Guadeloupe : La Région partage son expertise au 4e colloque «Jeunesse en Région»

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Du 14 au 15 novembre 2013 à Metz (Lorraine) s’est déroulé le 4e colloque national « Jeunesse en Région », organisé par l’Association des Régions de France (ARF) sur le thème « Agir ensemble et mieux en faveur de la jeunesse. ». La Région Guadeloupe, qui a fait de la jeunesse l’une des priorités de son action, a délégué Monsieur Hugues-Philippe Ramdini à ce rendez-vous incontournable pour tous les élus régionaux œuvrant en faveur de la jeunesse.

Devant une audience attentive, Hugues-Philippe Ramdini est intervenu lors de la 4e table ronde consacrée aux gouvernances locales des politiques de jeunesse. Son exposé concernait essentiellement l’installation le 10 octobre dernier en Guadeloupe de la « Conférence régionale permanente de la Jeunesse », grâce notamment à l’implication active de la Région Guadeloupe. Il faut savoir que l »archipel guadeloupéen est la première région de France et des Outre-mer à expérimenter la mise en place d’un tel outil de gouvernance, consacré exclusivement aux politiques de jeunesse et à leur coordination sur l’ensemble du territoire.

l’allocution de Hugues-Philippe Ramdini, président de la commission Jeunesse du Conseil régional de Guadeloupe

Monsieur le Président de l’ARF,

Monsieur le Président de la Région Lorraine,

Mesdames et Messieurs les Présidents et vice-présidents de région,

Monsieur le Président de la commission Jeunesse de l’ARF,

Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux,

Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,

A tous les jeunes qui participent à ce colloque.

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Avant toute chose, je souhaite excuser la Présidente de la Région Guadeloupe, madame Josette Borel-Lincertin, qui n’a pas pu faire le déplacement à Metz pour ce colloque, et qui m’a donc demandé de la représenter.

En tant que président de la Commission Jeunesse du Conseil régional de Guadeloupe, c’est un immense honneur pour moi d’intervenir dans le cadre de ce 4e colloque « Jeunesse en Région », auquel je participe pour la première fois.

J’ai pu constater depuis hier combien les échanges au sein des tables rondes sont nombreux et riches, animés avec dynamisme et passionnants à de nombreux égards. Nous tâcherons pour notre part de rendre cette dernière table ronde consacrée à la gouvernance des politiques de jeunesse en région, toute aussi fructueuse en propositions.

Si les organisateurs du colloque ont proposé à la Région Guadeloupe de participer à cette 4e table ronde, cela n’est pas dû au fruits du hasard, bien au contraire. C’est d’abord parce que nous sommes la première région de France et des Outre-mer à expérimenter la mise en place de la « Conférence régionale permanente de la Jeunesse », telle que proposée initialement par la Commission Jeunesse de l’ARF, dans un texte rendu public le 17 janvier 2013, et qui a eu un retentissement très fort au sein des régions, voire même au-delà.

Je voudrais donc très solennellement féliciter l’ARF, ainsi que la commission Jeunesse de l’ARF, en la personne de son président, monsieur Philippe Meirieu, pour l’intérêt indéniable des propositions formulées quant à la mise en place de conférences régionales de la Jeunesse. Je constate d’ailleurs que l’idée a fait des émules, puisque que la ministre de la Jeunesse elle-même, Madame Fourneyron, a d’ores et déjà annoncé la mise en place future d’une Conférence nationale permanente de la Jeunesse, prévue pour 2014.

Ainsi, c’est le 21 février 2013 – qui coïncidait d’ailleurs, hasard du calendrier, avec l’annonce des 47 mesures concrètes « priorité jeunesse » du Conseil Interministériel de la Jeunesse – que la Préfète de région, la Présidente de la Région Guadeloupe, et le président du Conseil général – je rappelle que la Guadeloupe est une région monodépartementale –, ont annoncé lors d’une conférence de presse, leur volonté commune d’expérimenter la mise en place en Guadeloupe d’une Conférence régionale permanente de la Jeunesse.

