Chikungunya : Déjà plusieurs cas détectés aux Antilles

aedes

Après l’épidémie de dengue avérée, alerte à la « maladie de l’homme courbé ». Après le foyer identifié à Saint-Martin et les deux cas récemment confirmés en Martinique, trois personnes sont actuellement en observation au CHU de la Guadeloupe. La Préfecture a réuni le comité de gestion de l’épidémie de dengue pour éviter l’introduction et la diffusion du virus du chikungunya dont le vecteur privilégié est le moustique Aedes Aegyptii.

Communiqué du Préfet de Région Marcelle PIERROT

L’ARS a présenté hier le plan d’actions conduit à Saint-Martin sous l’autorité du Préfet délégué en concertation étroite avec la COM et la partie hollandaise : renforcement de ses équipes sur place (surveillance sanitaire, lutte anti-vectorielle), intensification des pulvérisations insecticides, organisation de journées de mobilisation pour l ‘élimination des gîtes et des déchets, communication intensive.

Le Chikungunya est transmis par des moustiques, en particulier Aedes Aegypti (moustique qui transmet également la dengue) dont les symptômes sont :

  • Fièvre d’apparition brutale, supérieure ou égale à 38,5°C
  • Douleurs articulaires touchant surtout les poignets, les chevilles et les phalanges, parfois intenses et invalidantes
  • Autres signes : douleurs musculaires, fatigue importante, maux de tête, éruption cutanée, démangeaisons notamment au niveau de la voûte plantaire
  • Parfois des hémorragies bénignes au niveau des gencives, en particulier chez les enfants.

La maladie apparaît entre 4 à 7 jours après la piqûre du moustique infectant. La majorité des signes cliniques dure en moyenne 5 à 10 jours, les formes graves nécessitant une hospitalisation sont rares.

Afin de limiter la propagation du virus, l’agence de santé déploie sur St Martin un dispositif d’actions prévu à cet effet :

  • Renforcement de la surveillance épidémiologique, en recherchant d’éventuels autres cas de personnes contaminées
  • Contrôles des gîtes larvaires et intensifications des pulvérisations insecticides
  • Consolidation des contrôles sanitaires aux frontières par le traitement des avions et la communication auprès des passagers
  • Mise en place d’une campagne de communication grand public pour rappeler les consignes de prévention et les mesures de protection.

Ces consignes de prévention et ces mesures de protection sont identiques à celles mises en œuvre contre la dengue, à savoir :

1. Pour se protéger vigoureusement des piqûres de moustiques (même quand on a déjà contracté le virus) :

  • Utiliser les répulsifs agréés
  • Porter dans la mesure du possible, des vêtements longs
  • Utiliser une moustiquaire même durant la journée, et systématiquement pour les bébés et les enfants
  • Utiliser à bon escient les insecticides et les raquettes dans les maisons en respectant les recommandations du fabricant

2. Pour lutter énergiquement contre le développement du moustique et sa prolifération :

  • Éliminer au minimum une fois par semaine les eaux stagnantes et autres gîtes de moustiques à l’intérieur et autour de la maison
  • Nettoyer les gouttières, chenaux, regards et avaloirs d’eau pluviale pour faciliter l’écoulement de l’eau
  • Vérifier ou faire vérifier les citernes et se rapprocher de l’ARS de Saint-Martin pour une implantation de golomines (ou «guppies»).

3. Pour se soigner :

  • Consulter systématiquement votre médecin traitant en cas d’apparition de fièvre brutale et des autres symptômes
  • Éviter en cas de fièvre la prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires, respecter les doses maximales de paracétamol.

Pour limiter toute exposition au virus et propagation, l’agence de santé demande à la population de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ainsi que de la Guadeloupe et des îles, d’appliquer scrupuleusement toutes ces recommandations.