UAG : Elie Stephenson en appelle à François Hollande

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LETTRE OUVERTE A MONSIEUR François HOLLANDE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

Monsieur le Président de la République,

En ma qualité de citoyen, je m’adresse à vous dans le cadre de ce conflit, cette grève du Pôle Universitaire de Guyane qui secoue notre société depuis maintenant près de deux semaines.

Je ne vous ferai pas l’injure de prétendre vous instruire de la situation de l’Enseignement Supérieur en Guyane, vous disposez de services compétents pour cela. Non plus je ne prétends pas porter à votre connaissance des éléments objectifs, que vous ignoreriez. Ce serait faire preuve de suffisance à votre égard et de mépris vis-à-vis de vos collaborateurs du Ministère de l’Education Nationale et en particulier de Madame la Ministre.

C’est donc en toute humilité, mais armé d’une inébranlable confiance en votre sens de la Justice, de l’Equité et de l’Honneur que je m’adresse à votre raison et à votre cœur, tout à la fois, pour vous demander de prendre en compte la nudité globale du P.U.G, la gestion plus que douteuse de sa gouvernance, la désinvolture dont fait preuve l’Université des Antilles et de la Guyane dans tout ce qui concerne les réclamations légitimes des usagers du Campus de Guyane : Etudiants, Enseignants, Personnels Administratif et Technique dont la Dignité est sans cesse foulée aux pieds et qui subissent depuis des années des humiliations récurrentes de la Direction de l’U.A.G, humiliations qui ont atteint aujourd’hui, un point culminant, avec les propos injurieux tenus par le Doyen actuel de la Faculté de Lettres de la Martinique Monsieur Raphaël CONFIANT relayée par la lettre ouverte, clairement méprisante à l’égard des Guyanais – mais également à votre égard – du Professeur émérite, Monsieur Jean BERNABE.

Ces deux écrits ont en commun, un fort accent de guyanophobie, voire de racisme anti-Guyanais.

Je vous demande donc, Monsieur le Président, de mettre un terme à une construction artificielle, celle d’une entité Antillo-Guyanaise qui n’a jamais existé dans la réalité.

Mettez un terme, Monsieur le Président à cette fiction qu’est l’Université des Antilles et de la Guyane car dans la pratique cela ne fonctionne pas et n’a jamais fonctionné.

Il a fallu en 1996 sous la pression de la Révolte des Lycéens et des émeutes dont elle fut émaillée, accorder à la Guyane un Rectorat, créer l’Académie de Guyane et nommer un Recteur Chancelier d’Université.

En toute logique, il est maintenant temps d’achever l’œuvre ainsi commencé il y a presque vingt ans déjà.

Je vous demande instamment, Monsieur le Président, de mettre fin à « un mariage catastrophique » qui de toutes les manières, quels que soient les réaménagements ou bricolages proposés, ne sera jamais, jamais, une union viable. Messieurs CONFIANT et BERNABE nous l’ont bien fait comprendre. Nous n’avons droit à aucune considération, à aucune commisération et il est à craindre dans la mesure où aucun changement radical ne surviendrait à l’issue de cette grève, que les personnels grévistes du P.U.G soient victimes de répressions, de représailles de toutes sortes.

Le lourd, le pesant silence des universitaires, intellectuels, artistes, gens de culture…Et des hommes politiques ! de la Martinique, de la Guadeloupe, suite aux propos de Messieurs CONFIANT et BERNABE, apparaît aux yeux des Guyanais comme une approbation tacite… Une attitude complice.

Alors, Monsieur le Président. Agissez.

Agissez et accordez à la Guyane UNE UNIVERSITE DE PLEIN EXERCICE.

Ce n’est pas une DEMANDE EXCESSIVE, ce n’est pas UNE CHOSE IRREALISABLE !

C’est un GAGE pour le Développement de notre Région et l’Avenir de sa Jeunesse, qui, je vous l’assure, n’acceptera pas de souffrir les humiliations supportées, subies par ses Aînés.

En vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à ma démarche et en espérant une action décisive conforme à la gravité de la situation, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très respectueuse considération.

Elie STEPHENSON,

Enseignant à la retraite,
Docteur ès Sciences Economiques,
Médaille d’Argent de la Jeunesse et des Sports,
Chevalier de la Légion d’Honneur