Pesticides : Les effets de « l’arme chimique » sur un universitaire guadeloupéen

philippe_verdol_pesticides-guadeloupeReçu au Grand Oral sur Outre-Mer 5 TV par un Jean-Jacques SEYMOUR ravi de l’aubaine, Philippe VERDOL, Maître de Conférences en Economie à l’UAG et président de l’association EnVie-Santé, est interviewé sur sa conférence ayant pour thème « L’arme chimique comme solution de pacification de la Guadeloupe postcoloniale »… Vous avez bien lu !

Selon cet universitaire nationaliste (courant idéologique qui, comme  chacun le sait, a toujours été ultra-minoritaire aux Antilles), la France aurait sciemment gazé les Guadeloupéens (et les Martiniquais) pour « mater un peuple turbulent » comme on l’a fait en Syrie.

Morceaux choisis : « Après les répressions armées lors des grèves des années 50 et mai 67, la répression classique change de forme: Organisé par le gouvernement français, un triple génocide (par cancers, par malformations, par stérilisation) est en cours… c’est un empoisonnement d’Etat… des générations de tarés sont en train de monter… Le tout avec la complicité des élus locaux, des békés, des socioprofessionnels de la banane et de la viande…  » Selon Philippe Verdol, qui milite pour un changement de statut, ceci explique pourquoi les revendications politiques et institutionnelles n’intéressent pas la population…

Aucune mention n’est faite de l’usage massif de pesticides dans toute la zone Caraïbe. Si l’on peut comprendre le désir d’égalité, d’application immédiate et exacte aux Antilles des lois de métropole qui sous tend tout le discours de l’universitaire, on reste stupéfait devant son argumentation sur un sujet aussi grave.

Il faut encourager tous ceux qui souhaitent protéger l’environnement et la santé des guadeloupéens, mais on ne peut que s’interroger sur l’efficacité de ce type d’interview. A force d’exagérer et de tout mélanger, on finit par ne plus être crédible du tout… Voir l’hallucinante vidéo ci-dessous.

Comments

  1. Cet article a le seul mérite de fournir la source des informations qu’il tente de disqualifier. Libre à ceux qui le voudront de vérifier la « crédibilité » des thèses défendues par PV au cours de ce Grand oral.
    Ils seront en effet stupéfiés.

    Ce qui les stupéfiera, ce ne seront pas les élucubrations débilitantes d’un nationaliste tels que sont présentés les propos de PV par la rédaction de creoleways.
    Ce qui les stupéfiera, ce ne sera pas le manque de cohérence d’une vaseuse et obscure théorie du complot.
    En revanche, ils seront stupéfiés de la gravité des faits présentés, de leur ancienneté (depuis les années 60), de leur actualité (décision de l’UE ?)

    Nul besoin d’avoir été nourri à la chlordécone pour tenir des propos alarmants, comme l’indiquerait le titre même de cet article navrant. William Dab, Professeur titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité du Cnam et responsable des enseignements de sécurité sanitaire au Cnam, trouve de nombreuses analogies entre les situations martiniquaises et guadeloupéennes, d’une part et d’autre part, celles produites par des accidents nucléaires comme Tchernobyl ou Fukushima.

    On peut (ne pas) être d’accord avec les prises de positions politiques défendues par PV (autonomie et indépendance des DOM, demandes de réparations postesclavagistes, etc.). On peut aussi questionner l’usage par PV de termes et expressions tels que ‘génocide’ et ‘empoisonnement d’État’. Mais on peut aussi inscrire les faits gravissimes qu’il décrit dans un contexte historique qui n’est lui-même pas anodin car marqué par une (post ?)colonialité des structures sociales guadeloupéennes et martiniquaises.

    Les propos de PV sont d’une teneur radicale, certes. Toutefois, disqualifier ces propos a priori, sans fournir de contre-argumentaire comme c’est le cas ici, est un appel lancé par la rédaction de creoleways en faveur de l’ignorance et/ou du manque d’esprit critique.