Justice : Garcin Malsa perd son procès contre « Tous Créoles »

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Faut-il encore en rire ? La dialectique du maître (la France, le béké, le blanc, le patron) et de l’esclave (l’homme noir), ainsi que son corollaire (le besoin de reconnaissance) ont apparemment de beaux jours devant eux au sein de la République Française d’aujourd’hui. Le créole Garcin Malsa, conseiller général et maire indépendantiste de Saint-Anne (Martinique), fondateur et président du Mouvement international pour les réparations (MIR) vient d’être débouté, avec ses camarades du COFFAD, par la justice de son pays.

La preuve est faite, s’il en était encore besoin, que les juges ont décidément bien de la patience avec les grands enfants. Oui, la question mérite plus que jamais d’être posée : « Dans la Martinique d’aujourd’hui, faut-il encore en rire ? » Et Frantz Fanon qui n’en finit plus de se retourner dans sa tombe, loin… très loin d’ici.

Communiqué de presse de l’association « Tous Créoles! »

Le 15 novembre 2010, les associations MIR (Mouvement International pour les Réparations) et COFFAD (Collectif des Fils et Filles d’Africains Déportés) avaient déposé plainte avce constitution de partie civile contre Alfred FORTUNÉ, directeur de la publication du journal « Antilla », l’association « Tous Créoles! »  et son co-président Roger de  JAHAM.

Cette plainte soutenait qu’un article paru le  15 juillet 2010 dans la revue « Antilla » relatant le discours prononcé par Roger de  JAHAM devant l’Assemblée générale de l’association « Tous Créoles! », constituait des « délits d’apologie de crimes contre l’humanité ainsi que d’incitation et provocation à la haine raciale ! »

Le conseil d’administration de l’association « Tous Créoles! » se félicite que, dans son arrêt du 5 novembre 2013, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Fort-de-France ait confirmé qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre les intéressés du chef de crime contre l’humanité, pas plus que de celui d’incitation et provocation à la haine raciale.

Dans cet arrêt, la chambre d’instruction indique notamment que  « Tous Créoles! » et Roger de JAHAM « reconnaissent expressément  que l’esclavage a constitué un crime contre l’humanité« . Au surplus, elle note « qu’aucun terme du discours ne peut être analysé comme une justification de l’esclavage« . « Rien dans les propos cités par la partie civile, comme dans les autres propos rapportés par l’article incriminé, ne pousse à la discrimination, n’excite la haine et n’exhorte à la violence contre les descendants des esclaves« 

Lamentin, le 9 décembre 2013

Béatris COMPÈRE & Roger de JAHAM
co-présidents

Lire les extraits de la Motivation de l’arrêt de la Cour d’appel ICI