UAG : Le Pôle Martinique ne lâche pas l’affaire

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Tandis que la Guyane fait, jusqu’à nouvel ordre, son petit bonhomme de chemin, la « Guerre des Facs » fait toujours rage parmi les enseignants et chercheurs des campus antillais de Schoelcher (Martinique) et de Fouillole (Guadeloupe). Entre scissionnistes radicaux, partisans du « plein exercice »; et autonomistes soucieux de préserver ce qui reste de l’ex-UAG, le fossé se creuse inexorablement. Les plumes volent et les injures fusent dans le pitt à coqs universitaire où même les femmes ont des ergots. Les boîtes mails des rédactions de journalistes, des blogueurs, des étudiants (médusés), ou celles des « leaders d’opinion », sont assaillies de coups d’éperons (parfois non signés ou apocryphes, donc non assumés), visant nommément les uns ou les autres. En réalité, les Antillais ont-il jamais été « frères » ? Sommes-nous suffisamment mûrs pour nous gérer nous-mêmes ? Telles sont les questions qu’on peut légitimement se poser, aujourd’hui qu’apparaît, en filigrane, la réalité vraie de nos entrailles éclatées, brandies, exposées au festin des mouches, en plein soleil de midi.

Dos au mur, le Pôle Martinique, qui semble être celui qui a le plus à perdre en cas de scission, se défend bec et ongles, « by any means necessary ». Ci-après, Creoleways publie une pétition portant signature d’étudiants, d’administratifs, d’enseignants, d’enseignants-chercheurs, de personnes de la société civile et de politiques qui disent « attendre des réponses claires » quant à l’avenir de l’ex-UAG. Les signataires (officiels et officieux), qui soutiennent la Présidente légitime Corinne Mencé-Caster, dénoncent d’étranges turpitudes et en appellent vigoureusement à l’Etat Français afin « qu’il prenne ses responsabilités ».

À qui profite la crise ?

par Cécile BERTIN-ELISABETH, Benoît BERARD, Dominique ROGERS, Steeve GADET, Juliette SMITH-RAVIN, Gérard Gabriel MARION, Michel TONDELLIER

La crise actuellement traversée par l’Université des Antilles et de la Guyane n’implique pas seulement de repenser les aménagements institutionnels qui lient ses trois pôles. Quelle que soit la forme que prendra à l’avenir l’université dans nos régions, nous tenons à affirmer qu’aucune sortie de crise ne sera satisfaisante si elle ne débouche pas dans le même temps sur un assainissement radical de l’établissement.

À qui profite la crise ? Un calendrier opportun ?

Des agissements très graves impliquant des membres de l’université ont été mis en évidence dans le rapport de la Cour des comptes remis à l’établissement en janvier 2013 , par exemple :

  • captation douteuse de fonds structurels européens : doutes émis par la Cour des comptes sur l’exécution intégrale et la réalité des dépenses consenties pour certaines opérations (p. 58-59 du rapport de la Cour des comptes). Au moins un projet était déjà totalement terminé au moment où un dossier de fonds européens a été monté (p. 61 du rapport). A quoi ont donc servi les fonds ? (p. 71 du rapport, la Cour des comptes stipule que les «conditions de réalisation [de ces opérations] font courir des risques juridiques et financiers sérieux à l’UAG»).
  • montage douteux d’opérations : non-respect des règles relatives aux marchés, émission de deux signatures différentes par la même personne (p. 70 du rapport).
  • dilapidation d’argent public : par exemple, plus de 8000 euros de téléphone pour un seul numéro de mobile (p. 65 du rapport).
  • montage financier douteux d’opérations de recherche : des projets différents avec des annexes financières identiques permettant de disposer de fonds importants sans objet de dépenses réel (opérations de nature totalement différente, pourtant leurs coûts prévisionnels, le détail des poste de dépenses, ainsi que les subventions octroyées sont parfaitement identiques, p. 68 du rapport) ; où sont les complicités ?
  • affairisme sans retombées universitaires : en quoi ces dizaines de projets ont-ils fait avancer l’université ? L’affairisme a contribué à salir son image : on parle aujourd’hui dans les médias du parrain et de ses filleuls, de mafia organisée.
  • cumul illégal d’activités et de rémunérations : source d’enrichissement personnel ? Il faut enquêter sur les prestations exactes fournies à travers l’analyse des remontées de factures qui rapportent gros.
  • intimidation et menace de collègues : arrogance du directeur de laboratoire et de ses affidés ; insultes ; irrespect des collègues qui font leur travail sérieusement.
  • faux en écriture : le rapport signale des signatures non-identifiées (p. 69-70).
  • Complicités avérées : en 2007, une mascarade de conseil de discipline a été organisée et les sanctions prises ont été ridicules.

