UAG : les socioprofessionnels de Martinique refusent le morcellement universitaire

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Lettre des Socioprofessionnels de Martinique

A l’attention de :

Monsieur le Président de la République
Monsieur le Premier ministre
Monsieur le Ministre des Outre-mer
Madame la Ministre de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur

Objet : Crise de l’Université des Antilles et de la Guyane

MOTION

Nous, socioprofessionnels, entretenons de longue date d’étroites relations avec l’UAG dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de l’insertion professionnelle.

Notre implication dans tous ces champs sera même amenée à se renforcer au cours des années à venir dans l’objectif d’une meilleure adéquation entre les besoins de l’entreprise et l’offre universitaire.

Nous tenons, dans ce contexte, à exprimer notre plus vive inquiétude à l’égard de l’annonce faite par Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche concernant la création d’une université de plein exercice en Guyane dans des délais très proches. Cette décision nous semble précipitée et l’impréparation du processus qu’elle déclenche ne peut que nous alarmer. En effet, la décision de Madame la Ministre, par-delà la Guyane, affecte l’ensemble de l’UAG et donc l’ensemble de ses territoires d’implantation, et ne pourra manquer de générer des conséquences dommageables pour leur tissu socio-économique.

L’avenir ainsi dessiné pour l’Université sur nos territoires va à l’encontre de toute politique ambitieuse apte à assurer l’excellence dont nous avons besoin, tant dans le domaine de la recherche que dans celui de la formation initiale, continue et professionnelle.

La politique actuelle menée par l’Etat incite aux rassemblements d’universités, leur permettant de gagner en attractivité (internationalisation) et en compétitivité (classement de Shanghai…). Nos voisins de la Caraïbe ont déjà su montrer l’exemple. Ils ont atteint l’excellence en choisissant d’unir leurs efforts pour se doter d’un outil commun, l’Université des West-Indies. On propose en revanche à nos territoires la perspective d’une situation inverse, de morcellement. Elle n’offrirait aucune visibilité aux universités de plein exercice qui en naîtraient, et les cantonnerait dans un rôle de centres universitaires régionaux de seconde zone, extrêmement dommageable pour les territoires et les populations concernés.

Nous affirmons que seule une université forte pourra maintenir le vivier de compétences et de qualifications qui nous est indispensable pour garantir la performance et la compétitivité de nos entreprises.

Fait à Fort de France, le 22 novembre 2013

Président de la Chambre d’Agriculture : Louis-Daniel BERTOME

Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Martinique (CCIM) : Manuel BAUDOUIN

Président de l’Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie (AMPI) : Pierre MARIE-JOSEPH

Président de la CGPME Martinique : Alexandre RICHOL

Président du MEDEF Martinique : Philippe JOCK

Président de Contact-Entreprises : Emmanuel de REYNAL

Président de la FTPE Martinique : Philippe NEGOUAI

Président de l’UGPBAN : Eric de LUCY

Président du Conseil de l’Ordre Des Experts Comptables : Djibo MOSSI