Guadeloupe : Le philosophe Jacky Dahomay interroge la société civile

QUE VOULONS NOUS, GUADELOUPEENS ?

Par Jacky DAHOMAY […]

Il est clair que la Guadeloupe défie constamment toute tentative d’interprétation théorico-politique et le philosophe politique, surtout quand une trop grande proximité le lie à ce pays, est le plus souvent désorienté. Malgré tout, je me risque à exprimer ici ce que je perçois pour l’instant de ce puissant mouvement social, étant entendu que ces analyses à chaud seront toujours marquées du sceau de la contingence historique.

Disons-le tout net : s’il m’est arrivé dans le passé d’énoncer de vives critiques concernant certains mouvements sociaux (critiques que je trouve pertinentes aujourd’hui encore) je constate maintenant que la contestation sociale n’a pas le même sens ni les mêmes tournures qu’autrefois. D’une part, les dirigeants syndicaux, en évitant de reproduire les mêmes erreurs traditionnelles, font preuve d’une plus grande maîtrise du mouvement social. D’autre part, par son ampleur même, la mobilisation en cours jouit d’une popularité incontestable qui lui donne une certaine légitimité. Quelles que soient donc les erreurs ou insuffisances qu’on peut déceler ça et là, je soutiens globalement la contestation sociale en cours et ceci pour deux raisons fondamentales.

La première, c’est quant à son contenu social. En effet, la crise du capitalisme actuel dans sa version mondialisée engendre une déroute économique et sociale dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences et, si toute la planète en est touchée, les travailleurs de tous les secteurs de notre pays le sont également. Il n’est pas tolérable qu’un groupe de personnes immensément riches joue au poker, si on peut s’exprimer ainsi, le destin économique et social de toute la planète. Il y a là une injustice incroyable. L’année 2009 peut être une année de contestation sociale grave dans divers lieux du monde et, par la radicalité de sa révolte sociale, la Guadeloupe semble ouvrir la voie. La grandeur de ce mouvement chez nous réside aussi dans sa dimension internationaliste et on peut même croire que, comme la Grèce, la Guadeloupe risque de faire école dans la France hexagonale. D’où un certain empressement de l’Etat à régler les problèmes soulevés par la grève générale.

La deuxième raison de mon soutien au mouvement en cours est plus complexe, voire, plus paradoxal. Je m’explique. Il me semble percevoir, au-delà du catalogue impressionnant des revendications une volonté (même si celle-ci n’est pas toujours claire dans la conscience des acteurs) d’exprimer quelque chose à propos de notre devenir. Il y a  donc là comme un essai de revenir sur soi, une réflexion au sens fort du terme, une interrogation sur soi-même et cela donne au mouvement social un contenu nouveau. Pour moi qui depuis des années appelle à la construction d’un véritable espace public propre à une société civile digne de ce nom, je ne peux m’empêcher, au risque bien sûr de me tromper, de nourrir l’espoir que la contestation sociale en cours puisse contribuer à l’éclosion d’une authentique société civile guadeloupéenne.

Encore faudrait-il que j’explicite ce que j’entends par société civile et pourquoi je lui accorde tant d’importance. La société civile est l’ensemble des organisations ou associations non gouvernementales, qui ne dépendent donc pas de l’Etat, mais ensemble qui est aussi séparé des organisations politiques. A l’évidence, ce qui semble se jouer aujourd’hui dans ces luttes et négociations, c’est une partie à trois : mouvement social de la société civile, représentants de l’Etat, élus politiques et jamais ces trois composantes n’avaient été aussi distinctement séparées. La vérité est que si dans le passé les élus politiques récupéraient facilement le mouvement social, aujourd’hui il est clair pour tout le monde que ces trois ordres –si on peut s’exprimer ainsi- société civile, Etat et élus politiques sont clairement distingués. C’est comme si nous assistions à une sorte d’autonomisation de la société civile. Si toutefois l’Etat semble bien se débrouiller dans ce jeu à trois, les plus mal à l’aise semblent les dirigeants politiques,  surpris par l’ampleur du mouvement, sa popularité, et ils sont désemparés de constater que leur légitimité issu du pouvoir des urnes ne suffit pas à leur accorder une véritable autorité politique dans notre société. D’où leur faiblesse sur le mouvement en cours. Or, la représentation politique issue des urnes devrait être en phase avec la société civile, telle est du moins l’idéal d’une démocratie plus « participative ».