Nous disons STOP !

Ces errements et malversations s’ancrent dans la durée, sans que jamais les individus mis en cause n’aient été réellement inquiétés. Des actes aussi graves ont déjà été dénoncés dans de précédents rapports de la Cour des Comptes. On peut dès lors s’inquiéter de l’absence de réaction des pouvoirs publics pour sanctionner ces agissements répétés. Où est l’Etat dans cette affaire ?

À l’inverse, il est intéressant de noter qu’à chaque fois qu’une dynamique d’assainissement a été ébauchée, on a assisté à des manœuvres de déstabilisation, voire d’empêchement des gouvernances de l’UAG qui s’y sont attelées. C’est la situation à laquelle nous sommes de nouveau confrontés aujourd’hui. C’est en effet au moment même où devait débuter un audit financier qu’une crise grave éclate à l’UAG. Que fait l’Etat ?

Des bases saines pour refonder l’avenir universitaire dans les trois territoires

Il est grand temps que soit mis un terme à ces agissements et que cesse leur absence de sanction forte et effective, pour que l’université puisse enfin se développer sur des bases assainies sur nos territoires et pour restaurer la confiance des populations dans cette institution.

L’impunité ne peut plus durer !

Au vu de ces éléments, les signataires exigent :

  • qu’il soit immédiatement mis un terme définitif aux pratiques malhonnêtes dénoncées dans le rapport de la Cour des Comptes de janvier 2013 (p. 55-72) ;
  • que toute la lumière soit faite sur les errements dénoncés dans plusieurs rapports de la Cour des comptes ;
  • la mise sous tutelle immédiate du laboratoire CEREGMIA, qui sert d’officine à ces pratiques : comment un laboratoire présentant de tels dérapages peut-il être reconduit à chaque fois, sans complicités internes ou externes ? Que font les organes de contrôle de l’Etat ?
  • des sanctions appropriées à l’encontre de tous les responsables et bénéficiaires des malversations dénoncées, dont les ramifications s’étendent sur les trois pôles de l’UAG et au-delà ( ?).

Pour ce faire, les signataires réclament :

  • que la Présidente et le Conseil d’administration prennent toutes les mesures conservatoires requises au vu des premiers résultats de l’enquête qui a été évoquée ;
  • que l’Etat et ses représentants prennent enfin leurs responsabilités afin de faire cesser des pratiques mafieuses qui gangrènent l’UAG depuis des décennies ;
  • que la Cour des Comptes aille jusqu’au bout de sa démarche d’enquête, par la mise en œuvre d’une procédure pénale ;
  • que la mission d’inspection générale sur le CEREGMIA revienne dans l’établissement dans les plus brefs délais afin de faire la lumière sur les pratiques qui y ont cours ;
  • que les collectivités et organismes publics s’impliquent ouvertement et activement dans cette démarche d’assainissement.

Les signataires invitent tous les citoyens épris de justice et soucieux du devenir de leur université à signer eux aussi cet appel (uag.pourdesbasessaines@gmail.com) pour dénoncer publiquement et sans ambiguïté une organisation mortifère qui, bien au-delà de l’établissement, porte préjudice à la jeunesse de nos trois territoires et au développement local.

1 Ce document est consultable ICI, les pages concernées sont les pages 55 à 72.

Cécile BERTIN-ELISABETH, Benoît BERARD, Dominique ROGERS, Steeve GADET, Juliette SMITH-RAVIN, Gérard Gabriel MARION, Michel TONDELLIER

Derniers signataires

CHAUVET Camille, LANDI Elisabeth, AGESILAS Jessie, AL JESPRI Sophie, ALLAGUY Juliane, ALLAGUY Marc, ARCADE Olivia, ARCENE Anaïs
ARNAUD Edrys, ASSELIN Chantal, AUBRIEL Leïna, AURBIEL Laura, AURELIA Dominique

BACLET Ruddy, BALTHAZARD Késia, BARDET Claude, BARON Andy, BASTEL Odeline, BELLEROSE Laurianne, BELLONIE Jean-David, BERTON Cédric, BISCETTE Donna, BONHEUR Mélody, BOURBON Céline, BRIVAL Kensey, BRUNÉ Lyvia, BRUNET Jack, CACHEUX Sabine

