UAG : « Affaire CEREGMIA », la justice enquête sur de gros détournements de fonds

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Quatre mois après la grève dure ayant entrainé le détachement brutal du Pôle Guyane ; à l’heure où se joue l’avenir d’une possible université des Antilles avec deux pôles administrés sur le principe d’une large autonomie, les remous au sein de l’UAG s’amplifient et l’affaire prend un tour judiciaire.

Pour rappel, le 6 décembre 2012, la Cour des Comptes publiait un rapport relatif à l’exercice 2005-2010 de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG) pointant la gestion opaque de l’un de ses laboratoires : le CEREGMIA (Centre d’Etudes et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée).

Dès mai 2013, le SRPJ mène l’enquête. Fin 2013, s’appuyant sur le rapport de la Cour des Comptes, la présidente Corinne Mencé-Caster (élue en janvier 2013) déposait une plainte pénale signalant de nombreuses dérives.

Vendredi 21 mars 2014,  en parlant de « soupçons graves », Eric Corbaux, procureur de la République de Fort-de-France (Martinique), a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour «escroquerie en bande organisée et détournements de fonds en bande organisée » au sein de l’UAG. Puisqu’il s’agit de l’utilisation de fonds publics, « y compris des fonds européens », le procureur de la République a donc, « compte tenu des preuves rassemblées », décidé d’enquêter pour déterminer si « d’éventuels détournements et escroqueries [ont été] commis au sein de l’université ».

Evoquant « l’existence d’un système qui perdure depuis un certain nombre d’années », Eric Corbaux a ajouté : « L’instruction sera là pour déterminer les contours de ces infractions ; des auteurs de l’infraction ; les complices, peut-être aussi des bénéficiaires voire des complaisances ». L’enquête sera menée au niveau de la Juridiction Interrégionale Spécialisée de Martinique (JIRS).

Pour sa part, Maître Philippe Edmond Mariette, qui défend le CEREGMIA, s’est dit serein et souhaite que l’information judiciaire « permette enfin au laboratoire d’exprimer son point de vue. »

La peine maximale encourue pour escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics est de dix ans de prison et d’un million d’euros d’amende.

Parallèlement à cette enquête, Corinne Mencé-Caster, présidente de l’université, a déposé plainte pour diffamation contre des membres du CEREGMIA qu’elle accuse de faire circuler « des mails d’une violence extrême » à son encontre, mails empreints de « sexisme » avec « une focalisation sur [sa] personne ».

Le rapport de la Cour des Comptes est consultable ICI, les pages concernées sont les pages 55 à 72.

Francis Rogers (Creoleways)