Budget des Outre-mer : La FEDOM « Très Insatisfaite »

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Par Ricardo MAYNARD-BOKAZ […]

Le projet de loi de finances 2014 débattu ces jours-ci à l’Assemblée sera examiné à partir du 21 novembre au Sénat. Très insatisfaite, la FEDOM (Fédération des entreprises d’outre-mer) émet « une vigoureuse mise en garde » contre la politique conduite outre-mer. L’organisation patronale souhaite des amendements sur certaines mesures.

Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM, qualifie de véritable « régression économique et sociale » le volet du projet de loi concernant les outre-mer, notamment sur trois dispositions majeures :

Le passage de la défiscalisation au crédit d’impôt : M Philibert déplore que soit remis en cause le compromis négocié et arbitré par Matignon fixant à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires le seuil d’éligibilité : « [seules] 107 grandes entreprises devaient en faire l’expérimentation, [aujourd’hui], Bercy interprète ce seuil dans le sens du groupe ! » Quatre fois plus d’entreprises seront concernées, notamment celles qui ne sont pas suffisamment solides et ne pourront avancer d’argent.

Le plafonnement de la défiscalisation : Le président de la FEDOM dénonce comme « anti-économique » l’instauration d’un plafond à 18.000 euros, investissements outre-mer compris.  Selon lui, ceci signe littéralement la mort de la défiscalisation. « Nous constatons dès cette année qu’un certain nombre de projets d’investissement ne peuvent pas voir le jour ! » Prévient-il.

Le recentrage des exonérations de charges sociales sur les bas salaires : Cette Mesure phare défendue par Victorin Lurel comme participation des outre-mer à l’effort national de réduction des dépenses publiques et devant permettre une économie de 80 M d’euros, la FEDOM la voit comme une niche à bas salaires en devenir ; un véritable épouvantail qui empêchera les entreprises de recruter des cadres intermédiaires dont elles auraient pourtant besoin. « C’est absurde, déplore son président, dans le même temps le gouvernement confie une mission à un parlementaire pour trouver des pistes afin d’aider les jeunes ultramarins qualifiés à rester dans leurs territoires ! ». Dans un esprit de conciliation, la FEDOM demande la suspension de cette mesure et propose de « s’assoir autour de la table pour trouver où l’on pourrait réaliser la même économie budgétaire ».

Jean-Pierre Philibert regrette que le PS, qui dénonçait durant la mandature de Nicolas Sarkozy un regard strictement comptable de Bercy sur l’outre-mer ; fasse exactement de même, une fois le pouvoir obtenu.

NDLR : La FEDOM est une association née en 1986 à l’initiative de chefs d’entreprises des DOM. Composée historiquement des organisations patronales des quatre départements d’Outre Mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion), elle s’est plus récemment élargie à d’autres territoires: Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle Calédonie et Polynésie française.