Cela signifie que nous assistons à une crise de l’autorité politique dans notre pays qu’elle vienne de l’Etat ou des assemblées locales comme des mairies, dans le même temps ou le pouvoir social des organisation composant le collectif, effectif dans la rue, ne peut prétendre légitimement à imposer une autorité politique sur l’ensemble de la société. Cela  serait parfaitement inacceptable car ce n’est pas son rôle et on ne peut faire l’économie des élections en toute véritable démocratie.  C’est dire que la crise que nous traversons n’est pas uniquement sociale, elle a aussi une ampleur politique sans précédent même si cela n’est pas très clair dans l’opinion publique. Celle-ci d’ailleurs, quoique’ elle soutienne le contenu des revendications sociales notamment concernant la vie chère, a le sentiment qu’il y a beaucoup de non-dits et de jeux cachés qu’elle ne perçoit pas clairement. Soyons donc clair : ce qui se joue aussi dans cette revendication sociale, c’est  la question du changement de statut, mis à l’ordre du jour par les assemblées locales martiniquaises. A ce sujet, il semble y avoir une certaine convergence entre l’Etat sarkozyste, certains élus comme la persistante Lucette Michaux-Chevry et certains dirigeants politiques ou syndicaux. Pourquoi alors ne pas en discuter franchement ?

L’erreur politique de Victorin Lurel, Président de région, est d’avoir cru que le vote massif en faveur du non lors des dernières élections concernant le changement de statut, avait réglé le problème de l’identité collective. J’avais, me concernant, pris nettement position en cette période pour un non à ce que je considérais à l’époque comme une mascarade électorale. Je n’étais pas le seul, l’UGTG  et certains indépendantistes aussi. J’avais dû alors subir la haine de certains indépendantistes alliés à Michaux-Chevry.  Malgré tout, je maintiens encore ma position (étant entendu et tout le monde l’aura compris qu’en tant qu’intellectuel guadeloupéen né sur terre qui m’a nourri, je suis absolument insensible, quoique mortel, à toute tentative d’intimidation) et je tiens à rappeler mes principes.

Pour comprendre ma position, il faut revenir à l’histoire, celle de nos pays issus de l’esclavage et de la colonisation. Une telle histoire rendait difficile la constitution d’un véritable espace public. Dans toute société colonisée, il ne peut y avoir de véritable société civile car l’Etat colonial, n’ayant aucune autorité légitime, est forcément tyrannique, n’exerçant son pouvoir essentiellement que par la ruse ou par la force. Je distingue donc entre un Etat républicain dont l’autorité est jugée légitime par l’ensemble des citoyens même si la lutte de classes demeure et l’Etat tyrannique n’exerçant son pouvoir que par la force. L’historien Jean-Pierre Sainton a eu le mérite, lors d’une conférence récente, de montrer que même avec la départementalisation, l’Etat français a continué de fonctionner comme si entre  lui et la classe des politiciens il n’y avait pas de société civile pouvant faire tampon, faisant donc des politiciens une classe corrompue le plus souvent, virant casaque au gré de leurs intérêts ou de ceux de l’Etat. Si les événements de Mai 67 furent aussi dramatiques, c’est que l’Etat, pour assumer la répression, a su faire alliance avec la classe des politiciens isolant ainsi les indépendantistes, les seuls pourtant à exprimer à l’époque une certaine dignité politique, l’histoire devrait le reconnaître. Mais l’erreur de ces derniers consista, du moins est-ce mon avis, dans leur nationalisme même, incapable de saisir l’importance d’une société civile comme tout nationalisme et les tentatives de création originale, sous l’impulsion du PTG, d’une société civile à fort contenu social lors de la naissance de l’UTA puis de l’UGTG, fut dévoyée par la création de l’UPLG, parti nationaliste, livrant ainsi l’UGTG aux errances que l’on sait et dont elle semble vouloir sortir positivement aujourd’hui malgré quelques résurgences de méthodes douteuses quant au sens du bien commun.

