Guadeloupe : Alex Lollia plus que sceptique quant à une nouvelle grève générale

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Le 5 novembre 2013, date anniversaire des 5 ans du lancement de LKP, au local de l’UGTG à Pointe-à-Pitre, huit organisations syndicales (UGTG, CGTG, SPEG, FSU, FO, SUDPTTGWA, CFTC et UNSA) tenaient conseil (de guerre ?).

Exigeant le respect de l’accord Bino, l’augmentation des salaires, la revalorisation des minimas sociaux et l’application des conventions collectives, ces organisations appellent leurs affiliés au mouvement de grève unitaire le jeudi 5 décembre prochain. Cette intersyndicale entend bien manifester contre, pêle-mêle : « la Répression patronale et judiciaire, les licenciements, le démantèlement de services publics, l’augmentation des taxes et impôts, la précarité et la pauvreté ».

Comme en 2009, lors des évènements du LKP qui bloquèrent la Guadeloupe 44 jours durant, Jean-Marie NOMERTIN, secrétaire général de la CGTG, appelle à l’action de masse, à la démonstration de force et prédit une mobilisation d’envergure, seule manière, selon lui, de faire entendre les revendications des travailleurs.

Or, dès le lendemain, (6 novembre), l’un des leaders de 2009, Alex LOLLIA, professeur de philosophie et secrétaire général de la CTU, faisait à nouveau entendre sa dissidence sur les ondes de la radio RCI : « La grève générale ne se décrète pas dans un petit comité de quelques militants. […] A ce jour aucun bilan n’est tiré de la mobilisation de 2009. Nous sommes prêts à répéter exactement les mêmes erreurs ! […] En 2009 nous avons lamentablement perdu … »

Alex LOLLIA, vieux routier du syndicalisme guadeloupéen, fait l’implacable constat d’un échec économique et social du Lyannaj Kont Pwofitasyon. Il qualifie de « défaite morale » les rencontres secrètes, durant la crise de 2009, entre certains membres du LKP et Yves JEGO, ex ministre des Outremers (1).

Le syndicaliste s’étonne aussi qu’à l’intersyndicale « On parle de toutes les entreprises où il y a licenciements, mais, curieusement, rien n’est dit du cas de Kawann Beach à Marie-Galante [dirigé par des syndicalistes (NDLR)] où 42 salariés sont livrés à eux-mêmes. C’est d’une gravité exceptionnelle ! C’est une scélératesse syndicale qui n’a de correspondant que la scélératesse patronale… »

Ecouter sur le site de RCI l’interview accordée à Thierry FUNDERE dans le cadre de l’émission « Sans langue de bois » : http://www.rci.fm/-GUADELOUPE-63-.html

Pour mieux comprendre, lire sur Creoleways : https://creoleways.com/2011/01/14/guadeloupe-le-syndicaliste-alex-lollia-souhaite-un-inventaire-du-lkp/

(1) lire le livre d’Yves JEGO « 15 mois et 5 jours entre faux gentils et vrais méchants » (Grasset) http://www.amazon.fr/jours-entre-gentils-vrais-m%C3%A9chants/dp/224676601X