Carburants : Total durcit le ton face à la représentation nationale

Unseasonably High Gas Prices Suggest Year Of Escalating Prices

Mercredi 15 janvier 2014, Christophe de Margerie, PDG et actionnaire du groupe pétrolier Total, auditionné par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée Nationale, bien qu’il dise être « disposé à gagner un peu moins d’argent sur les carburants dans les DOM », a menacé de quitter Mayotte et de ne pas approvisionner la SARA (Martinique) en essence brute à compter de lundi 20 janvier. « Nous partirons tranquillement » a lâché le PDG de Total, avant de lancer aux parlementaires Gabriel Serville (SRC Guyane) et Ericka Bareigts (SRC Réunion): « A partir du moment ou vous êtes menacés de représailles si vous ne vous soumettez pas, il y a des moments où il faut qu’on montre ce qui se passerait si nous n’étions pas là. Oui, cela a un coût d’acheminer des bateaux avec du carburant… »

Suite à la publication au Journal officiel le 31 décembre 2013 des trois décrets « Lurel » visant la transparence sur les coûts et les marges des compagnies pétrolières, des négociations ont débuté le 9 janvier dernier entre les différents acteurs de la filière sous l’égide du ministère de l’Economie.

Au cours de l’audition, Ibrahim Aboubacar député mahorais SRC, choqué d’entendre le n°1 de Total menacer d’abandonner Mayotte, et les Antilles sous prétexte qu’elles ne représentaient rien pour sa firme multinationale, a rappelé que les bénéfices de la SARA aux Antilles ont nettement grimpé de 60% entre 2009 et 2013, et qu’en 2003, c’est contre une délibération du Conseil Général, cassée par le préfet, que Total avait été retenue pour l’approvisionnement de Mayotte en carburants. Enfin, il s’est étonné que Total n’ait pas déposé ses comptes au greffe du tribunal de commerce avant décembre 2013.

Outré par ce qu’il qualifie d’«arrogance» de la part du patron de Total, M. Aboubacar a rappelé qu’avec un bénéfice de 10 millions d’euros, la rentabilité financière de Total est tout de même supérieure à 22% !

Au vu de l’attitude de ses représentants, on ne peut pas dire que Total fasse grand cas du Gouvernement, de la représentation nationale, ni des difficultés bien réelles des populations d’outre-mer. Rappelons que dans les DOM, le secteur des carburants relève du monopole administré. Bien que les marges des pétroliers oscillent entre 14% et 21%, la fixation et le plafonnement des prix des carburants se fait par arrêté préfectoral.

Roger FRANTZ

Pour plus de précisions,

Lire sur le blog de FXG « le PDG de Total montre les dents devant les députés« 

Visionner les tensions lors de l’audition sur le site de Guadeloupe 1ere

Lire l’article d’Imaz Press Réunion « Le drôle de jeu de Total dans les DOM«