Voilà pourquoi j’ai été depuis plusieurs années, comme notre défunt ami et collègue Raoul Cyrille Serva dont je salue ici la mémoire, parmi ceux qui trouvaient nécessaire le développement d’une authentique société civile guadeloupéenne. Car sans celle-ci, aucune autorité politique, d’où qu’elle vienne, ne sera jugée légitime. Et il n’est pas acceptable que nous continuons à jouer ce jeu, en absence d’autorité politique admise légitiment, de cache-cache avec nous-mêmes, avec des revendications contradictoires, tant au plan social que politique, faisant de nous une société de gens capricieux et irresponsables, toujours prêts à tout mettre sur la faute de l’autre, le « papa blanc » en général ou l’  « Etat-colonialiste-français ». Nous ne savons être ni Français, ni Guadeloupéens ni les deux à la fois. Tel est notre malheur. Nous sommes constamment –et il est douloureux pour moi de le dire- dans ce qu’on appelle le « double lien » et les psychologues savent que cela peut conduire à la folie. C’est comme si nous étions menacés par la possibilité qu’un délire généralisé envahisse l’ensemble de notre société.

Les trois solutions qui s’imposent à nous sont problématiques.

1- le maintien du statut quo, s’il nous procure des avantages sociaux, sanitaires, et l’égalité des droits, laissent pourtant planer l’ombre d’une question identitaire non résolue.

2-l’indépendance, surtout dans le monde actuel, est trop coûteuse, surtout pour les classes populaires qui verraient leur niveau de vie baisser considérablement.

3-l’autonomie, oui, mais elle est revendiquée surtout par la classe de ceux qui sont  liés aux affaires, une sorte de bourgeoisie qu’un tel statut favoriserait.

Il me semble que la seule façon de s’en sortir, c’est que nous quittions cet abord pathétique de la question, que nous sortions de notre névrose collective par un choix qui serait produit par une raison commune. Celle-ci permettrait d’abandonner une problématique identitaire confuse, lieu où tous les chats sont gris ayant surtout pour fonction de masquer les enjeux réels des classes sociales composant notre société. Mais où trouver cette raison commune ?

Si je soutiens le mouvement social actuel malgré tous les paradoxes que je viens de souligner, c’est que je pense que s’il est bien conduit il pourrait nous mener au renforcement d’une société civile pouvant être le lieu d’une élaboration de cette raison commune. Car cette grande révolte sociale, par l’ampleur de sa contestation, par l’unité qu’elle produit et par le fait qu’elle semble provoquer un retour de la société sur elle-même, constitue déjà une timide émergence d’une société civile. D’autant plus que ce n’est pas à l’intellectuel de décider seul de son côté du moment où toutes les conditions concrètes seront réunies pour que se réalise son idéal. Comme disait Hegel, la philosophie vient toujours trop tard c’est-à-dire après que la réalité se soit développée et ce n’est pas au philosophe de décider de l’évolution effective de la réalité historique.

