K5F : Patrick Hayot entre désir de riposte et remise en question ?

Collectif du 05 février, ce qu’il faudrait en retenir ?

par Patrick HAYOT

1 – Résumé des ingrédients de ce conflit :

A la base : une réelle augmentation du coût de la vie que l’on retrouve aussi en métropole, et qui a servi de catalyseur à ce mouvement.

Une action programmée et organisée par un collectif qu’on pourrait qualifier de «révolutionnaire» et qui a imposé la mise à plat des prix de tous les secteurs.

La diffusion d’un reportage particulièrement maladroit sur de faux «monopoles», reportage qui a délibérément porté toute la responsabilité sur les patrons en y ajoutant ouvertement une gigantesque composante raciale qui ne s’était pas exprimée depuis bien longtemps, car bien mieux relayée aujourd’hui par les nouveaux moyens de communication directs que sont les sms, blogs et emails.

Tout ce bruit a fortement contribué à allumer tous les projecteurs sur notre petite partie du monde en faisant débarquer en nombre de nouveaux journalistes en mal de sujets colonialistes.

Enfin, la période de carnaval n’était certes pas de nature à apaiser les esprits… à regarder les manifestants défiler dans les rues jour et nuit au son des tam-tams.

Le conflit s’est installé dans la durée avec les blocages illégaux d’entreprises, l’organisation par le collectif de pénuries d’essence et d’alimentation, une vraie démonstration de force.

2 – Face à cette opération de prise de pouvoir, et pendant plusieurs jours :

Comme à l’accoutumée, très peu de déclaration d’apaisement des hommes politiques

Quasiment aucun communiqué de chefs d’entreprise ou de groupement professionnel

Aucun plan de riposte n’est mis en place et chacun de son côté communique par gsm

La fronde anti-béké fait rage partout et particulièrement sur bondamanjak et facebook (une action est en cours contre facebook)

Les articles des journalistes se multiplient dans l’île, en France et même aux USA

L’image des békés est considérablement dégradée ici et dans le monde

Nous n’avons rien vu venir, et nous n’avions prévu AUCUNE action de riposte pour ce cas de figure. Chacun de nous était un spectateur isolé connecté à son GSM et qui assistait impuissant au déchainement médiatique.
Qu’avons-nous fait pour éviter ça ?

3 – Alors que la sortie de conflit n’est pas encore signée,

je propose à ceux qui le souhaitent de que nous réfléchissions sur les thèmes suivants pour l’avenir ; utilisons les points forts de nos adversaires dans ce conflit… Organisons-nous et créons un commandement centralisé !

3.1 – DÉBAT / ÉCHANGE : Nous devons organiser sans tarder un débat avec des chefs d’entreprise de tous horizons et de toutes tailles pour échanger nos points de vue et mieux comprendre les raisons de cette crise. Afin que chacun puisse s’exprimer, il faudrait sans doute penser à limiter le nombre de participants à une cinquantaine de personnes.

Ce débat devrait être organisé avec comme seul critère de sélection le fait d’être «chef d’entreprise», en prenant soin de ne pas nous réunir une fois de plus «entre nous, békés»… c’est vraiment le moment d’opérer un réel changement dans nos mentalités.

Nous aurons tous encore besoin les uns des autres à l’avenir.

3.2 – COMITÉ DE CRISE : A l’issue de ces échanges multi secteurs, un « comité de crise » aux diverses missions pourrait voir le jour.

En cas de nouvelle action de grève, ce responsable de crise serait mandaté pour réagir par exemple immédiatement en préfecture dès les premiers blocages d’entreprises, grâce aux contacts préalablement établis.

Notre comité pourrait aussi contacter les politiques et mettre un peu de pression.

Tous les membres sauraient à qui se référer pour les actions à mettre en place.

Un contrat pourrait être aussi établi à l’avance avec un ou deux huissiers susceptibles de délivrer très vite des attestations relatives à certains faits de blocages et autres.

Plusieurs responsables de communication pourraient être désignés pour intervenir sur les médias afin que ce ne soit pas toujours pas les mêmes qui le fassent.
Des formations pourraient être délivrées dans ce sens à ceux qui le désirent, Domota a bien été se former en Corse…

Comme c’est déjà le cas actuellement, la diffusion régulière d’un communiqué vers les emails et les GSM pourrait être mise en place afin d’informer de rassurer et surtout de motiver les autres membres dans leurs actions personnelles.

Le comité de crise devrait se doter d’une cellule de veille en relation avec des avocats spécialisés afin de porter plainte immédiatement contre les propos racistes de toute nature. Le simple fait de l’officialisation de sa mise en place si elle est suivie d’effet contribuerait à réduite sensiblement les dérapages constatés sur les médias tels que KMT. Il existe des moyens d’enregistrer les émissions de TV en continu, puis de porter plainte auprès du CSA (je dispose des coordonnées de cet organisme)

Vous aurez certainement pensé à d’autres actions à confier à ce comité comme la communication aux journalistes de vrais chiffres et non ceux des syndicats…

3.4 – L’ouverture : juste un petit peu :

Durant le conflit, en lisant Bondamanjak, j’étais très inquiet. Mais, en pratiquant un peu d’ouverture, j’ai repris confiance.

C’est vrai que ce documentaire de CANAL + [Les derniers maitres de la Martinique (NDLR)] qui en a amené d’autres, nous a fait faire un grand pas en arrière.

Certains disent « ça ne sera jamais plus comme avant ». Je n’en sais rien, mais je dirai que ça ne dépend que de nous.

Je vais sans doute choquer en disant que le monde qui nous entoure a changé plus vite que n’ont évoluées nos mentalités. C’est vrai, nous ne sommes pas tous pareils mais nous avons reçu une «programmation» commune qui fait qu’on est comme on est aujourd’hui.

Mon propos est d’amener chacun de nous à ouvrir ses yeux simplement sur ce monde qui est le notre et de réfléchir aux actions qu’on peut mener chaque jour dans nos entreprises, dans les associations, les clubs de sport… pour nous ouvrir juste un peu plus que nous ne le sommes aujourd’hui.

Je ne vois pas d’autres solutions pour que nos enfants ne souffrent pas de rejets.

Que chacun me comprenne bien, qu’il ne s’agit pas ici de marier untel avec untel… Le mariage est un acte d’amour pas une obligation. Même en se mariant dans sa rue, deux fois sur trois cela peut être un échec.

Juste un petit peu… dans notre vie de tous les jours, tournons-nous vers l’autre.

Patrick HAYOT

Source : http://le-blog-de-kareve.over-blog.com/article-29004869.html