Conflit des Carburants : Victorin Lurel ne fait pas l’unanimité

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Pour alimenter le débat brûlant sur l’avenir des carburants dans les DOM, nous soumettons à nos lecteurs cette tribune libre d’un vieux routier de l’économie qui en a vu des vertes et des pas mûres, et dont le franc parler (à l’accent matinitjé) ne fait pas plaisir à tout le monde. Avec sa verve teintée d’humour, il s’interroge sur l’opportunité et l’efficacité de ce conflit. La démocratie participative; l’émergence de sociétés civiles libres et dynamiques; du débat de fond au lieu de nos sempiternels kankan… citoyen, en veux-tu ? En voilà !

 

LUREL, sa ou ka fè nou la ?

Par Jean TREPRAN

Voilà qu’une nouvelle fois des chefs d’entreprises (les gérants de stations-service) organisent un black-out en fermant leurs entreprises. Phénomène encore rare, mais lorsqu’il s’agit de carburants, essentiels à notre économie et à notre liberté de circuler, cette manifestation de mauvaise humeur devient un coup de force ! C’est une véritable prise en otage des populations domiennes, procédé inacceptable dans son principe, et encore moins dans sa répétition !

Mais aussi quelle était l’idée de Victorin LUREL de s’attaquer à ce dossier, qui ne présentait aucun caractère d’urgence : les carburants sont moins chers aux Antilles qu’en France, les automobilistes bénéficient d’un service assuré par les pompistes, un millier d’emplois sont ainsi pourvus, et les pétroliers gagnent des sous, tout comme les gérants de stations-service. On me répondra : la lutte contre la vie chère, mon ami. Slogan populiste, mais qui ne s’appliquait pas en l’espèce : les carburants sont toujours moins chers aux Antilles qu’en France ! Faut-il le répéter ?

Notre ministre joue un jeu dangereux, car il s’attaque de front et sans nuances au groupe TOTAL, un industriel sérieux de taille mondiale, dont les impressionnants bénéfices (12 milliards d’euros, environ) ne proviennent évidemment pas des Dom, ni de la SARA, ni même de la France, mais à 80% de ses activités internationales. Les Antilles doivent peser pour quelques millièmes de pourcent dans ses résultats, mais grâce à Victorin LUREL elles commencent à représenter 1 à 5% de ses emm… pardon, de ses soucis. Soucis qui n’en sont pas d’ailleurs, car en bon gestionnaire qu’il est, le président Christophe de MARGERIE continue de traiter en priorité les dossiers importants, telle la recherche de nouveaux gisements à l’international. Et nous risquons réellement de rester en panne d’essence sur le bord de nos routes, au pied de nos beaux 4×4. Nou ké bèl !

Alors, je ne sais plus qui a dit : « Hé bien nationalisons la SARA ! ». Géniale idée, qui consistera à remplacer les 300 salariés de cette entreprise performante par 800 fonctionnaires, sous la houlette d’un élu local important. Ce sera peut-être d’ailleurs une belle perspective d’atterrissage pour Victorin LUREL, lorsqu’il aura quitté son poste de ministre, qu’il n’occupera pas éternellement.

Jean TREPRAN

 

Comments

  1. Que c est beau tout cela, mais la réalité est tout autre.
    En 1992 rappelez vous du blocage de la SARA, par les gérants de stations services . Même les avions n’atterrissaient plus en Guadeloupe, les négociations à l’époque avaient mis en évidence que outre leurs marges, les fausses déclaration d’achats, les sociétés pétrolières ELF, TOTAL, ESSO, SHELL, TEXACO, unis dans le consortium qui gérait la SARA, truandaient la Guadeloupe et les Guadeloupéens. La délégation ministérielle avait constaté le problème et avait demandé notre aide afin de résoudre le problème. La SARA récupère outre leur marge une sur-marge de 3.5% du volume sortie SARA.c’est plusieurs millions d’euros qui sont passés directement de la SARA dans les poches des compagnies pétrolières.
    OUI cette sur-marge Total se l’ait approprié tout comme la SARA, en faisant dégager les autres sociétés du consortium gérant la SARA.
    LA SARA à été entièrement payée par les antillais .En effet par le biais des marges (taxes accordées en pré-investissement ) les Antillais ont prépayés l’outil SARA. La TOTAL se l’ait approprié et maintenant elle désire tenir d’un bout à l’autre de la chaîne (production à la vente au détail).Doit on permettre cela? Comme le port et l’aéroport, la SARA doit être gérée par une société d’économie mixte, ou la région et le département,propriétaires du bien, donne la gestion de la SARA à la CCI et aux autres acteurs économiques , séparant l’achat des produits de bases et la vente des produits finis. Le fait de laisser une seule société maître de la filière est d’ailleurs contraire à la loi sur les monopoles, je ne pense pas que Mr de Maignerie, voudrait être comparé à un nouveau colonialiste, ayant tout pouvoir et faisant présurer les Antilles? Nous aux Antilles nous exécrons son attitude, cette suffisance à la moustache trop généreuse pour être honnête. Oui je le dis ICI: LA GUADELOUPE DEVRAIT AINSI QUE LES AUTRES COLLECTIVITÉS D’OUTRE-MER SORTIR DU JOUC DE LA TOTAL, PRENDRE EN MAIN LEUR AVENIR EN NE LAISSANT PAS UNE MULTI-NATIONALE LEUR DICTER SA LOI. IL EST TEMPS QUE NOS COLLECTIVITÉS DOIVENT S’APPROPRIER ET RAPIDEMENT GÉRER LE STOCKAGE DES PRODUITS PÉTROLIERS.
    Cela permettra d’arrêter les truandes qui depuis 45 ans minent le développement économique des Antilles, nous devons pouvoir décider OU nous achetons, à quel PRIX nous le faisons, et comment nous le vendons.