grève

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Après avoir organisé sa propre « consultation » sur l’avenir de l’Université en Guadeloupe, l’intersyndicale gréviste du pôle Guadeloupe a annoncé hier la fin du blocage. La présidente de l’UAG, Corinne Mencé Caster, qui dénonce une consultation « irrégulière et illégitime », resitue le contexte particulier dans lequel s’est déroulé le « scrutin » du lundi 28 avril.

La consultation officielle annulée du fait des blocages.

Corinne Mencé Caster rappelle qu’une consultation distincte de chacune des trois composantes de la communauté (Etudiants, Personnels BIATSS, Enseignants et assimilés) par un vote à bulletin secret, était programmée sur chacun des pôles de Guadeloupe et de Martinique pour la première quinzaine d’avril. Celle-ci fut de facto rendue impossible par la grève de l’intersyndicale, conduisant au blocage de l’université entre le 20 mars et le 15 avril 2014, date limite exacte prévue pour une consultation.
Le recteur a, en ce sens, indiqué aux responsables de l’intersyndicale par message du 14 avril confirmation par le ministère que « les délais ne permettaient plus d’envisager l’organisation de la consultation ».

La présidente de l’UAG regrette que la consultation souhaitée et annoncée depuis de nombreux mois, n’ait pu être mise en place de façon concertée, dans les délais impartis, en dépit de ses multiples appels à la reprise, relayés par des enseignants et de très nombreux étudiants du pôle Guadeloupe : « C’est donc ce blocage qui a eu pour conséquence de priver notre communauté d’un débat serein et sans pression, et d’empêcher la consultation du personnel et des étudiants, conformément au calendrier proposé. » Confirme-t-elle.

Communiqué de Corinne Mencé Caster :

Une « consultation » irrégulière et sans légitimité annoncée par l’intersyndicale

Cette opération organisée sans l’aval de la présidence, ne bénéficie pas non plus du contrôle des autorités rectorales, comme c’était le cas au départ, puisque le Ministère a estimé que les délais impartis étaient largement dépassés. Elle est par conséquent totalement irrégulière et ne saurait avoir de légitimité.

  • La seule autorité habilitée à organiser ou autoriser une opération de consultation est le chef d’établissement assisté de la Direction administrative.
  • La Direction de l’établissement n’a reçu aucune demande d’autorisation pour mettre en place une telle opération au sein de l’établissement. Le ministère et le rectorat ont informé que cette consultation ne pouvait plus être envisagée, en raison du non-respect des délais impartis.
  • L’intersyndicale ne dispose pas des compétences réglementaires pour organiser une consultation auprès de l’ensemble des personnels.
  • Le dispositif annoncé fait ressortir l’utilisation de moyens humains et matériels de l’université (locaux, listes électorales…), qui n’a pas été autorisée par la présidence et pour laquelle aucune demande n’a été formulée.

Le dispositif annoncé met en exergue de nombreuses irrégularités.

  • Une intersyndicale convie l’ensemble des personnels, qui ne sont pas sous son autorité, à une consultation.
  • Une consultation suppose le respect de principes d’impartialité et de transparence. Ces conditions ne sont pas respectées.
  • Aucun huissier n’a été sollicité par la Direction pour contrôler une quelconque opération interne et ne peut pénétrer dans l’établissement sans autorisation préalable à cet effet.
  • Comment procéder à une consultation à partir de listes électorales (listes nominatives de personnels), diffusées à l’ensemble de la communauté sans aucune autorisation, alors qu’elles n’ont été ni contrôlées, ni authentifiées par l’établissement, seule autorité habilitée à le faire.
  • Comment concevoir enfin qu’une entité crée les conditions empêchant une consultation, entreprenne ensuite de l’organiser, sans autorisation, par ses propres moyens, d’en contrôler elle-même le déroulement, et d’en proclamer les résultats?

Pour toutes ces raisons l’opération envisagée est entachée de graves irrégularités et n’engage pas l’établissement.

Enfin, J’attire votre attention sur le fait qu’en organisant cette « consultation » dans les conditions évoquées, ma responsabilité de Présidente est engagée alors que je n’ai pas accordé d’autorisation à cet effet.

Je rappelle donc que cette consultation irrégulière, qui de surcroit exclut les étudiants, ne saurait produire un avis légitime de l’ensemble de la communauté universitaire sur l’avenir institutionnel du pôle Guadeloupe.

La Présidente de l’université
Corinne MENCE-CASTER