Grève des Carburants : Frantz Succab « Il ne faut plus désespérer Guadeloupe »

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GRÈVE DE SENS: Il ne faut plus désespérer Guadeloupe

Frantz SUCCAB

Les gérants des Stations Service envoient un message aux guadeloupéens : un Service Minimum de leur propre initiative, à côté des réquisitions de l’Etat. Cela devrait permettre de soulager les plus nécessiteux et leur permettre de mieux gérer la pénurie. Les gérants sont plus que jamais décidés à s’opposer à la mise en œuvre du décret de Victorin Lurel, comme à un cadeau fait aux Compagnies, mais déguisé par le Ministre comme un cadeau aux consommateurs guadeloupéens.

Nous disions, il n’y a pas longtemps, qu’autour de ce conflit il y avait trop de guadeloupéens courant dans tous les sens, mais pas assez de Guadeloupe. En l’occurrence, pas de compréhension entre guadeloupéens : ceux qui distribuent ici cette énergie précieuse et ceux qui ici l’utilisent. Les gérants semblent aujourd’hui mieux entendre la Guadeloupe, mais la Guadeloupe en retour les entend-t-elle mieux ? Il est encore permis d’en douter. Un combat juste pour soi-même n’est pas forcément juste pour tous si personne n’en comprend le sens.

À ce stade le principal problème est celui de l’information, plus que celui de la communication. Chacun communique selon son hypothèse de solution à un problème, mais l’information consiste à faire savoir, à tous, TOUS les tenants et aboutissants du problème. Cela n’est possible que lorsque les médias (singulièrement le Service Public radio-Tv) ne se comportent pas en obligés à l’égard d’un seul. Celui qui a tous les moyens de parler en long et en large quand il veut. Oui, les gérants doivent être mieux entendus pour être mieux compris et mieux jugés (soutenus ou condamnés) par l’opinion publique.

Cependant, l’opinion publique n’est pas la créature des seuls médias. Elle n’est vraiment publique que lorsqu’elle est vraiment AGISSANTE. Et elle n’est agissante que lorsque les citoyens s’emparent eux-mêmes du sens de l’intérêt général. Le devoir de la rencontre, de la parole partagée, la parole solidaire et échangée librement sur la place publique et les réseaux sociaux.

Ainsi pourrait se fait entendre la bouche commune de ceux qui jusqu’alors n’avaient point de bouche, soit qu’ils s’autocensuraient, soit que leur parole était récupérée, formatée-déformée, en tout cas détournée par les pouvoirs politiques et médiatiques. Tout pouvoir gagne à être limité par un contre-pouvoir, sinon il devient facile d’organiser une pénurie pire que celle de l’essence : LA PÉNURIE DE LA CONSCIENCE COMMUNE, symbolisée par ces comportements bestiaux des consommateurs autour des stations.

Que ceux qui sont prompts à donner l’info sur la réouverture limitée des stations, invitent en même temps le public à garder un comportement humain au lieu de relater avec complaisance notre indignité. Que les médias soient aussi citoyens !… CESSONS DE DÉSESPÉRER GUADELOUPE !

Frantz Succab