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Il est vrai que la situation de nombreux jeunes chez nous, est vraiment préoccupante : sur 400 000 habitants, les jeunes de 15 à 29 ans représentent 17% de la population, soit environ 70 000 jeunes ;

  • quatre enfants sur dix vivent dans des familles monoparentales (c’est une caractéristique singulière de notre territoire) ;
  • 46% des jeunes actifs de moins de 30 ans sont au chômage – 57,6% des 15-24 ans le sont également.

En outre, beaucoup de jeunes actifs sont découragés par la recherche d’emploi, du fait de l’importance d’un chômage structurel et le rapport décourageant au travail qui en résulte, mais aussi par des conditions dégradées d’embauche. D’autant plus qu’il s’agit très souvent de jeunes en situation d’échec scolaire, sans maîtrise des savoirs de base et sans diplôme, engagés dans un processus d’exclusion sociale, et donc plus vulnérables que d’autres aux addictions, aux phénomènes de gang, de délinquance, et de violence (la Guadeloupe est actuellement l’un des départements les plus criminogènes de France, avec un taux d’homicides très élevé, commis majoritairement par des jeunes).

Face à cette urgence, il était impératif que l’ensemble des acteurs du territoire, qui œuvrent en faveur de la jeunesse aux différents niveaux institutionnels et associatifs, agissent ensemble et mieux, d’où cette annonce forte des trois exécutifs régionaux.

La Conférence régionale permanente de la Jeunesse a donc été installée très officiellement le 10 octobre dernier, lors d’un temps fort majeur consacrée à ces problématiques qui a reçu le soutien  de la ministre Madame Fourneyron par l’intermédiaire d’une allocution vidéo-diffusée .

Concrètement, la cérémonie s’est déroulée en deux étapes : dans un 1er temps, il y a eu la signature tripartite d’une convention-cadre par la préfète, la présidente de région, et le président du département, qui coprésident cette conférence permanente. Les objectifs assignés à cette conférence sont clairement explicités dans la convention-cadre :

  • Coordonner étroitement les actions et les priorités de l’Etat, de la Région, du Département, et des autres collectivités locales en faveur de l’insertion, de l’accompagnement et de l’autonomie des jeunes, au travers de l’élaboration d’un « schéma régional des politiques de jeunesse » ;
  • Structurer et organiser les dynamiques partenariales et transversales en faveur de la jeunesse ;
  • Dépasser la simple juxtaposition des dispositifs d’aide ou de prise en charge qui existent dans les différents domaines, et permettre vraiment à chaque jeune de construire son parcours de réussite, tant citoyen que professionnel ;
  • Mettre en relation tous les acteurs susceptibles de faciliter la mise en œuvre d’une politique globale permettant à chaque jeune d’être accompagné au mieux : services et opérateurs de l’Etat et des collectivités, organisations professionnelles, tissu associatif ;
  • Développer une collaboration multi-niveaux et multi-acteurs qui mobilise les institutions et les organismes susceptibles d’offrir aux jeunes le meilleur accompagnement possible ;
  • Mutualiser les moyens, privilégier les complémentarités budgétaires, et éviter les doublons.

La convention-cadre précise en outre que les décisions au sein de la Conférence sont prises par consensus, « sous l’impulsion et l’autorité des trois coprésidents. » Un comité technique restreint constitué de représentants administratifs de l’Etat, de la Région et du Département, ainsi que de représentants de conseils consultatifs de jeunes (CRJ, CAVL, et le Collectif Jeunesse Guadeloupe), est chargé de la préparation et du suivi des travaux et des décisions de la Conférence permanente de la Jeunesse.

Puis, dans un second temps, nous avons procédé en fin de cérémonie, à la signature d’une charte d’engagement à la conférence permanente de la Jeunesse, selon le principe, bien entendu, d’une libre adhésion. Nous avons opté pour un spectre large de partenaires, afin de susciter la plus grande dynamique possible autour de cette conférence. Ainsi, tous les parlementaires, les maires, les présidents de communauté de communes, les présidents du Conseil économique et social et du Conseil de la Culture, de l’éducation et de l’environnement, les chambres consulaires, les conseils représentatifs de la jeunesse, le rectorat, l’Agence régionale de Santé, Pôle Emploi, la Mission locale, le régiment du Service militaire adapté, les organismes et associations incontournables en matière de jeunesse, les organisations syndicales et patronales, les bailleurs sociaux, ont été invités à signer la charte d’engagement.