Mais je voudrais mieux expliquer mon attachement à cette idée de société civile. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas mon aversion pour le nationalisme et je me suis fait des ennemis à ce sujet et en Guadeloupe, et en Martinique. Il faudrait selon moi repenser la notion de peuple. Le nationalisme est toujours la visée d’un peuple-un. Il y a une tradition nationaliste, dans les pays colonisés, qui a structuré les luttes de libération nationale des années 60. Or cette conception nationaliste de l’identité nationale (car il y a des conceptions non nationalistes de la nation) est issue du romantisme allemand du XIX° siècle On trouve aussi en France cette idéologie nationaliste, qui a infesté le républicanisme français et que Sarkozy et Hortefeux essaient de remettre à l’ordre du jour. La différence entre Obama et Sarkozy, c’est que le premier assoit son autorité politique, dans la logique du fédéralisme, sur autre chose que du nationalisme, sur les Pères fondateurs de la Constitution en dépassant tout communautarisme, ce qui lui permet de refonder l’identité américaine affaiblie par des années de conservatisme. Si donc Obama pour l’instant est au plus haut des cieux,  Sarkozy apparaît comme un roi, fait du néant, à l’autorité affaiblie La conception nationaliste du peuple, quoique venue d’Europe, a triomphé dans les pays colonisés dans les années 60 précisément parce que le colonialisme n’avait pas permis la naissance d’espaces publics authentiques dans les colonies. Le mouvement indépendantiste guadeloupéen a repris cette conception du peuple mais son échec est dû au fait de la fondation originale de nos sociétés antillaises n’ayant pas préexisté à la colonisation et ayant été façonnées au cours de la colonisation même. Pour quelqu’un sorti de l’esclavage, l’accès aux droits de l’homme et du citoyen prévalait sur des préoccupations strictement nationalitaires. Ce qui a conduit à l’assimilation.

Mais n’exagérons pas. Il y a bien eu et dès le lendemain de l’abolition de l’esclavage, naissance balbutiante d’une société civile, avec la création d’associations ou sociétés de toutes sortes (la floraison de mutuelles est impressionnante et il faut saluer ici le combat mené actuellement par Mme Germaine Chicot-Marcin pour sauvegarder cette tradition gravement menacée par la logique du capitalisme). Mais avec la départementalisation, les Guadeloupéens participant à la vie publique française, se sont comme fondus dans la société civile métropolitaine et les tentatives de développement d’une société civile guadeloupéenne ont été fragilisées. Tout se passe donc comme si, alors que les Guadeloupéens comme citoyens français sont soumis à la loi commune républicaine française et que par leur vote ils participent à formation de l’autorité politique, ils passent toutefois leur temps à ruser avec cette loi commune, celle-ci n’ayant paradoxalement qu’une faible autorité pour eux, ce qui à mon sens est une pathologie politique. J’avance l’hypothèse que c’est parce que cette loi commune républicaine ne retrouve pas vraiment de relais dans la société civile locale qu’elle manque d’autorité et qu’elle est comme instrumentalisée par les relais politiciens locaux. Pourquoi alors réclamer une société civile locale alors qu’avec la départementalisation, nous sommes français à part entière ? Parce que si la république française a intégré les Antillais comme individus, elle n’a pas su prendre en compte l’histoire particulière de ces îles qui depuis quatre siècles (et ce n’est pas rien) ont tissé sous les cieux muets une expérience particulière du monde, riche et douloureuse, et que cela ne peut pas être jeté comme cela dans les poubelles de l’histoire. Si nous ne voulons pas sortir de l’ensemble français, de nouvelles formes d’intégration (et non d’assimilation) devraient être pensées, qui prendrait en compte ces spécificités. En résumé, s’il y a bien eu une forme de société civile guadeloupéenne, jamais celle-ci ne s’est véritablement autonomisée. Ce qu’il y a de fort dans le mouvement actuel, c’est qu’il procède à une véritable autonomisation de la société civile comme je l’ai montré où tout un peuple, avec des voix diverses, dit sa souffrance existentielle.

