Université des Antilles : Hector Poullet écrit au Procureur de la République

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Lettre ouverte au Procureur de la République

 

Hector POULLET                                                                                              Capesterre le 19 mars 2014
Chemin Carlo
L’Habituée
97 130 Capesterre  Belle-eau

A

Monsieur le Procureur de la République
Palais de Justice
Basse-Terre

«Jistis a Bondyé sé on charèt a bèf»
«La justice de Dieu est (lente mais sûre) comme une charrette tirée par des bœufs».
(Proverbe créole)

Monsieur le Procureur

Si je me permets, monsieur le Procureur, de faire référence à notre langue vernaculaire pour introduire cette lettre, c’est que je sais combien deux de vos prédécesseurs, Messieurs Vogt et Prêtre qui ont suivi mes 20 heures de cours de Culture et langue créoles ainsi que 12 autres juges du Palais, disaient combien la Justice de notre pays a le souci d’être aussi proche que possible du justiciable.

Aujourd’hui, monsieur le Procureur, je me permets de vous interpeler sur un sujet des plus préoccupants concernant l’ordre public sur les Campus Universitaires tant en Guadeloupe qu’en Martinique.

En effet une atmosphère délétère règne depuis quelques temps déjà dans le monde universitaire, atmosphère qui, se prolongeant, pourrait avoir des conséquences dramatiques. Tout cela, sans que nous citoyens dont les enfants fréquentent cette université, ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants de ce qui s’y prépare alors que des tracts, des insultes, des graffiti, des menaces graves dans lesquelles il est question de « faire couler le sang des nègres », divisent la communauté universitaire.

Monsieur le Procureur, au nom d’une majorité silencieuse qui sans vouloir intervenir dans la marche de la justice, ne veut pas par son silence se sentir responsable d’un drame qui semble annoncé, je vous saurais gré de bien vouloir nous rassurer, nous certifier que la Justice des hommes n’est pas comme celle de Dieu et qu’elle diligente une enquête sur les « affaires » et « autres choses louches » qui se passent à l’Université Antilles Guyane et prévenir ainsi toute issue regrettable.

Je vous prie de croire, monsieur le Procureur, à l’expression de mon profond respect.

Hector POULLET