Ainsi, l’une des premières tâches – sans doute la plus importante car elle permettra de définir les contours de notre intervention – qui a été assignée à cette nouvelle Conférence permanente de la Jeunesse, est l’élaboration d’un « Schéma régional des politiques de jeunesse ». Concernant l’armature de ce schéma, nous avons repris à la lettre les propositions de la commission Jeunesse de l’ARF, à savoir une déclinaison du schéma selon 4 axes :

  • Un axe Information : mutualiser toutes les informations afin de permettre la mise à disposition de documents complets et exhaustifs à destination de tous les jeunes, sur toutes les questions les concernant, à chaque échelle du territoire. A ce sujet, nous travaillons actuellement d’arrache-pied à la réalisation de deux livrets d’information : l’un à destination des professionnels qui accueillent et accompagnent les jeunes, et l’autre à l’attention des jeunes eux-mêmes ;
  • Un axe Rationalisation des interventions et de la couverture des besoins : il s’agit de mettre systématiquement en complémentarité les actions concernant les jeunes, de manière à ce que tous les besoins soient couverts, et que la lisibilité de cette couverture soit optimale ;
  • Un axe accompagnement et lutte contre toutes les formes de rupture, en formation, entre les formations, entre la formation et l’emploi, dans la prise d’emploi, … ;
  • Un axe Priorités régionales : nous travaillons à l’identification de plusieurs actions prioritaires en Guadeloupe, afin ensuite de mobiliser tous les acteurs concernés sur ces priorités.

Parmi nos réflexions en cours sur ces priorités régionales, nous souhaitons faire de la Mission locale, dont le périmètre couvre toute la Région Guadeloupe, un véritable « guichet unique » pour l’accueil, l’orientation et l’accompagnement de tous les jeunes de 16 à 25 ans. Et le Département prendrait ensuite le relai pour les 25-30 ans.

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Autre priorité, c’est celle visant à proposer aux « ni-ni » (les jeunes qui ne sont repérés ni au chômage, ni en emploi, ni en formation) des solutions d’insertion sociale et professionnelle efficientes. Pour cela, la Conférence régionale compte s’appuyer fortement sur la plateforme de suivi et d’appui aux décrocheurs scolaires, que nous sommes en train de mieux organiser, avec une couverture sur tout le territoire, et de renforcer ces (ses ?) moyens d’actions, tant humains que financiers.

D’ailleurs, nous comptons mobiliser des fonds européens, notamment le FSE, pour financer les coûts induits et non initialement budgétés, par la Conférence permanente de la Jeunesse, pour son fonctionnement et les actions nouvelles et innovantes qui seront mises en œuvre.

Sachez en tout cas que ce qui mobilise en ce moment toute notre énergie, et beaucoup de notre temps, c’est avant tout l’élaboration du schéma des politiques de jeunesse. Ce schéma n’est pas une mince affaire, d’autant que nous tenons absolument à éviter que ce document ne soit qu’un schéma de plus, sans effectivité réelle, et sans impact significatif sur la réorientation des politiques régionales de jeunesse.

Les membres de la Conférence permanente de la Jeunesse se sont engagés le 10 octobre à adopter ce schéma régional au plus tard en février 2014, et nous comptons bien tenir nos engagements.

Voilà, j’espère ne pas avoir été trop long. Je me tiens à votre disposition pour toute remarque et questions relatives à cette conférence, ainsi que mon collaborateur qui m’accompagne, et qui est très au fait du sujet : David Dahomay, le directeur de cabinet adjoint de la présidente de région, en charge de la Jeunesse.

Je conclurai avec cette citation de l’ancien président américain Franklin Roosevelt, qui me semble fort à propos, et qui en 1932, déclarait :

« Le pays exige des expérimentations audacieuses et soutenues. Le bon sens est de choisir une méthode et de l’essayer. Si elle échoue, admettez-le franchement et essayez autre chose. Mais surtout, essayez quelque chose ! »

Merci de m’avoir prêté attention.