CALMO Lindsay, CAPGRAS Eva, CELICA Guiovany, CHALI Jean-Georges, CHARLES Jade, CHERY-EMMANUEL Méghane, CITONY Céleste, CLAIRVOYANT Jessy, COCOTE Elodie, COLRAS Sarah, CONSEIL Malissa, COURLA Fleur-Dély, CRUSOL Karol’Ann, CRUSOL Yanérick

DAMAS Stanley, DAVID Malika, DE VASSOIGNE Christian, DEJOUHANET Lucie, DELIASSE Laurence, DELOFFRE-GABOT Nathalie, DIJON Marie-Claire, DONATIEN Patricia, DUBOIS, DUBREAS Ingrid

EDMOND Edwin, EGA Christie, EMILE Kim, EMMANUEL-EMILE Rodrigue, EMONIDE Sévérina, ERNANDEZ HERNANDEZ Paule, ERNY Nathalie, FARDIN Laura, FARRAUDIERE Mélanie, FONDELOT Hervé, FRANÇOIS Réjane, FRANCOIS-HAUGRIN Odile

GABRIEL-REGIS Malika, GACE Augéna, GÉMIEUX Francine, GERMANY Giovanny, GERMANY-DANTIN Olivier, GIRIER J.P., GRAT Natacha, GRUBO Rolande, GULLIVER Elena, GUSTAVE Mélina, GUSTO Cédric

H-DESPOINTES Arnaud, HENERY Marie-Dienie, HOWE C.E., HYPPOLITE Eléonore, ISMAIL Djamila, JEAN-LOUIS Harold, JEAN-PHILIPPE Anderson Pascal, JOACHIM Jean-Louis, JORITE Elodie, JOSEPH-REINETTE Geoffrey, KOUROUMA Katy

LABYLLE Maëva, LAMARTINIERE Yolande, LAMINE Stelyne, LANOIX Lionel, LANOIX Miguel, LAUREDIE Karen, LAVENAIRE Nicolas, LE SERGENT Corinne, LENERAND Alexis, LERANDY Jennifer, LIBRI Laury, LIMERY Audrey, LOF Naïla, LORIOT Frédérique, LOZIRON Ludivine, LUCIATHE David

MADVRAY Mathilda, MARCHO Gladys, MARIE-LUCE Xavier, MARIE-ROSE Noémie, MARQUIS Latoya, MAUNICHY Marc-Olivier, MAURICRACE Jordan, MELINA Elsa, MITH Matys, MONDESIR Stéphane, MONTLOUIS-DESPOIS Nathalie, MUCRET Julien, NELLA Aurélie, NERO J., NOUEL Lucinda

OBIDOL Johanna, OLIERE Sandrine, ONIER Kimberley, PACTOLE Jonas, PAGARD, PAGARD Germain, PALCY Sarah, PASSALA Kalle, PAULIN Elisa, PAULMIN Floriane, PEPIN Matthias, PERIA Murielle, PETREIN Melissa, POMPEE Emmanuelle

RAINNOUARD Alicia, RANGLIN Marie-Véronique, RANGUIN Nelly, RAPON J., REBEAU Nicolas, REPERT Vincent, ROBINOT Axelle, RODE Karl, RODRIGUE Felicia, ROGER Aurélie, ROME Johan, ROSIER Catherine, ROSSY Claudia, SAINT-CYR Yasmine, SAINT-LOUIS Julie, SALINIERE Claudine, SALOMON Sandora, SAMOT Lusiane, SAVARIE Jennifer, SCHEEL Charles, SEBASTIEN Aude, SELLAYE France-Lise, SELOM Stéphanie, SETTI SKora, SIETOT Ingrid, SIMPHOR Jean-Emile, SIVAGEN Alexandre, SIVAGER Alexandre, SIVAGER Gary, SORIA Vicky, SULLY Dimitri,

TALBA Laura, TRON Krystel, TRON Krystel, URSULE Julien, UTUDJIAN Isabelle, VARASSE Bryan, VAUTOR Laura, VESTRIES Anaïs, VILLETTE Loïs, VINCENT Lionel, VOLTIER Mélissa, YALA Maël, ZAIRE Laura, ZAÏRE Maëlia, ZEBINA Hervé