Carburants : Grâce à la mobilisation d’internet, Jacky Massicot et Patrick Collé entament le dialogue

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Le 28 Janvier 2014, lassé de « La guerre du pétrole » (ka ban nou bon pétwôl !) entre le Ministre des Outre-mer, les compagnies pétrolières, la raffinerie Sara et les gérants de stations-service, le Journaliste guadeloupéen Jacky Massicot, lançait un appel citoyen sur facebook. Les grands médias de flux n’en ont évidemment pas parlé mais l’impact a été bien réel: les internautes ont massivement répondu « présent ». La rédaction de Creoleways peut en témoigner, nos connexions ont littéralement explosé suite à la publication de cet appel.

Depuis, des Guadeloupéens et Martiniquais d’horizons idéologiques divers nous ont envoyé des textes que nous publierons, pour les plus pertinents, (et les plus courtois !) dans les heures à venir.

Nombreux sont ceux qui souhaitent donner leur avis, voire mettre la main à la pâte pour tenter non seulement de sortir de cet énième conflit qui pénalise la Guadeloupe, la Martinique, et plus généralement les DOM ; mais aussi faire en sorte que ces prises d’otages systématiques de nos îles par des corporatismes et des petits égoïsmes à courte vue ne puissent plus se reproduire au gré des caprices des uns ou des autres.

Qu’on le veuille ou non, l’essence est devenue aussi vitale que l’eau ou l’électricité. Aujourd’hui, l’image des gérants, qui sont en prise directe avec les consommateurs, est considérablement dégradée. Conscient de l’impact croissant des blogs d’opinion et des réseaux sociaux en ces temps de crise, Patrick Collé, porte-parole de l’intersyndicale des gérants a contacté Jacky Massicot à qui il prête l’intention de vouloir monter les guadeloupéens les uns contre les autres. Nous publions la réponse du journaliste de Guadeloupe 1ère qui en profite pour relayer les propositions des internautes :

« Message à mon Ami Patrick

Dans un message privé qu’il m’a adressé ce matin et que je prends la liberté d’évoquer ici publiquement, mon Ami Patrick Collé, me dit être surpris que moi, qu’il sait « sage et réfléchi », par ailleurs journaliste, prenne la responsabilité de jouer au « jeu dangereux de dresser les Guadeloupéens les uns contre les autres« .

Mon cher Patrick, c’est précisément l’inverse de l’esprit qui préside à ma démarche.

Je te renouvelle ici mon souhait de se rencontrer avec un groupe de Guadeloupéens, préoccupés par la tournure que prennent les événements et bien plus sensibles que tu ne l’aurais imaginé à vos préoccupations.

A aucun moment, il ne s’est agi de mettre à l’index des Guadeloupéens qui se démènent pour l’avenir de leurs entreprises dont les salariés sont par ailleurs qui un frère, qui un cousin, qui un neveu ; néanmoins la méthode ne fait-elle pas plus de mal que de bien ?

Ce que nous souhaitons de vous, mon cher Ami, et des professionnels qui vous accompagnent dans ce combat dont nous ne mettons pas en cause la légitimité, ce que j’attends de vous, c’est juste un geste, un tout petit geste en direction de nos compatriotes, des Guadeloupéens que vous ne voulez pas, tout comme nous, voir dressés les uns contre les autres…

Et pour ma part, cher Ami, cher monsieur Collé, en leur nom à tous qui n’arrêtent pas de me dire leur ras-le-bol, je vous demande à vous et à vos collègues, solennellement, de prendre immédiatement l’initiative d’un service minimum, pour ne pas pénaliser les élèves, les étudiants -nos enfants- ces petites entreprises si fragiles, ces désespérés économiquement faibles qui tentent désespérément de garder la tête hors de l’eau.

Un service minimum pour l’ensemble des Guadeloupéens, en lieu et place des réquisitions de la préfecture ; un geste intelligent qui vous éviterait de vous mettre à dos vos clients, tous ceux-là qui paient de plus en plus cher l’essence à la pompe et sans qui vos entreprises ne seraient rien.

Bien cordialement et affectueusement mon Ami.

Jacky MASSICOT»

Pour être complets, nous informons nos lecteurs que Michèle Montantin, Présidente de l’UDE-MEDEF Guadeloupe, qui parle sur RCI « d’échec de la gestion administrée du carburant » a exprimé le souhait que les négociations entre les protagonistes du conflit soient désormais « transparentes ». Allons-nous, comme en 2009, vers un nouveau CWTC, cette fois à l’initiative du grand Patronat ? Il semble en tout cas que les populations des Antilles ne veulent plus être exclues des débats.

La Rédaction de Creoleways

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Comments

  1. Ce qui choquant en cette Guadeloupe riche en biodiversité c’est la quasi inexistence d’alternative à la voitures, très peu de ville équipée en pistes cyclables reliant les agglomérations. Et il est encore plus regrettable de lire que,  » l’essence est devenue aussi vitale que l’eau  » ! Non il n’y a rien de vitale dans l’essence, c’est un choix déterminé. Cependant les alternatives au tout voiture et à l’énergie fossile ne maquent pas, ils ne sont simplement pas mises en œuvres ici…

  2. Ce qui est choquant en cette Guadeloupe riche en biodiversité c’est la quasi inexistence d’alternative à la voiture, très peu de ville équipée en pistes cyclables reliant les agglomérations. Et il est encore plus regrettable de lire que,  » l’essence est devenue aussi vitale que l’eau  » ! Non il n’y a rien de vitale dans l’essence, c’est un choix déterminé. Cependant les alternatives au tout voiture et à l’énergie fossile ne maquent pas, ils ne sont simplement pas mises en œuvres ici…
    Y.

  3. Faudrai déjà enlever les Marges de stockage de la Sara qui sont de 64 jours de stockage et le carburant sera bien moons chers