La Réunion : le Syndicat CGPER en rogne contre Victorin Lurel

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Lors de sa conférence de presse du 17 novembre à Saint-Pierre, devant une soixantaine de planteurs affiliés des communes du Sud, la direction du syndicat CGPER a réagi aux propos de Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, qui lors de son audition mercredi dernier au Sénat par la Commission des Affaires économiques et la Délégation sénatoriale à l’Outre-mer, a affirmé qu’il était temps d’anticiper la fin des quotas sucriers, et d’envisager une réorientation du secteur cannier.

« Cela veut tout dire !» a déploré Jean-Yves Minatchy, leader de la CGPER. « Avant, c’était l’Europe qui voulait déstabiliser la filière canne. Sous le gouvernement Jospin, il y avait eu le projet sucrier guyanais qui prévoyait de prélever une partie du quota réunionnais. Nous étions montés au créneau. Aujourd’hui ce n’est plus l’Europe mais le gouvernement, par son porte-parole Victorin Lurel, qui dit qu’il faut anticiper ! A-t-on réfléchi un seul instant autour d’une table pour voir le poids de la canne dans l’agriculture réunionnaise ? »

Selon Jean-Yves Minatchy, la canne à sucre reste, qu’on le veuille ou non, le « pivot de la diversification » à l’île de la Réunion. La canne ayant un cycle de culture d’au moins sept ans, le responsable syndical s’inquiète des répercussions graves qu’entraineraient une déstabilisation du secteur sur l’ensemble du tissus économique et  social du Département. A la Réunion, l’agriculture représente 22.000 emplois toutes filières confondues, et quelques 8.900 exploitations agricoles. La filière canne c’est « 3800 paysans donnant du travail à 15 000 personnes et 18 organismes. C’est un secteur économique qui fonctionne, nous ne demandons pas 5.000 emplois aidés. L’emploi est là, ce sont des emplois durables, ce n’est pas un secteur artificiel », ajoute le  président de la CGPER.

Jean-Yves Minatchy estime qu’aujourd’hui,  « le masque est tombé », et déplore le mutisme du ministre des Outre-mer lors de son audition au Sénat, quand Paul Vergès demandait un positionnement clair du gouvernement vis-à-vis des planteurs.

« Tout cela est à l’initiative du gouvernement français ! » affirme le leader de la CGPER, dénoncant dans la foulée la répartition des fonds du POSEI : 129 millions pour la banane contre 75 seulement pour la filière canne. Jean-Yves Minatchy constate le revirement en la matière de Dacian Ciolos, commissaire européen à l’Agriculture, ainsi que celui de Victorin Lurel, « en contradiction totale avec son discours tenu à La Réunion après le cyclone Dumile début janvier 2013 ».