Mairies : Les employés Martiniquais sont-ils incapables d’Exceller en Martinique ?

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Les Martiniquais travaillant dans les municipalités de Martinique sont-ils moins futés que ceux qui bossent dans celles de l’hexagone (ou d’ailleurs) ? Faut-il passer des examens moins « bandés », quand on travaille sous les tropiques ? Le cerveau est-il plus lent à Fort-de-France qu’à Pointe-à-Pitre, Cayenne, Lyon, Marseille, Toulon ou Aix-en-Provence ? Le créole serait-il une langue-gadget permettant d’obtenir des diplômes au rabais ? Telles sont les principales questions, directement inspirées par l’actualité martiniquaise, que se pose (et nous pose) sans détours notre invité du jour. Attachez vos ceintures : c’est sur Creoleways, et c’est à lire !

Tirons ensemble la Martinique… vers le bas !

Par Jean TREPRAN

À qui fera-t-on encore croire que nos élus –en dépit de leurs discours incantatoires– sont soucieux d’élever notre petite île vers l’excellence, démarche pourtant nécessaire à son épanouissement ? Le récent conflit des « municipaux » vient d’apporter une pitoyable illustration de la lâcheté générale, proximité des élections municipales aidant, qui guide nos divers et nombreux « responsables »…

Voilà l’histoire : les employés des différentes mairies de la Martinique ont récemment bloqué cantines et écoles durant plus d’une semaine, mettant dans la difficulté des milliers d’écoliers et leurs familles, dans le but d’obtenir par la force des aménagements invraisemblables à l’examen national de passage de l’échelle 3 à l’échelle 4. En fait, au départ, les bloqueurs –pardon, les grévistes– demandaient l’annulation pure et simple dudit examen, dès lors que l’on avait atteint dix ans d’ancienneté dans l’échelle 3 ! « Hum, difficile, quand même, répondit fort gênée la direction du Centre de gestion de la Fonction publique territoriale : c’est une épreuve nationale réglementaire, voyez-vous, on ne peut pas la supprimer, comprenez-nous, c’est pas de notre faute… »

« Bon, hé ben, annou bésé nivo lèkzamen tala, alô » exigèrent les bloqueurs –pardon, les grévistes– « pas nou pa ni fôs pou rivé trapé léchel kat-la ! »

« Ouf ! » s’exclamèrent en chœur les maires et la direction du Centre de gestion de la Fonction publique territoriale : « Les bloqueurs sont sympas, il sont prêts à négocier, nous allons trouver un terrain d’entente ! » Quelle astuce, quelle ingéniosité, tout de même ! Konpè lapen pa lwen ! Puisque leurs employés municipaux n’ont pas le niveau, et comme la réglementation coloniale impose qu’ils passent malgré tout un examen, on va baisser le niveau de l’épreuve. Fout nou fô ! On va poser des questions faciles qui ne nécessiteront pas plus de quelques mots en réponses, en plus tout ça se fera en créole ! Quant aux jours de grève, le syndicat CGTM-SOE a clairement indiqué qu’aucune retenue salariale ne sera admise… On fait grève, mais sans risque, quoi ! Fout lavi-ya bèl !

Et que croyez-vous qu’il arriva ? Vous pensez sans doute, comme tout citoyen soucieux de la qualité des services publics, que des revendications aussi saugrenues et illégitimes ne pouvaient prospérer ? Vous vous dites qu’évidemment, un employé municipal de Fort-de-France ne saurait être plus kouyon que son collègue de Trifouilly-les-Oies ? Vous espérez qu’un sursaut d’intelligence et de courage allait saisir nos « responsables » ?

Awa ! Piès pa ! Même nos parlementaires (vous savez, ce sont les sénateurs et députés indépendantistes qui nous représentent à l’Assemblée nationale française), convoqués sans délai par les bloqueurs, ont plié le genou et ont accepté sans même négocier le honteux diktat. Si, si ! Pire : ils ont promis, toutes affaires cessantes, de se rendre à Paris comme porte-paroles à la mode tropicale, afin de convaincre le gouvernement français du bien-fondé des ordres syndicaux, s’appuyant sur un argument massue qui vaut son pesant de cocos : « … la loi (française) nous posait un problème ; plutôt que de la supprimer, nous parlons de l’adapter… »

Et voilà, chers Martiniquais, rapidement racontée, l’histoire qui fait que, dans votre ville, dans votre commune, dans votre cité, vous aurez dorénavant des agents municipaux au rabais, dont les compétences et les diplômes sont inférieurs à celles et ceux de leurs collègues français et guadeloupéens (sauf si, concernant ces derniers, l’UGTG, par pure hypothèse, reprenait à son compte cette glorieuse bataille pour la fierté des Antillais…).

L’avenir de nos enfants s’annonce solide…

Jean TREPRAN