Esclavage : Christiane Taubira dénonce le « silence coupable » des Africains

Devant l’assemblée nationale béninoise, Christiane Taubira-Delanon, députée de la Guyane, a fustigé lors d’une rencontre avec les députés béninois, le « silence coupable » des parlementaires et gouvernants africains sur l’esclavage.

Invitée à une session ordinaire de l’Assemblée nationale béninoise, elle a rappelé qu’elle était à l’origine d’une loi votée par l’Assemblée nationale française reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’Humanité, ont indiqué les services parlementaires béninois.

Dans son discours, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de France a dénoncé le mutisme des députés africains face à la traite négrière : « Je m’étonne du silence coupable et de la torpeur dans laquelle se trouvent les parlements africains. Vous avez l’obligation de prendre position et de nommer ce crime contre l’humanité ».

« Les parlementaires africains ne sont pas seulement coupables mais ignorants », a confirmé Mme Rosine Soglo, présidente du groupe parlementaire de la Renaissance du Bénin, pour qui des « séances d’informations » inciteraient à une prise de position exemplaire des Africains qui « ont pris une part active à cette honteuse traite ».

La loi sur la reconnaissance de la traite négrière comme « un crime contre l’humanité » a été introduite à l’Assemblée nationale française en 1998 par Christiane Taubira, lors de la célébration du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage soutenue par le député français Victor Schoelcher.