Pour revenir à la question de l’identité, Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau ont critiqué cette vision simpliste de l’identité-une ou identité-racine, peu ouverte à la diversité du monde. Si nous antillais formons des peuples au sens anthropologique ou culturel, d’une part, cette identité culturelle ne s’épuise dans aucune racine unique, d’autre part cela ne peut suffire à faire un peuple politique. Nous nous sommes épuisés dans la quête d’une identité culturelle unique, ce qui peut parfois appauvrir nos productions culturelles et l’heure est venue d’accéder à la claire conscience politique de ce que nous voulons. Cela est pour moi l’impératif fondamental avant même toute décision administrative ou politique de changement de statut. Toute décision politique précipitée, dans un sens ou dans l’autre, qui n’aura pas été travaillée par la société civile, avant sa conversion nécessaire dans des élections, manquerait demain de légitimité ou d’autorité et nous reproduirions nos aspects névrotiques habituels.

Ainsi, être un peuple responsable, c’est d’abord comme je l’ai dit accéder à la claire conscience politique de son vouloir et l’erreur des politiques ayant opté pour la départementalisation en 1946 est d’avoir consenti à une volonté latente du peuple mais pas à une volonté vraiment élaborée dans un espace public. L’identité, tant individuelle que collective, n’est pas pour moi une substance figée, une essence éternelle et immuable, une identité racine ou close. C’est plutôt un foyer virtuel surtout un processus ininterrompu. Construire donc une identité politique, voire une volonté générale, c’est plus compliqué bien que ce soit nécessaire. Cela exige une véritable réflexion, un retour sur soi. Ici, le rôle de la société civile est absolument nécessaire. Cela suppose une rationalisation des pratiques, une clarté des débats, une raison commune qui ne serait pas un pathos commun comme c’est le cas aujourd’hui. Cela suppose surtout que cesse ce terrorisme contre les intellectuels qui nous a fait tant de mal et dont nous payons le prix aujourd’hui. La Guadeloupe est le seul pays que je connaisse où le mot « intellectuel » est une insulte !

Le grand mouvement social actuel pourra-t-il nous conduire vers une nouvelle société civile guadeloupéenne, riche de ses différences et de ses nombreuses potentialités ? J’en ai simplement l’espoir. Car certains doutes persistent. D’abord, il n’est pas tout à fait sûr que les dirigeants de la coordination aient tout à fait conscience de l’importance du mouvement qui risque même de les avoir surpris en quelque sorte. Ensuite, beaucoup de ses dirigeants sont peu ouverts à la problématique démocratique, voire aux droits de l’homme. Ils peuvent donc obtenir quelques conquêtes sociales mais rater ici une possibilité inédite. Ils peuvent aussi dans une problématique « révolutionnaire » décider pour le peuple et lui imposer un changement de statut et là, la guerre civile, à mes yeux, serait inévitable. Telle est la responsabilité qui s’impose à eux.

En conclusion, en tant qu’intellectuel, je  ne peux qu’espérer que les choses évoluent dans le bon sens en exprimant ici modestement mon point de vue qui je l’espère contribuera à enrichir le débat plutôt que ces attaques ad hominem stupides dont on peut être victime. Je ne prétends pas détenir la vérité car contrairement à ce que croyait Platon et après Marx, la politique ne peut être une science. Elle s’enracine plutôt dans ce qu’Aristote appelait la fragilité ou la contingence des affaires humaines. Voilà pourquoi il faut le débat. Pas seulement entre intellectuels. Comment peut-il se faire ? Tous ensemble nous devons inventer. Débat sur ce que nous voulons à l’intérieur de chaque association , de chaque organisation concernant la question sociale, mais aussi la question culturelle et surtout politique, débat dans la presse ou dans des revues, tout cela afin d’arriver à de véritables assises de la société guadeloupéenne, à une sorte de Convention. C’est la seule issue pour sortir de notre irresponsabilité collective et la jeunesse elle-même pourra s’investir dans ce débat. Pouvons-nous alors tout cela ? Je crois que oui, nous pouvons. Car si nous ne savons pas vraiment ce que nous voulons, nous Guadeloupéens, il est clair aujourd’hui que nous voulons le vouloir.

Jacky Dahomay